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La croix d'Hendaye, par la décoration de son piédestal, se montre bien le plus singulier monument du millénarisme primitif, la plus rare traduction symbolique du chiliasme, que nous ayons jamais rencontrés.

On sait que cette doctrine, acceptée tout d'abord puis combattue par Origène, saint Denys d'Alexandrie et saint Jérôme, bien que l'Eglise ne l'eût point condamnée, faisait partie des traditions ésotériques de l'antique philosophie d'Hermès.

File:CrossofHendaye.jpg

La naïveté des bas-reliefs, leur exécution malhabile mènent à penser que ces emblèmes lapidaires ne sont pas l'œuvre d'un professionnel du ciseau et du burin; mais, abstraction faite de l'esthétique, nous devons reconnaitre que l'obscur artisan de ces images incarnait une science profonde et de réelles connaissances cosmographiques. Sur le bras transversal de la croix, -une croix grecque, -on relève l'inscription commune, bizarrement taillée en saillie sur deux lignes parallèles, aux mots presque soudés, et dont nous respectons la disposition: OCRUXAVES PESUNICA Certes, la phrase est aisée à rétablir et le sens bien connu :
0 crux ave spes unica.



Cependant, si nous traduisions comme un apprenti, on ne comprendrait guère ce qu'il faudrait désirer, du pied ou de la croix, et une telle invocation aurait lieu de surprendre. Nous devrions, en vérité, pousser la désinvolture et l'ignorance jusqu'au mépris des règles élémentaires de la grammaire ; pes, au nominatif masculin réclame l'adjectif unicus, qui est du même genre, et non le féminin unica. Il semblerait donc que la déformation du mot spes, espérance, en pes, pied, par ablation de la consonne initiale, soit le résultat involontaire d'un manque absolu de pratique chez notre lapicide. Mais l'inexpérience justifie-t-elle vraiment une étrangeté semblable ?

Nous ne pouvons l'admettre. En effet, la comparaison des motifs exécutés par la même main et de la même manière, démontre l'évident souci d'une mise en place normale, le soin apporté dans leur disposition et leur équilibre. Pourquoi l'inscription aurait-elle été traitée avec moins de scrupule?

Un examen attentif de celle-ci permet d'établir que les caractères en sont nets, sinon élégants, et ne chevauchent pas. Notre artisan sans doute les traça préalablement avec la craie ou le charbon, et cette esquisse doit nécessairement écarter toute idée d'une erreur survenue pendant la taille. Or, puisqu'elle existe, il faut conséquemment, que cette erreur apparente ait été voulue en réalité.

La seule raison que nous puissions invoquer est celle d'un signe mis exprès, voilé sous l'aspect d'une inexplicable malfaçon et destiné à piquer la curiosité de l'observateur. Nous dirons donc que, selon nous, c'est sciemment et volontairement que l'auteur disposa ainsi l'épigraphe de son œuvre troublante.

L'étude du piédestal nous avait déjà éclairé, et nous savions de quelle manière, à l'aide de quelle clef, il convenait de lire l'inscription chrétienne du monument; mais nous désirions montrer aux investigateurs quels secours peuvent apporter, dans la résolution des choses cachées, le simple bon sens, la logique et le raisonnement.

La lettre S qui emprunte la forme sinueuse du serpent, correspond au khi (X) de la langue grecque et en prend la signification ésotérique. C'est la trace hélicoïdale du soleil parvenu au zénith de sa courbe à travers l'espace, lors de la catastrophe cyclique. C'est une image théorique de la bête de l'Apocalypse, du dragon qui vomit, aux jours du jugement, le feu et le soufre sur la création macrocosmique.

Grâce à la valeur symbolique de la lettre S, déplacée à dessein, nous comprenons que l'inscription doit se traduire en langage secret, c'est-à-dire dans la langue des dieux ou celle des oiseaux, et qu'il faut en découvrir le sens à l'aide des règles de la Diplomatique.

Quelques auteurs, et particulièrement Grasset d'Orcet, dans l'analyse du Songe de Polyphyle publiée par la Revue Britannique, les ont données assez clairement pour nous dispenser d'en parler après eux. Nous lirons donc, en français, langue des diplomates, le latin tel qu'il est écrit, puis, employant les voyelles permutantes, nous obtiendrons l'assonance de mots nouveaux composant une autre phrase dont nous rétablirons l'orthographe et l'ordre des vocables, ainsi que le sens littéraire.

Ainsi, nous recevons ce singulier avertissement : Il est écrit que la vie se réfugie en un seul espace et nous apprenons qu'il existe une contrée où la mort n'atteindra point l'homme, à l'époque terrible du double cataclysme. Quant à la situation géographique de cette terre promise, d'où les élus assisteront au retour de l'âge d'or, c'est à nous de la rechercher. Car les élus, enfants d'Elie, seront sauvés selon la parole de l'Ecriture.

Parce que leur foi profonde, leur inlassable persévérance dans l'effort leur auront mérité d'être élevés au rang des disciples du Christ-Lumière. Ils en porteront le signe et recevront de lui la mission de renouer à l'humanité régénérée la chaine des traditions de l'humanité disparue. La face antérieure de la croix, - celle qui reçut les trois clous horribles fixant au bois maudit le corps douloureux du Rédempteur, -est déterminée par l'inscription INRI, gravée sur son bras transversal. Elle correspond à l'image schématique du cycle que porte le soubassement.

Nous avons donc ici deux croix symboliques, instruments du même supplice: en haut, la croix divine, exemple du moyen choisi pour l'expiation; en bas, la croix du globe, déterminant le pôle de l'hémisphère boréal, et situant dans le temps l'époque fatale de cette expiation. Dieu le Père tient en sa main ce globe surmonté du signe igné, et les quatre grands siècles, -figures historiques des quatre âges du monde, -ont leurs souverains représentés avec le même attribut : Alexandre, Auguste, Charlemagne, Louis XIV. C'est là ce qu'enseigne l'épigraphe INRI, que l'on traduit exotériquement par Iesus Nazarenus Rex Iudaorum, mais qui emprunte à la croix sa signification secrète : Igne Natura Renovatur Integra.

Car c'est à l'aide du feu et dans le feu même que notre hémisphère sera bientôt éprouvé. Et de même qu'on sépare, à l'aide du feu, l'or des métaux impurs, de même, dit l'Ecriture, les bons seront séparés des méchants au grand jour du jugement.





Sur chacune des quatre faces du piédestal, on remarque un symbole différent. L'une porte l'image du soleil, l'autre celle de la lune; la troisième montre une grande étoile et la dernière une figure géométrique qui, nous venons de le dire, n'est autre que le schéma adopté par les initiés pour caractériser le cycle solaire. C'est un simple cercle que deux diamètres, se coupant à angle droit, partagent en quatre secteurs.




Ceux-ci sont chargés d'un A qui les désigne comme les quatre âges du monde, dans cet hiéroglyphe complet de l'univers, formé des signes conventionnels du ciel et de la terre, du spirituel et du temporel, du macrocosme et du microcosme, où l'on retrouve, associés, les emblèmes majeurs de la rédemption (croix) et du monde (cercle). A l'époque médiévale, ces quatre phases de la grande période cyclique, dont l'antiquité exprimait la rotation continue à l'aide d'un cercle divisé par deux diamètres perpendiculaires, sont généralement représentées par les quatre évangélistes ou par leur lettre symbolique qui était l'alpha grec, et, plus souvent encore, par les quatre animaux évangéliques entourant le Christ, figure humaine et vivante de la croix.

C'est la formule traditionnelle que l'on rencontre fréquemment sur les tympans des porches romans. jésus y est exposé assis, la main gauche appuyée sur un livre, la droite levée dans le geste de bénédiction, et séparé des quatre animaux qui lui font cortège par l'ellipse dite Amande mystique. Ces groupes, généralement isolés des autres scènes par une guirlande de nuées, ont leurs figures toujours placées dans le même ordre, ainsi qu'on peut le remarquer aux cathédrales de Chartres (portail royal) et du Mans (porche occidental), à l'église des Templiers de Luz (Hautes-Pyrénées), à celle de Civray (Vienne), au porche de Saint Trophime d'Arles, etc.. « Il y avait aussi devant le trône, écrit saint jean, une mer de verre semblable à du cristal; et au milieu du trône et autour du trône, il y avait quatre animaux pleins d'yeux devant et derrière.

Le premier animal ressemblait à un lion; le second ressemblait à un veau; le troisième avait le visage comme celui d'un homme, et le quatrième ressemblait à un aigle qui vole. » Relation conforme à celle d'Ezéchiel: « je vis donc... une grosse nuée et un feu qui l'environnait, et une splendeur tout autour, au milieu de laquelle on voyait comme un métal qui sort du feu; et au milieu de ce feu on voyait une ressemblance de quatre animaux...Et la ressemblance de leurs faces était une face d'homme; et tous quatre avaient une face de lion à la droite; et tous quatre avaient une face de bœuf à la gauche; et tous quatre avaient une face d'aigle au-dessus. »


Dans la mythologie hindoue, les quatre secteurs égaux du cercle que partage la croix servaient de base à une conception mystique assez singulière. Le cycle entier de l'évolution humaine s'y incarne sous la forme d'une vache, symbolisant la Vertu, dont les quatre pieds reposent chacun sur un des secteurs figurant les quatre âges du monde. Au premier age, qui répond à l'âge d'or des Grecs et que l'on nomme Crédayougam ou âge d'innocence, la Vertu se tient ferme sur la terre: la vache pose en plein sur ses quatre pieds.

Dans le Trédayougam ou second âge, lequel correspond à l'âge d'argent, elle s'affaiblit et ne se tient plus que sur trois pieds. Pendant la durée du Touvabarayougam, ou troisième âge, qui est celui d'airain, elle est réduite à deux pieds. Enfin, dans l'âge de fer, qui est le nôtre, la vache cyclique ou Vertu humaine touche au suprême degré de faiblesse et de sénilité: elle se soutient avec peine, en équilibre sur un seul pied. C'est le quatrième et dernier âge, le Calyougam, âge de misère, d'infortune et de décrépitude. L'âge de fer n'a point d'autre sceau que celui de la Mort.

Son hiéroglyphe est le squelette pourvu des attributs de Saturne: le sablier vide, figure du temps révolu, et la faux, reproduite dans le chiffre sept, qui est le nombre de la transformation, de la destruction, de l'anéantissement. L'Evangile de cette époque néfaste est celui qui fut écrit sous l'inspiration de saint Matthieu. Matthaus, en grec vient de mathéma, qui signifie science. Ce mot a donné "matésis" étude, connaissance, de "maténein", apprendre, s'instruire.

C'est l'Evangile selon la Science, le dernier de tous, mais le premier pour nous, parce qu'il nous enseigne que, sauf un petit nombre d'élus, nous devons collectivement périr. Aussi l'ange fut-il attribué à saint Matthieu, parce que la science, seule capable de pénétrer le mystère des choses, celui des êtres et de leur destinée, peut donner à l'homme des ailes pour qu'il s'élève jusqu'à la connaissance des plus hautes vérités et qu'il parvienne jusqu'à Dieu.

Hendaye - Fulcanelli

 

Rorschach a dit…

Fulcanelli remarque qu’en première lecture il semblerait qu’il s’agisse de la phrase bien connue :

O crux ave spes unica

se traduisant par :

« Salut, oh Croix, unique espoir. »

Cependant c’est une inscription dont la disposition est volontairement erronée car elle isole, en bout de ligne, la lettre S qui aurait due être liée à « pes » (qui signifie « pied ») en tronquant le mot « spes » (qui signifie « espérance ») quant à la lettre A qui devrait être solidaire du mot « unica », elle est séparée d’un espace. Cela prouve que ce n’est pas par manque de place que le s de « spes » fut séparée du mot. Donc, ces anomalies sont voulues pour attirer l’attention sur le sens caché de cette inscription apparemment banale pour les catholiques. La phrase devient alors, avec ses anomalies :

O CRUX AVE S PES UNIC A.

Les deux lettres isolées doivent donc être assemblées, et ne peuvent constituer que le mot l’AS, c’est-à-dire l’unité selon l’auteur latin Vitruve. C’est d’ailleurs là l’origine de l’as (figure seule) dans le jeu de carte. D’où l’as celui qui est unique, le meilleur, en une chose.

La phrase gravée sur la croix donne une précieuse indication lorsqu’on la traduit:

Il est écrit (ocrux) que la vie(ave) se(S) pied (pes) en un unique (unic) sa

En clair :

Il est écrit que la vie se réfugie (ou prend pied) en un seul espace.

Pourquoi la vie devra se réfugier en un seul lieu ?

 

La réponse est derrière la croix dans l’inscription I.N.R.I.

Là encore nous avons plusieurs manière d’interpréter ces quatre lettres. La première, religieuse, résumée par les initiales des quatre mots : Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum (Jésus de Nazareth roi des juifs). Dans le cas qui nous préoccupe elle n’est pas significative.

La seconde : Igne Nitrum Rari Invenitum (Le feu du nitre rarement trouvé) cette interprétation est essentiellement destinée à l’œuvrant au laboratoire lui rappelant qu’une matière qui active le feu puisse disparaître. Donc, cette inscription n’ajoute rien au sens que nous cherchons à élucider, mais spécifie l’opération essentielle pour réussir la séparation ou premier œuvre. Cette particularité n’est d’ailleurs pas étrangère à la fondation de l’hôpital de la Salpetrière par saint Vincent Depaul.

La troisième est la bonne car elle se traduit par Igne Natura Renovatur Integra (La nature totale rénovée par le feu).

En bref le message est le suivant :

Sur notre terre, la nature sera violemment rénovée par le feu et un seul espace existera où certains hommes pourront se réfugier pour que se perpétue la connaissance.

http://hermetisme.over-blog.com/article-l-enigme-des-aa-des-aaa-et-des-aaaa-4-56936470.html


Tag(s) : #RELIGIONS

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