Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

La Slovaquie risque de bloquer mardi le renforcement du Fonds de secours financier des pays de la zone euro et d'aggraver encore la crise de la dette, qui selon la Banque centrale européenne risque désormais de déstabiliser l'économie mondiale.

 

Photographe : Samuel Kubani :: La Première ministre slovaque Iveta Radicova le 11 octobre 2011 à Bratislava  
photo : Samuel Kubani, AFP

Les députés slovaques se sont réunis en milieu de journée pour une séance destinée à voter sur le renforcement du bras armé de l'Union monétaire pour faire face à la crise, avec un vote négatif qui se profile en raison des divisions au sein de la coalition au pouvoir.

Le parti Liberté et Solidarité (SaS) a annoncé mardi qu'il refusait de participer à ce vote crucial. Sans le soutien de ce mouvement, le camp de la Premier ministre Iveta Radicova n'a pas la majorité pour faire ratifier les mesures destinées à muscler le Fonds, appelé FESF.

Estimant que les Slovaques sont trop pauvres pour payer les erreurs des autres, le chef de ce parti Richard Sulik s'oppose au FESF, à moins que la Slovaquie ne soit dispensée de payer son écot, une éventualité balayée par Bruxelles.

 Pièces de un euro éparpillées sur la lettre €, symbole de la monnaie unique

L'affaire tourne à la crise gouvernementale. Face à la gravité de la situation, le Premier ministre slovaque Iveta Radicova a mis sa démission dans la balance mardi. "J'ai annoncé à mes partenaires de coalition que je faisais du vote ce jour sur notre avenir en Europe une question de confiance pour notre gouvernement", a-t-elle déclaré devant la presse.

Inquiète, la Commission européenne a mis de son côté la pression, en disant "espérer fortement" un vote positif qui doit permettre de garantir "la stabilité de la zone euro". Si tel n'est pas le cas, l'Union monétaire ne sera pas pour autant démunie. Mais elle en reviendrait au FESF ancienne formule, doté d'une capacité de prêts inférieure et privé des nouveaux outils importants censés permettre d'endiguer une contagion de la crise à des pays comme l'Espagne et l'Italie.

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a lancé mardi une mise en garde. "Depuis trois semaines, les choses se sont détériorées, la crise est devenue systémique", a-t-il averti à Bruxelles , au lendemain de la liquidation annoncée de Dexia, première banque victime de la crise européenne de la dette.

"Le temps nous est compté et il est important de prendre des décisions claires au regard de la gravité de la situation", a-t-il ajouté.

Les dirigeants européens ont décidé le 21 juillet de doter le Fonds de secours de nouveaux pouvoirs en augmentant notamment sa capacité de prêts de 250 milliards d'euros à 440 milliards d'euros. Une enveloppe qui pourrait servir notamment à recapitaliser les banques européennes.

Mais pour entrer en vigueur, ces mesures doivent être entérinées par les Parlements des 17 pays de la zone euro, qui s'étaient fixé jusqu'à mi-octobre.

Non sans mal, seize pays dont l'Allemagne et la Finlande, très divisées sur le plan intérieur sur l'aide à apporter aux pays fragiles de la zone euro, ont approuvé ces modifications.

Reste à présent la Slovaquie, qui avait déjà refusé de participer au premier plan d'aide à la Grèce décidé au printemps 2010.

Entré dans la zone euro en 2009, le pays a longtemps traîné des pieds et même tenté de repousser le vote sur le FESF en décembre qui entraînera pour le pays une contribution à hauteur de 7,7 milliards d'euros.

Une chose est sûre: les décisions prises le 21 juillet sont en partie obsolètes et les responsables européens donnent le sentiment depuis deux ans d'être systématiquement à la traîne des événements. Le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, a regretté mardi que l'Europe agisse "tardivement".

D'une part le FESF va devoir probablement être encore musclé pour démultiplier sa force de frappe afin de rassurer les marchés sur sa capacité à faire face à une éventuelle propagation de la crise à d'autres pays de l'Union monétaire comme l'Italie et l'Espagne. Des discussions se tiennent à ce sujet au niveau des experts.

D'autre part, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jean-Claude Juncker a reconnu lundi soir que les pertes que vont subir les banques créancières de la Grèce seront probablement plus importantes que prévu.

Mises à contribution exceptionnellement dans le cadre du second plan d'aide à la Grèce, décidé le 21 juillet, les banques s'étaient alors engagées à accepter à terme une dépréciation de 21% sur leur portefeuille d'obligations grecques, ceci afin de soulager Athènes, qui croule sous une dette proche de 350 milliards d'euros.

Mais le chiffre de 21% paraît aujourd'hui dépassé. "Les discussions portent sur une décote de 50%" aujourd'hui, a indiqué une source gouvernementale européenne à l'AFP.

Si ce seuil est atteint, la Grèce s'acheminerait vers un défaut de paiement comparable à celui de l'Argentine en 2001.

Les créanciers du pays avaient dû au final accepter une décote de quelque 70% sur une dette quatre fois moins importante que celle d'Athènes.

Source: AFP.com

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

Partager cet article