Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Des résidents de Makthar, dans le centre-ouest de la Tunisie, réclament des investissements dans les régions les plus pauvres.

Photo: AFP/KHALIL

Des résidents de Makthar, dans le centre-ouest de la Tunisie, réclament des investissements dans les régions les plus pauvres.

 

 

La contestation sociale prend de l'ampleur en Tunisie malgré l'appel à la trêve lancé par le nouveau président, Moncef Marzouki. Elle a atteint mardi le palais présidentiel de Carthage, près de Tunis, un an après la chute du régime de l'ancien président Zine el-Abidine ben Ali.

 

L'onde des grèves, des occupations et des coupures de route s'est propagée en quelques jours dans plusieurs régions du pays, entravant la circulation et paralysant l'activité économique dans plusieurs localités.

Comme sous Ben Ali, le soulèvement est alimenté par le chômage et la pauvreté. À Siliana, une région pauvre du centre tunisien, une grève générale se poursuit ainsi depuis cinq jours dans la ville de Makthar, dont les habitants réclament des emplois et l'amélioration de leurs conditions de vie.

Selon l'agence de presse officielle TAP et des images diffusées par la télévision publique, les établissements scolaires étaient fermés et les accès de la ville étaient bloqués par des troncs d'arbre et des pneus en flammes empilés par des groupes de chômeurs.

Les mêmes revendications sous-tendaient des actions similaires au Kef et Jendouba (nord-ouest), où les protestataires ont coupé des routes et perpétré des actes de vandalisme visant des commerces, des écoles et des stationnements municipaux, a annoncé la TAP.

Des troubles ont également été signalés à Grombalia et à Gafsa, où 40 personnes ont entamé une grève de la faim, rapporte la radio Mosaïque FM.

Lundi soir, une douzaine de contestataires venus pour la plupart de Thala et de Kasserine campaient toujours devant le palais présidentiel de Carthage. Ces deux villes du centre-ouest tunisien ont payé un lourd tribut lors du soulèvement populaire qui a provoqué la chute du régime Ben Ali, enregistrant un grand nombre de morts et de blessés.

« Lorsque le président Marzouki s'était déplacé dernièrement à Kasserine, il nous avait assuré que sa porte était ouverte et qu'on pouvait venir lui présenter nos doléances. Mais voilà que nous sommes à Carthage depuis vendredi et personne n'a prêté attention à notre présence », a protesté Abed Gassoum, âgé de 19 ans, en montrant une main déformée, conséquence d'une blessure reçue selon lui pendant le soulèvement.

À peine installé dans ses nouvelles fonctions, le président Marzouki avait demandé aux Tunisiens une trêve politique et sociale de six mois pour permettre au gouvernement de mener les réformes nécessaires et répondre aux préoccupations urgentes de la population, notamment dans les régions déshéritées. « Passé ce délai, vous pourrez alors nous demander des comptes et je suis prêt à démissionner en cas d'échec », avait-il promis.


Associated Press  http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/01/17/010-tunisie-contestation-palais-presidentiel.shtml

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

Partager cet article