Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Pot-de-vin   © iStockPhoto
 

Les liens entre les grandes entreprises et les gouvernements en Europe favorisent la corruption et entravent la stabilité économique, selon un rapport publié mercredi par Transparency International.

L'organisme non gouvernemental, qui lutte contre la corruption, relève que le manque de réglementation touchant au lobbying et au financement des partis politiques aurait favorisé une culture du pot-de-vin et permis aux élites du monde politique et des affaires de détourner des fonds.

Si les pays européens se considèrent comme les moins corrompus au monde et bénéficient de systèmes juridiques solides et bien développés, ils n'échappent pas à la corruption, note Transparency International.

« En Europe, nombre d'institutions qui caractérisent une démocratie et permettent à un pays de combattre la corruption sont plus faibles que ce que l'on croit. Ce rapport soulève des questions préoccupantes à un moment où l'Europe a besoin d'une culture politique de transparence pour sortir de la crise économique. » — Cobus de Swardt, directeur de Transparency International

Le rapport déplore par ailleurs qu'un trop grand nombre de gouvernements ne rendent pas compte de leurs agissements en matière de finances publiques et de contrats publics, alors que ceux-ci représentent 2300 milliards de dollars chaque année dans l'Union européenne.

Principales observations du rapport :

  • 19 des 25 pays examinés ne possèdent aucun règlement sur les activités de lobbying;
  • 15 d'entre eux acceptent les contributions politiques non déclarées;
  • 12 pays ne prévoient pas de plafonnement pour les contributions politiques individuelles;
  • 17 pays ne disposent pas d'un code de conduite pour les parlementaires;
  • 11 pays bloquent l'accès à des informations concernant les biens et les intérêts des politiciens;
  • 20 pays bloquent l'accès à des informations publiques.

Corruption et crise économique

Le Conseil de l'Europe estime que la corruption coûterait plus de 150 milliards de dollars par an à l'Union européenne. Plusieurs analystes croient que le coût réel est encore plus élevé.

Transparency International précise que même si les politiciens et les chefs d'entreprise n'agissent pas toujours dans l'illégalité, ils utilisent leur influence pour obtenir des contrats et fléchir les décisions politiques. L'organisme juge que, dans une telle situation, les privatisations constituent un terrain fertile pour le détournement de fonds publics, et met en garde contre les risques liés aux programmes de privatisation de la Grèce et du Portugal.

Le rapport souligne que la Grèce, l'Italie, l'Espagne et le Portugal - les pays de la zone euro les plus en difficulté à l'heure actuelle - auraient de profonds problèmes dans leur administration, leurs dirigeants n'ayant pas suffisamment de comptes à rendre sur leur gestion.

« Les pays qui ont de faibles garde-fous contre la corruption sont souvent ceux qui ont le plus de problèmes avec leurs dettes publiques à l'heure actuelle. Les organismes d'audit sont particulièrement faibles et manquent souvent d'indépendance vis-à-vis des gouvernements, ce qui veut dire que les responsables publics savent qu'ils peuvent s'en sortir sans respecter totalement les règles », soutient Finn Heinrich, directeur de recherche à Transparency International.

« Les liens qui unissent la corruption et la crise financière et budgétaire dans ces pays ne peuvent être ignorés plus longtemps. » — Finn Heinrich, directeur de recherche à Transparency International

La corruption ne se limite pas toutefois aux pays méditerranéens, nuance Transparency International. En France et en Slovénie, notamment, les déclarations de patrimoine et d'intérêts des parlementaires ne sont pas rendues publiques.

Par ailleurs, même si le Danemark, la Norvège et la Suède sont les pays les mieux protégés contre la corruption puisqu'ils sont dotés de systèmes judiciaires « solides » et d'organismes de contrôle chargés d'assurer le respect des lois, des faiblesses demeurent dans leurs règles de financement politique.

Selon plusieurs sondages de l'Union européenne, les trois quarts des Européens considèrent que la corruption est un problème qui prend de l'ampleur dans leur pays.

Transparency International a examiné plus de 300 institutions nationales dans 25 pays européens en 2011 :

Allemagne, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède et Suisse.source
Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

Partager cet article