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Par Siméon, pour “Nos Libertés”, le 11 février 2012.

Ivan Illich (1926 - 2002), philosophe d’origine autrichienne, a publié dans les années soixante-dix une série d’ouvrages remarquables sur l’impasse actuelle de la société industrielle. L’un des plus connus “La Convivialité” (1973) part du principe que les humains doivent reprendre la main sur les outils qui les ont transformés en esclaves mécaniques, s’ils veulent un jour connaître la société de la convivialité, autrement dit une société à dimension humaine.

Extraits :

“Nous sommes tellement déformés par les habitudes industrielles que nous n’osons plus envisager le champ des possibles. Pour nous, renoncer à la production de masse, cela veut dire retourner aux chaînes du passé, ou reprendre l’utopie du bon sauvage. Si nous voulons élargir notre angle de vision aux dimensions du réel, il nous faut reconnaître qu’il existe non pas une façon d’utiliser les découvertes scientifiques, mais au moins deux, qui sont antinomiques. Il y a un usage de la découverte qui conduit à la spécialisation des tâches, à l’institutionnalisation des valeurs, à la centralisation du pouvoir. L’homme devient l’accessoire de la méga-machine, un rouage de la bureaucratie. Mais il existe une seconde façon de faire fructifier l’invention, qui accroît le pouvoir et le savoir de chacun, lui permet d’exercer sa créativité, à seule charge de ne pas empiéter sur ce même pouvoir chez autrui.”

[…]

“Si nous voulons pouvoir dire quelque chose du monde futur, dessiner les contours théoriques d’une société à venir qui ne soit pas hyperindustrielle, il nous faut reconnaître l’existence d’échelles et de limites naturelles. L’équilibre de la vie se déploie dans plusieurs dimensions ; fragile et complexe, il ne transgresse pas certaines bornes. Il y a certains seuils à ne pas franchir. Il nous faut reconnaître que l’esclavage humain n’a pas été aboli par la machine, mais en a reçu figure nouvelle. Passé un certain seuil l’outil, de serviteur, devient despote. Passé un certain seuil, la société devient une école, un hôpital, une prison. Alors commence le grand enfermement.”

[…]

“J’appelle « société conviviale » une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes. Convivial est la société où l’homme contrôle l’outil.”

[…]

“Dans un certain sens, c’est l’industrialisation, plus que l’homme, qui a profité des progrès de la médecine : les gens sont devenus capables de travailler plus régulièrement dans des conditions plus déshumanisantes. Pour cacher le caractère profondément destructeur du nouvel outillage, du travail à la chaîne et du règne de la voiture, on a monté en épingle des traitements spectaculaires appliqués aux victimes de l’agression industrielle sous toutes ses formes : vitesse, tension nerveuse, empoisonnement du milieu. Le médecin s’est transformé en mage, ayant seul le pouvoir de faire des miracles qui exorcisent la peur engendrée par la survie dans un monde devenu menaçant.”


Image ajoutée par “Nos Libertés”

[…]

Lire la suite : http://www.noslibertes.org/dotclear/index.php?post/2012/02/13/617

source: noslibertes.org

Tag(s) : #Philosophie-réflexion

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