Mardi, la police a aspergé de gaz poivre des étudiants qui protestaient contre la hausse des droits au Santa Monica College, en banlieue de Los Angeles. Le lendemain, ils sont sortis dans la rue.

Photo : Bret Hartman, Reuters

André Noël
La Presse

Loin de se limiter au Québec, la mobilisation étudiante contre la hausse des droits de scolarité est mondiale. Depuis plusieurs mois, le mouvement de protestation a donné lieu à des manifestations dans des pays aussi différents que les États-Unis, la Grande-Bretagne, la République tchèque, Taïwan, les Philippines, la Corée du Sud, le Chili et l’Ukraine.

«Depuis 1995, 14 des 25 pays dont les données sont publiées ont réformé leur système de droits de scolarité: la plupart de ces réformes ont donné lieu à un accroissement des droits de scolarité moyens dans les établissements d’enseignement tertiaire [les universités]», note l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans son dernier rapport sur l’éducation.

Le financement public des universités a diminué dans la majorité des 34 pays membres de l’OCDE. Il est passé de 74 % en 1995 à 67 % en 2008. Une baisse comblée en bonne partie par la hausse des droits de scolarité, ce qui ne se fait pas sans heurts.

Voici un tour d’horizon.

États-Unis

Des manifestations, parfois violentes, ont éclaté, notamment en Californie. Mercredi, la police a aspergé de gaz poivre des étudiants qui protestaient contre la hausse des droits au Santa Monica College, en banlieue de Los Angeles.

En mars, des milliers d’étudiants ont manifesté contre la hausse dans 30 campus. Plusieurs d’entre eux se sont aussi regroupés devant le Capitole à Sacramento, capitale de l’État. «Get up, get down, the student movement is in town!», ont-ils scandé.

Depuis cinq ans, le financement public des universités a diminué de 12 % aux États-Unis et de 20 % en Californie. En 30 ans, la proportion du financement par l’État est passée de 52 % à 10 % à la célèbre université de Berkeley, qui a produit pas moins de 23 Prix Nobel.

Après la Seconde Guerre mondiale, des millions d’étudiants ont envahi les universités et les collèges américains, alors bien subventionnés. Depuis 1980, les droits de scolarité ont augmenté de près de 600 %. «L’éducation supérieure publique a toujours été une porte d’entrée pour la classe moyenne, mais cette porte se referme: quelle imbécillité!», s’exclame Robert Reich, professeur de politique publique de Berkeley sur son blogue.

Grande-Bretagne

Une journée de protestation s’est déroulée partout dans le pays le 14 mars. Elle était organisée par la National Campaign against Fees and Cuts (campagne nationale contre les droits de scolarité et les compressions budgétaires). Des manifestations, parfois ponctuées d’accrochages avec la police, se sont multipliées l’automne dernier. «Scrap Tuition Fees» (abolissez les droits de scolarité), «Free Education», indiquaient les pancartes. La National Union of Students envisage d’autres manifestations l’automne prochain.

République tchèque

Des milliers d’étudiants tchèques ont envahi les rues de Prague le 29 février pour protester contre la réforme des universités publiques qui, selon eux, transformera les institutions selon un mode d’entreprise. La réforme vise l’augmentation des droits pour accroître le financement des universités publiques, ce qui marquerait la fin de l’éducation supérieure gratuite.

Taiwan

Une manifestation regroupant des étudiants, des professeurs et des membres d’organisations syndicales s’est déroulée le 26 mars devant le ministère de l’Éducation. Eux aussi protestaient contre la hausse des droits. «L’éducation n’est pas à vendre!», indiquaient les pancartes. «Les universités ne sont pas des entreprises», a clamé un leader étudiant.

Philippines

Les étudiants ont manifesté un peu partout dans le pays, notamment dans l’île de Mindanao, contre la hausse des droits. La Ligue des étudiants philippins avait intitulé cette journée de protestation le «Jour de rage contre la crise de l’éducation».

Chili, Corée du Sud, Ukraine, Irlande

L’année dernière a été marquée par plusieurs manifestations dans le monde contre la hausse des droits. Des milliers d’étudiants chiliens ont manifesté à Santiago, le 18 novembre 2011, avec l’appui des autorités universitaires.

À Séoul, .les étudiants coréens se sont colletés à la police, qui avait interdit la manifestation

À Kiev, les étudiants ont manifesté le 28 février devant le parlement ukrainien : ils protestaient aussi contre la diminution du nombre de boursiers.

À Dublin, 40 000 étudiants ont marché dans les rues de la capitale irlandaise: ils s’opposaient à la réintroduction des droits, abolis depuis longtemps.

En revanche, certains pays ont réduit les droits de scolarité. L’Autriche les a même supprimés pour la majorité des étudiants.

En Hongrie, les droits ont été instaurés en 1997, puis abolis deux ans plus tard.

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Des droits de scolarité parmi les plus élevés de l’OCDE

Avec la hausse projetée – environ 3700 $ en 2016 -, le Québec rejoindrait les pays de l’OCDE qui imposent les droits les plus élevés. «Les établissements publics facturent des droits de scolarité moyens supérieurs à 1500 dollars américains dans un tiers des pays dont les données sont diffusées, mais n’en facturent pas dans huit pays de l’OCDE», note l’OCDE dans son rapport.

La Presse.ca via Jo "L'éveil 2012link"

C’est normal, cela fait partie du plan pour anéantir la classe moyenne…Mais c’est un jeu dangereux que l’élite jouent en ce moment, car la véritable révolution que l’on attend tous avec impatience, va venir des jeunes, ce sont des bombes à retardement, car ils ne sont pas encore totalement formatés et lobotomisés, contrairement à la majorité des adultes aujourd’hui, qui à travers leur désaccord et leur critiques, leur demande tout simplement de rentrer dans les rangs, et faire comme eux, de s’écraser et d’accepter de payer d’avantage, pendant que le gouvernement et ses sbirs se votent des augmentations de salaire, et se préparent des retraites dorées. Mais nos jeunes ne l’entendent pas tout à fait comme ça. Pour nous il est p-e trop tard pour changer quoique se soi, on s’est plutôt résigné, mais pas eux. Ils ont l’avenir devant eux, et elle est là l’espoir d’un réel changement de société. Reste à réformer tout le système de l’éducation qui est devenu obsolète, mais ça, c’est une toute autre histoire.