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Culture

Lille Fantastic a entamé ce week-end ses 3 mois de fête et d'événements culturels à travers toute la métropole lilloise ! L'occasion de s'interroger sur le rapport conflictuel entre la crise économique que nous connaissons actuellement et l'importance du maintien culturel.

  

Le lancement de Lille Fantastic a eu lieu samedi 6 octobre 2012. Ce fut l'occasion pour beaucoup d'exprimer leur avis sur la question : une manifestation culturelle de cette ampleur (3 mois non-stop, 34 expositions, 35 spectacles vivants, 20 Métamorphoses Urbaines, 7 Pop up - mélange de concerts et d'expo en plein air) a-t-elle encore sa place alors que nous sommes en pleine crise économique ?

Le cas Lille 3000

culture.

Cette année, Lille Fantastic va coûter en tout 12 millions d’euros, soit 4% du budget culture de Lille ; 40% de ces 12 millions sont financés par du mécénat (de l’argent privé). Au dernier conseil municipal, Martine Aubry s’est gentiment faite gronder par les élus UMP et Verts, ces derniers estimant que beaucoup trop d’argent est dépensé dans la culture. Or, la maire de Lille revendique et assume ce budget alloué à la culture, ainsi que celui prévu pour Lille Fantastic. La capitale des Flandres est en effet connue pour sa politique culturelle très développée, et l’affirme année après année depuis la création de Lille 3000 et le succès de Bombaysers de Lille en 2009 et d’Europa XXL en 2009.

Lille 3000 et Fantastic trouvent leurs détracteurs au sein du cercle politique lillois mais aussi dans la population de la métropole, qui voit là un gouffre financier inutile et s’inquiète pour les impôts locaux. D’autant plus que 2012 a également vu naître le Grand Stade de Lille, énorme pustule qui pousse à côté de Villeneuve d’Ascq depuis plusieurs années. 50 000 places, toit mobile et pelouses amovibles qui ont coûté 324 millions d’euros. Pour certains, ça commence à faire beaucoup : pourquoi un stade aussi grand alors que les matchs du LOSC peinent à rassembler 20 000 personnes ? Pourquoi une manifestation Lille 3000 aussi clinquante ?

En effet, ce genre de manifestations entraîne des coûts faramineux incluant : la location et l’entretien des salles, les techniciens qui montent et démontent les structures, la location ou commande des oeuvres, les assurances, les droits d’auteur, le personnel culturel et administratif, les mécanismes de marketing, le matériel de communication, les voyages/hébergements des invités/artistes/personnels... Multiplié par autant de manifestations/expositions/concerts... par ville et par an, la facture fait rapidement assez mal.

Doit-on amputer la culture pour le bien de l’économie nationale ?

Culture culture!

Dans sa campagne pour les présidentielles, François Hollande semblait affirmer que non. Il déclarait même que la culture n’est pas un luxe et qu’en période de crise elle n’est pas moins nécessaire qu’autre chose. Un petit vent d’espoir soufflait alors pour la culture, plutôt malmenée depuis quelques années. Pourtant, lors de la présentation du budget 2013 le mois dernier, on apprenait que le budget du ministère de la culture était diminué de plus de 4%, se retrouvant alors avec 2,54 milliards d’euros pour l’année qui vient (soit 0,69% du budget de l’État). Le coup est dur, surtout que ce budget pourrait être encore revu à la baisse les années suivantes. Pour rebondir là-dessus, La Tribune de l’Art a lancé depuis quelques jours une pétition en ligne pour le maintien du budget de la culture (vous pouvez la signer si le sujet vous parle, elle n’a que 2 000 signatures pour le moment...).

Privées de subventions publiques, les manifestations culturelles se tournent donc vers les fonds privés et le mécénat, comme c’est le cas pour Lille Fantastic, à hauteur de 40%. Au rythme auquel va le budget culturel, le risque est que ce genre d’événement ne devra sa survie qu'au financement privé et non plus à l’aide de l’État.

La culture comme remède à la crise ?

Pour Jean-Marc Ayrault, venu inaugurer Lille Fantastic avec Aurélie Filippetti, cela semble une évidence. Il a ainsi déclaré samedi : "Dans une période de crise comme connaissent la France et l'Europe, on est ici dans l'avant-garde de ce qu'il faut faire pour le pays. Que ceux qui doutent de la capacité de la France à réussir son redressement viennent ici à Lille, ils verront qu'ici on se bat, qu'on se laisse bousculer par les artistes, qu'on recherche toutes les voies possibles pour redonner de l'espoir, de la confiance, de la justice, de l'avenir à tous ceux qui vivent ici". De son côté, Martine Aubry mise beaucoup sur cet aspect fédérateur autour de Lille Fantastic et de la parade qui a eu lieu samedi dernier : un moment de fête, de culture partagée entre Lillois et touristes venus découvrir la ville parsemée de ses Métamorphoses Urbaines, d’érudition commune autour des réflexions des artistes exposé-e-s.

Rappelons qu'en 2013, Marseille sera Capitale Européenne de la culture, et deviendra alors une véritable vitrine de ce que peut faire la France en matière de culture. La précédente ville française à l'avoir été, ce fut... Lille, en 2004. La capitale des Flandres avait sorti le grand jeu et véritablement marqué les esprits. Alors que le choix de Marseille est parfois remis en cause et que les responsables se sentent "condamnés à faire mieux" que Lille 2004, comment vont-ils mener à bien leur entreprise si le financement ne suit pas ? 98 millions d'euros vont être nécessaire au projet Marseille Capitale Européenne de la culture. La pré-programmation ne va retenir que 600 projets sur les 2 200 initialement proposés et les coupes budgétaires se font déjà sentir, alors que le week-end d'ouverture est prévu pour les 12 et 13 janvier 2013. SOURCE

 

En pleine crise économique européenne, la culture doit-elle se mettre à l’heure de la rigueur ? Doit-on mettre le frein sur les manifestations culturelles de grande ampleur ? Ou la dépense culturelle est-elle un mal nécessaire pour le maintien du rayonnement français, de la connaissance et du divertissement en temps de crise ?


Tag(s) : #Crise de l'Euro

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