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Face au regain de tension qui touche l'Espagne, le gouvernement conservateur a promis de présenter un budget « très, très austère » aujourd'hui, et ce malgré la grève générale d'hier.

 

Les Espagnols sont appelés à manifester dans une centaine de villes. - cristina quicler/afp

Les Espagnols sont appelés à manifester dans une centaine de villes. - cristina quicler/afp

Confronté à sa première grève générale hier, cent jours après être arrivé au pouvoir, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy s'est dit déterminé à poursuivre sa politique de réformes et de rigueur. Qu'importe le « succès » proclamé par CCOO et UGT, les deux syndicats du pays : dès la veille de la grève, le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, avait prévenu que le gouvernement ne modifierait pas « d'un iota » la réforme du droit du travail à l'origine de la mobilisation. « La question n'est pas de savoir si la grève générale est plus ou moins suivie mais si on sort de la crise ou pas », avait renchéri son homologue au Budget, Cristobal Montoro, qui présente aujourd'hui la très attendue loi de Finances pour 2012.

Renflouer son secteur bancaire

Revenue à l'épicentre de la crise de la dette après les rebondissements autour de son déficit (déviation en 2011, assouplissement de l'objectif en 2012), l'Espagne est attendue au tournant. « Il se peut que l'Espagne nécessite une forme d'aide de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) cette année », a estimé avant-hier Willem Buiter, chef économiste de la banque américaine Citi. Au même moment, la presse espagnole rapportait des pressions de la Commission européenne pour que le pays accepte une aide européenne pour renflouer son secteur bancaire. Bruxelles et Madrid ont démenti ces rumeurs tandis que Luis de Guindos a taxé le rapport de Citi de « complètement déplacé » . L'exécutif espère bien récupérer sa crédibilité érodée avec la présentation, aujourd'hui, d'un budget « très, très austère ». « Cependant, il y a des limites à ce que le gouvernement central [qui a déjà adopté 15 milliards d'euros d'économies, ndlr] peut faire. C'est aux régions qu'il incombe (de faire des économies) et c'est peu probable que cela soit clarifié (aujourd'hui) », estime dans une note Gilles Moec, chef économiste de Deutsche Bank. Principales responsables du dérapage budgétaire l'année dernière (8,5 % du PIB au lieu de 6 %), les régions, qui contrôlent un tiers des dépenses publiques, doivent réaliser près de la moitié des ajustements cette année.

Même assoupli à 5,3 % du PIB (contre 4,4 %), l'objectif de déficit pour 2012 est jugé difficilement atteignable par beaucoup d'économistes, à cause de la contraction de l'économie espagnole prévue cette année (1,7 %). Pour y parvenir, le gouvernement devrait réaliser entre 55 et 64 milliards d'euros d'économies, selon les estimations respectives du cabinet d'études Funcas et du think thank Fedea. « Comme une nouvelle déviation est inévitable en 2012, étant donné les conditions macroéconomiques, l'Espagne doit faire des progrès sur d'autres questions (restructuration bancaire, réformes structurelles) pour garder le soutien de ses pairs européens », conseille Gilles Moec.

CORRESPONDANTE À MADRID
jessica berthereau source
Tag(s) : #Crise de l'Euro

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