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Et ce n'est pas un bon présage.

 

 

Des rebelles combattaient jeudi dans la région d’Alep. Photo : Associated Press Des rebelles combattaient jeudi dans la région d’Alep. La Russie, l’allié le plus puissant du régime de Bachar al-Assad, a pour la première fois envisagé publiquement que les rebelles pourraient prendre le pouvoir en Syrie. Un changement de ton alors que, sur le terrain, les attentats et les combats se poursuivent.

 

 

« Il faut regarder les choses en face. Le régime et le gouvernement syriens perdent de plus en plus le contrôle du pays », a déclaré jeudi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, ajoutant ne « pas exclure » une victoire de l’opposition armée. M. Bogdanov est responsable de la diplomatie russe au Moyen-Orient. Et il semble que celle-ci soit en train de prendre un tournant important en Syrie, explique le New York Times. « Malheureusement, il est impossible d’exclure une victoire de l’opposition syrienne », a-t-il expliqué dans une déclaration publique, rapportée par l’agence de presse russe Interfax.

 

Ses propos allaient dans le même sens que ceux tenus au même moment à Bruxelles par le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen. « Je pense que le régime de Damas se rapproche de l’effondrement, je pense que ce n’est qu’une question de temps », a-t-il déclaré aux journalistes, après une rencontre avec le premier ministre néerlandais. Un point de vue que semblent partager des dirigeants irakiens. Le ministre des Finances de l’Irak, Rifaa al-Issawi, dont le pays a jusqu’ici évité toute prise de position publique au sujet du conflit chez son voisin, a également estimé que la chute du régime pourrait n’être qu’une question de « semaines ».

 

La Russie et la Syrie sont des alliés de longue date. Nombreux sont d’ailleurs les Syriens qui sont partis étudier en Russie, ces dernières décennies. Beaucoup d’entre eux se sont mariés à des Russes, avant de rentrer en Syrie, explique le New York Times. Et conscient que le régime de Bachar al-Assad pourrait s’effondrer prochainement, M. Bogdanov a expliqué qu’un plan d’évacuation des ressortissants russes en Syrie a été planifié. Mais la Russie ne précise pas s’il compte le mettre en place prochainement. L’ambassade russe à Damas a indiqué au New York Times, qu’il n’y avait pas d’intention, pour le moment, de faire évacuer la représentation diplomatique. La Russie est aussi un allié militaire de longue date de la Syrie, équipant l’armée syrienne et stationnant ses navires de guerre dans le port de Tartous.

 

La Russie pragmatique?

 

M. Bogdanov a estimé qu’une victoire des rebelles pourrait prendre encore une année et demie, et faire des milliers de morts. Jusqu’à présent, la Russie a toujours refusé d’appeler le président Hafez al-Assad à la démission. Pas plus tard que mercredi, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, dénonçait la reconnaissance officielle par les pays occidentaux et arabes de la Coalition nationale syrienne.

 

Mais la diplomatie russe en Syrie s’inscrit dans une logique bien établie, selon Fyodor Lukyanov, le rédacteur en chef de Russia in Global Affairs, une publication spécialisée dans la politique étrangère du Kremlin. « Si les choses ne peuvent être réparées, on doit alors faire en sorte qu’elles n’empirent pas », écrit-il. Et à défaut de soutenir l’opposition, la Russie dialogue avec celle-ci. Les responsables russes ont rencontré à plusieurs reprises des délégations des différents groupes de l’opposition syrienne, possiblement pour parler d’une transition, selon le New York Times.

 

La transition s’amorce toutefois difficile. Les attentats suicides sont devenus quotidiens. La plupart ont été revendiqués par le Front al-Nosra, un puissant groupe de rebelles, dont l’idéologie est très proche de celle d’al-Qaeda. L’ambition des combattants d’al-Nosra est la mise en place d’un émirat, placé sous la loi islamique, explique The Telegraph, dont le journaliste a rencontré des membres de ce groupe, début décembre. Certains des combattants d’al-Nosrah ont déjà combattu les troupes de l’OTAN en Iraq et en Afghanistan.

 

Recrudescence des attentats

 

Washington vient de placer le Front al-Nosra sur sa liste des organisations terroristes étrangères. Toutefois, souligne The Telegraph, les combattants d’al-Nosrah sont relativement modérés, comparativement aux militants des groupes proches du réseau d’al-Qaeda en Iraq. Leurs chefs ont déjà indiqué qu’ils ne souhaitaient pas déclencher de violences interconfessionnelles.

 

Mais al-Nosrah semble jouir d’un certain soutien au sein de la population. Vendredi, les Syriens sont appelés à manifester comme chaque semaine contre le régime, cette fois sous le slogan « Le seul terrorisme en Syrie est celui d’Assad », en allusion au Front al-Nosra.

 

Des militants des Comités locaux de coordination (LCC) ont appelé jeudi la population de Damas à protéger les lieux de culte, les sites archéologiques et les dossiers des renseignements afin de juger plus tard les responsables. Les LCC appellent également à « préparer des centres de premiers secours, des abris, des générateurs et des provisions ».

 

De nouveaux attentats ont eu lieu jeudi près de Damas, au lendemain d’une vague d’attaques ayant fait 13 morts dans la capitale, la ville la plus sécurisée du pays, et dans sa périphérie.

 

Dix-huit personnes dont sept enfants ont péri dans l’explosion d’une voiture piégée à Qatana, banlieue sud-ouest de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui fait état de la mort de quatre autres civils dans la ville voisine de Jdaidet Artouz également visée par une voiture piégée. La télévision d’État a fait état de huit morts.

 

Si le gouvernement syrien semble perdre du terrain aux yeux de l’OTAN et de la Russie, il ne semble pas manquer d’armes. Des insurgés ont déclaré jeudi à l’Agence France-Presse qu’au moins six missiles Scud s’étaient abattus lundi et mardi dans et autour de la base militaire de Cheikh Souleimane, dans le nord-ouest de la Syrie. Selon l’OSDH, le conflit a déjà fait 42 000 morts.

source via incapable de se taire

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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