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L’effondrement de l’économie réunionnaise se rapproche

 

Les derniers chiffres de l’emploi salarié du secteur privé à La Réunion sont alarmants. Le nombre d’emplois a diminué au cours des trois premiers mois de l’année. Cela donne un coup d’arrêt à un timide rebond après que l’économie ait semble-t-il touché le fond. Après les ravages causés par les démolisseurs des projets de développement, le système actuel ferme chaque jour davantage les espoirs de sortie de crise.


<p>Les mouvements sociaux de la rentrée et la dégradation de la situation de l'emploi dans notre pays sont des informations qui confortent l'urgence de la tenue à La Réunion d'une conférence sociale, économique et environnementale avec le gouvernement, pour que le partenariat avec la France permette d'aller vers un cadre permettant le redressement de notre pays. (photo Imaz Press Réunion)</p>

Les mouvements sociaux de la rentrée et la dégradation de la situation de l’emploi dans notre pays sont des informations qui confortent l’urgence de la tenue à La Réunion d’une conférence sociale, économique et environnementale avec le gouvernement, pour que le partenariat avec la France permette d’aller vers un cadre permettant le redressement de notre pays. (photo Imaz Press Réunion)

La crise structurelle s’accélère à La Réunion, c’est ce que confirme le dernier numéro d’Informations rapides Réunion publié mercredi par l’INSEE.

 

 

 

 

Le premier trimestre est en général la période la moins favorable pour l’emploi. C’est ainsi qu’entre janvier et mars 2011, une hausse de 0,1% avait été enregistrée avant une timide reprise au cours des trois trimestres suivants.
Mais cette année commence encore plus mal que l’an passé. Car d’après l’Institut de la statistique, l’économie réunionnaise a détruit des emplois entre janvier et mars dernier. La baisse des effectifs salariés dans le secteur privé est de 0,4%. En effet, le traditionnel rebond des embauches dans la construction n’a pas permis de compenser les pertes dans les autres secteurs de l’industrie, du commerce, et des services.

 

Les effets de la démolition des projets

Ces chiffres annoncent un coup d’arrêt porté à une bien timide reprise, qui s’était traduite par une croissance d’un peu plus de 1% après deux années successives de sévère récession. Sur un an, le secteur privé avait vu ses effectifs augmenter de 3,4%, une hausse due essentiellement au troisième trimestre 2011 avec une embellie dans les embauches dans la construction. Et surtout, nous sommes très loin du dynamisme affiché avant que Didier Robert et plusieurs autres maires conservateurs aient stoppé les grands chantiers : rocade Sud au Tampon, Pôle Océan, Zénith, Hippodrome dans un premier temps ; le tram-train, route du littoral et la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, dans un autre.
Quand en plus à Paris un gouvernement se rend complice de ces démolitions, et accentue encore la crise par des mesures d’austérité qui cassent l’emploi, le résultat combiné est la catastrophe que nous vivons.
Enfin, au palmarès des mesures négatives, on compte le coup d’arrêt au développement des énergies renouvelables en plein essor de la filière. Ce sont également des coupes sombres dans les subventions versées aux constructeurs de logements. La réorientation de la défiscalisation vers le logement social a eu pour effet de faire chuter la production, sans que ne s’amorce une baisse notable des demandes de logements sociaux. Autrement dit, la pénurie s’est accentuée.

 

Le secteur public sous la pression de l’austérité

Ces chiffres confirment l’aggravation de la situation. Si rien ne change rapidement, nous irons vers l’effondrement inévitable de l’économie réunionnaise. Ce sera alors le point le plus grave de plusieurs décennies de crise marquée par la ruine de nos industries traditionnelles, puis des relais de croissance qui avaient émergé et qui étaient censés suppléer les pertes antérieures.
Aux côtés de ce secteur productif durement éprouvé, le secteur public montre lui aussi des signes de faiblesses. La France s’est engagée depuis deux ans dans une politique d’austérité pour espérer revenir en dessous de 3% de déficit public. Cela s’est traduit à La Réunion par une diminution des postes dans l’enseignement lors des rentrées 2011 et 2012. Le nouveau gouvernement arrivé en mai dernier a décidé de garder le même objectif que le précédent en matière de réduction de déficit. Cela explique pourquoi malgré tous les espoirs, la rentrée 2012 a été un réveil difficile : il manque des postes, des classes ont fermé, d’autres sont surchargées ; tout le système éducatif repose sur des travailleurs en contrat précaire qui sont payés une fraction de SMIC mensuel pendant quelques mois qui viennent interrompre de longues périodes de chômage. Il a suffi que Paris ne réévalue pas correctement les dotations en emplois-aidés pour qu’aussitôt, tout soit bloqué.

 

La conférence sociale, économique et environnementale

Ces différentes impasses portent le poids de la responsabilité des démolisseurs, mais aussi de l’incapacité du modèle actuel à régler des problèmes persistants depuis des décennies. Malgré tous les colmatages à coup de lois décidées à Paris, la crise continue de s’aggraver.
C’est pour que nous puissions saisir ce moment de crise pour tout remettre à plat que le Parti communiste réunionnais a proposé au président de la République la tenue à La Réunion d’une conférence sociale, économique et environnementale.
Alors que l’effondrement du modèle s’approche, il est essentiel de tout remettre à plat pour qu’enfin le pays ait le droit de se développer. La majorité de la population qui vit en dessous ou juste au-dessus du seuil de pauvreté n’a en effet plus rien à attendre d’un modèle qui lui affirme chaque jour qu’il n’a pas besoin d’elle. Dans ce grand débat qui se profile, nous avons tous une part de la solution qui permettra enfin aux Réunionnais soumis à la pauvreté et aux jeunes de prendre toute la place qui est la leur dans une société débarrassée des injustices. Le redressement de l’économie réunionnaise et à ce prix.

Manuel Marchal source

Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

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