Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

DECRYPTAGE La fédération regroupant les établissements de soins privés a présenté ce jeudi ses propositions pour réduire le déficit de la Sécu. Une attaque en règle contre les hôpitaux publics.

La fédération hospitalière privée représente un millier de cliniques et hôpitaux privés (SIPA)La fédération hospitalière privée représente un millier de cliniques et hôpitaux privés (SIPA)

C’est une véritable charge que la Fédération hospitalière privée (FHP) lance contre le secteur public. Ras le bol des gaspillages, d’un système de santé "drogué à la dette"… Ce jeudi 26 janvier, cette fédération qui regroupe plus de 1.000 cliniques et hôpitaux privés a dévoilé son livre blanc sur la santé.

A trois mois de l’élection présidentielle, la FHP relance surtout le débat de l’efficience de notre système de soins. Aussi, pointe-t-elle, rapports de la Cour des comptes à l’appui, les incohérences et dérapages du secteur public, qui selon elle "est plongée dans une culture de déficit". Il est vrai qu’en 2010, le nombre d’hôpitaux en déficit est passé de 338 à 434 soit 41% des établissements.

Une mise sous tutelle des mauvais élèves

Mais, le secteur privé n’y va pas de mains mortes, puisqu’il demande la mise sous administration provisoire des tous les établissements déficitaires. Sans oublier, la publication de la liste des hôpitaux déficitaires depuis 5 ans, ainsi que les montants d’aides versées pour favoriser le retour à l’équilibre, ces subventions, selon lui, que l’Etat verserait en catimini pour boucher les déficits….

Si la FHP est si violente, c’est parce qu’elle est soumise à des règles différentes que les hôpitaux publics. "Nous, nous sommes mortels, alors que dans le public il y a toujours l’Etat pour combler le déficit ", s’indigne Jean-Loup Durousset, le président de la FHP. Et de dénoncer les distorsions de financement du système de santé : "Ainsi, pour une même prestation hospitalière, les cliniques continuent d’être remboursées 22% de moins en moyenne par la Sécurité Sociale que les hôpitaux publics". Selon la fédération, chaque jour, dans l’Hexagone, une clinique privée ferme tous les quinze jours.

Injure à la mission de service public

Le secteur public n’a pas tardé à répliquer à cette attaque. La fédération hospitalière de France (FHF) a ainsi immédiatement publié un communiqué, évoquant "une injure" à la mission de service public qu’elle remplit. Pour elle, cette présentation est caricaturale, et mue uniquement par "la volonté de faire main basse sur les fonds de l’assurance-maladie au mépris de l’intérêt général". Régulièrement, les hôpitaux publics réfutent l’argumentaire des cliniques. Ils rappellent que eux, accueillent tous les patients, y compris les plus pauvres, et qu’ils soignent toutes les pathologies, y compris les moins rémunératrices. Pour la FHF, l’écart public-privé n’est d’ailleurs que de 17%.

Celle-ci ne s’oppose pas d’ailleurs ouvertement à la convergence des tarifs "à condition que tous les surcoûts supportés par les hôpitaux soient pris en compte". Début janvier, la Fédération hospitalière de France avait elle aussi fait une série de propositions choc pour la présidentielle : elle aussi réclamait une réforme du mode de financement. Parmi ses mesures chocs, elle demandait de revenir sur la tarification à l'activité (T2A), système qui assure environ 80 % des budgets hospitaliers en fonction du volume d'actes réalisés, alors que l’enveloppe restante est allouée en fonction des missions de service public (urgences, enseignement, etc.) assumées.

La guerre ne fait que commencer

Après avoir défendu son introduction en 2003, le secteur public demande donc que la T2A ne soit plus le socle principal de financement, mais que pouvoirs publics augmentent leur dotation dehors de la T2A. Bref, la guerre ne fait que commencer. Et devant ce sujet délicat, pour l’heure, à droite comme à gauche, les candidats à la présidentielle ne se pressent pas pour répondre. Pourtant, la santé est un sujet qui intéresse les Français. Dans les sondages, il est fréquemment cité en tête des préoccupations des ménages.

Par Fanny Guinochet

source:
Challenges.fr

Tag(s) : #Présidentielles 2012

Partager cet article