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La Russie a introduit un système de prépaiement pour les livraisons de gaz à l’Ukraine après l’expiration de son ultimatum. Il y a un risque de pénurie de gaz cet hiver pour l'Europe, avertit le commissaire européen à l'Energie.
Cette fois-ci c’est fait, et il n’y aura visiblement pas de nouveau report de l’échéance. L’ultimatum imposé à Kiev pour régler une dette atteignant au total 4,5 milliards de dollars ayant expiré à 06H00 GMT, « Gazprom, en vertu du contrat en vigueur, a passé Naftogaz à un système de prépaiement pour les livraisons de gaz » a en effet indiqué le groupe russe dans un communiqué.
Une décision qui, selon le commissaire européen à l'Energie fait peser un risque de pénurie cet hiver pour l'Europe. "Les semaines à venir ne seront pas problématiques, nous recevrons nos volumes (habituels) de gaz", a dit Guenther Oettinger, mais si l'Ukraine puise dans ses réserves "nous aurons un problème en cas d'hiver rigoureux". 
De son côté, le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso a appelé lundi la Russie et l’Ukraine à faire un effort pour trouver un accord et reprendre les livraisons de gaz entre les deux pays. « J’aimerais, une fois de plus, appeler les deux pays à faire un effort et s’engager, pour leur crédibilité, a-t-il déclaré lors d’un forum économique à Santander, en Espagne.

Gazprom veut rassurer

Mais la société Gazprom qui avait indiqué dans la matinée avoir averti Bruxelles de « possibles perturbations » des livraisons de gaz vers l’Union européenne,expliquait en milieu de journée que sa décision n'affecterait pas l'approvisionnement européen.
L'opérateur gazier ukrainien Naftogaz est cependant "obligé de garantir le transit" vers l'Europe en vertu du contrat en vigueur et dans les volumes prévus, a encore expliqué Gazprom en précisant qu'environ 15% du gaz consommé dans l'UE transite vers l'Ukraine et les précédentes "guerres du gaz" entre Moscou et Kiev en 2006 et 2009 avaient perturbé les approvisionnements de l'UE.
Dans une information récente, Gazprom rappelait d'ailleurs que ce sont l'Allemagne et l'Italie qui sont dans le trio des pays recevant le plus de gaz naturel russe (la Turquie s'intercallant à la deuxième place).

Kiev a fait du stockage

A terme, cette décision peut donc signifier la fin des livraisons de gaz à Kiev. "Naftogaz reçoit son gaz pour les volumes qu'elle paye. Rien n'a été payé, donc rien" ne sera livré, a précisé le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov. Pour autant, la décision russe devrait avoir pour l'heure des répercussions limitées pour l'Ukraine, qui a accumulé ces dernières semaines d'importantes réserves dans ses stockages souterrains. Sans oublier que la consommation est en outre limitée en cette saison où les chauffages ne sont pas utilisés.
Mais en tout état de cause, la livraison de gaz à Kiev a cessé. "Nous avons été informés que les livraisons de gaz à l'Ukraine ont été réduites à zéro, les volumes envoyés (par la Russie) n'étant que pour le transit vers les pays européens", a déclaré le ministre. L'Ukraine va "assurer des transits gaziers fiables vers l'Europe", a-t-il ajouté.

La Cour de Stockholm saisie

Et de préciser que comme « aucun paiement pour juin n’a été effectué. A partir de ce jour, la société ukrainienne ne reçoit plus que les volumes qu’elle aura payé », ajoute le communiqué sans plus de précisions.
Parallèlement à cette décision, Gazprom a décidé de saisir une cour d’arbitrage de Stockholm afin de pouvoir recouvrer les 4,5 milliards d’euros de dette de l’Ukraine.
Le ministre russe de l'énergie et le directeur général de Gazprom doivent normalement tenir une conférence de presse dans l'après-midi _ heure russe _ de ce lundi.

Un ultime plan de compromis proposé dimanche

Une décision qui intervient après que, selon l’agence de presse russe Ria-Novosti, le commissaire européen à l’Energie Günther Oettinger qui menait la médiation entre Kiev et Moscou ait proposé un plan de compromis pendant le week-end. Selon Ria-Novosti, ce plan prévoirait que l’Ukraine rembourse le 16 juin un milliard de dollars, le reste de la dette étant divisé en six parties payables avant la fin de l’année.
«  Mon plan comprenait aussi le futur prix d’hiver pour le gaz russe, égal à 385 dollars les 1.000 mètres cubes de gaz, ainsi que le prix d’été (avril-septembre) égal à 300 dollars », a indiqué le responsable européen, cité par l’agence russe qui précise que Moscou a refusé cette proposition.

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Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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