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Mise à jour il y a 16 minutes
| Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Le premier ministre hongrois, Viktor Orban
 Le premier ministre hongrois, Viktor Orban © AFP/ATTILA KISBENEDEK

La Commission européenne somme le gouvernement hongrois de modifier rapidement des lois sur la banque centrale, la justice et les données privées, jugées non conformes aux traités européens.

Ces réformes constitutionnelles, contestées aussi à l'intérieur du pays, sont entrées en vigueur le 1er janvier.

L'intimant d'effectuer les changements demandés d'ici un mois, la Commission a envoyé trois mises en demeure au gouvernement hongrois, première étape d'une procédure d'infraction pouvant déboucher sur des poursuites devant la Cour de justice européenne. La Hongrie s'expose aussi à des pénalités financières.

« La Hongrie, comme tous les États membres, est tenue par les traités de l'UE [Union européenne] de garantir l'indépendance de sa banque centrale nationale et de son autorité de protection des données, ainsi que le traitement non discriminatoire de ses magistrats », a indiqué mardi le président de la Commission, José Manuel Barroso. « La Commission est déterminée à prendre toute mesure légale nécessaire pour assurer le respect de la législation de l'UE. »

« Nous ne voulons pas qu'une ombre de doute soit jetée plus longtemps sur le respect de la démocratie dans ce pays. » — José Manuel Barroso, président de la Commission européenne

Redoutant une dérive autoritaire, le Parlement européen ainsi que des organisations de défense des droits civiques critiquent le premier ministre hongrois, Viktor Orban, surnommé « Viktator » par ses détracteurs.

Orban se rendra à Bruxelles

Le gouvernement hongrois a d'abord réagi sur un ton conciliant à la décision de la Commission, assurant dans un communiqué qu'il n'y avait pas de désaccord avec les institutions de l'UE sur l'importance des principes fondamentaux et des valeurs européennes.

Le premier ministre Orban se rendra au Parlement européen mercredi pour apporter des « réponses complètes et substantielles aux inquiétudes soulevées », et de « trouver aussi une solution rapidement que possible », ajoutait le communiqué.

Par la suite, les services de M. Orban ont tout de même émis un communiqué plus incisif. « Nous ne laisserons pas la gauche internationale accuser la Hongrie par des mensonges et calomnies sans fondement », disait le communiqué.

Le ministre hongrois des Communications, Zoltan Kovacs, a de son côté dénoncé des « efforts orchestrés » pour le compte de partis politiques dans le but de nuire au gouvernement hongrois sur le plan national mais aussi européen.

La semaine dernière, alors que Bruxelles menaçait de mettre Budapest en demeure, le premier ministre Orban avait affirmé que son gouvernement était prêt à accepter une modification de sa politique en contre-partie d'un accord de financement international.

Budapest a besoin du feu vert de l'Union européenne pour que les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) sur l'octroi d'une aide financière reprennent. L'UE et le FMI lient un nouveau prêt aux modifications des textes contestés. Au bord de la banqueroute, l'État hongrois cherche à obtenir un crédit de 15 à 20 milliards d'euros.

Ces dernières semaines, plusieurs citoyens hongrois ont pris la rue pour contester les décision du gouvernement de droite. Par exemple, en début d'année, des dizaines de milliers de manifestants ont dénoncé la nouvelle Constitution. Une nouvelle loi sur les médias, adoptée au début de l'an dernier, avait aussi suscité la colère de plusieurs citoyens, qui dénonçaient une atteinte à la liberté de presse.  Source

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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