Trois mois après la catastrophe à la centrale nucléaire de Fukushima, ce samedi devait marquer le début de la phase de décontamination. Las, la découverte d’une radioactivité bien plus élevée que prévue a fait stopper net les opérations.

En seulement cinq heures, la radioactivité cumulée a atteint 4 mSv/h, dose qui devait être atteinte, selon les calculs des industriels sur place, en un mois. Tepco a annoncé la suspension des travaux dans l’attente d’une analyse des causes de cet imprévu.

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Rappelons qu’à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars, l’urgence avait été de refroidir par tous les moyens les réacteurs, après la panne du système de refroidissement. Tout avait été tenté pour acheminer de l’eau : hélicoptères, lances incendie et, finalement, pompage d’eau de mer.

Au total, environ 100 000 tonnes (ou m3) d’eau radioactive seraient encore contenues dans l’enceinte. Il va falloir les évacuer avant un éventuel retour des travailleurs sur le site. Michèle Rivasi, députée européenne (EELV) et fondatrice de la Criirad, de retour du Japon, explique l’enjeu des travaux qui devaient commencer :

« C’est un souci majeur de récupérer cette eau radioactive, car tant qu’ils ne peuvent l’évacuer, ils vont continuer à en relarguer une partie dans le Pacifique.

D’autre part, cette eau rend impossible l’accès au cœur du réacteur. Or on n’a aucune idée dans quel état se trouve le combustible fondu, jusqu’où le corium s’est répandu. »

Areva ne peut commencer la décontamination

Début avril, l’opérateur Tepco avait demandé de l’aide à Areva et d’autres entreprises spécialisées pour monter une usine de décontamination de cette eau radioactive. Un porte-parole du géant français du nucléaire explique le plan de bataille mis en œuvre par ces entreprises venues du monde entier :

  • « La première étape est le “déshuilage” : l’eau s’est mélangée à des fluides présents sur place. Elle est huileuse. Toshiba a procédé à l’isolation de cette eau radioactive ;

  • la seconde est la “prédécontamination” : la startup américaine Kurion devait prédécontaminer l’eau en captant une partie du césium radioactif, mais la colonne d’absorption des cristaux s’est révélée mal dimensionnée pour supporter une telle radioactivité ;

  • ensuite, Areva et Veolia Water devaient appliquer leur technique de “coprécipitation” : ils devaient injecter des réactifs permettant de capter le reste du césium et le strontium. Les particules radioactives devaient se concentrer sous forme de boues, traitées ensuite comme des déchets ;

  • Hitachi devait procéder au désalement de l’eau de mer récupérée, afin que cette eau soit réutilisée dans le circuit de refroidissement, qui pourra fonctionner alors en circuit fermé. »

Cette station de décontamination concentrait tous les espoirs. Comme l’explique encore Areva, la radioactivité de l’eau devait diminuer « de 1 000 à 10 000 fois ». Sur le papier. Maintenant, « tant que Kurion ne trouve pas les pièces adaptées pour ce contexte particulier de radioactivité, toute l’installation est à l’arrêt ». Et tout espoir de reprendre en main la suite des opérations envolé.

Rue89

La loi de Murphy à l’oeuvre…

Mais même si ils réussissaient à décontaminer l’eau, ce que je doute fortement, où vont-ils mettre les déchets radioactifs???

La rebalançer dans l’océan durant la nuit?

Merci Miguel!

Jo ^^"l'éveil 2011"

Voyons maintenant les news sur Kokopelli:

Toute révélation émanant de TEPCO ne peut que cacher une situation considérablement plus désastreuse.

- 18 juin 2011. Le système de décontamination ne sera pas relancé avant une semaine. TEPCO doit être dans un affolement frénétique car les piscines de rétention d’eau archi-contaminée vont déborder: celle du réacteur 1 est à 15 cm du bord et celle du réacteur 2 à 30 cm.

- 18 juin 2011: Désastre intégral pour le système de décontamination d’AREVA-KURION. TEPCO a lancé le système de décontamination de l’eau radioactive le 17 juin à 20 heures. Six heures après, le système a dû être stoppé manuellement car les tours d’adsorption de Kurion (fonctionnant à la zéolite synthétique) enregistraient un niveau de radioactivité de 4.7 millisieverts/heure. En fait, 4 millisieverts/heure constitue le seuil à partir duquel les filtres de Kurion doivent être ôtés et remplacés. Le problème: ces filtres auraient dû tenir 1 mois entier, et non pas 5 heures, avant d’atteindre le seuil fatidique.

- 18 juin 2011: Dans la nuit du 18 juin, de grands geysers de vapeur à Fukushima. Ces geysers peuvent être observés sur une des cameras en live de TEPCO.

- 18 juin 2011: De vastes zones du Japon complètement contaminées par la radioactivité. La société civile au Japon est en train de prendre en main les analyses des niveaux de contamination radioactive. En bref, la situation est strictement hors contrôle.

- 18 juin 2011: Une cargaison de thé radioactif bloquée à Roissy. Ce sont 162 kilos de thé vert en provenance de la Préfecture de Shizuoka qui vont être détruits à l’aéroport de Roissy. Ils contiennent 1038 becquerels de césium radioactif/kilogramme. Nous renvoyons les lecteurs à une brève que nous avons rédigée le 17 juin: Le Gouvernement Japonais n’analyse que 0,1% des produits alimentaires du Japon.

- 18 juin 2011: Trois lapins nés sans oreilles dans le sud de la Chine. Après le lapin blanc né à Fukushima sans oreilles le mois passé, ce sont trois lapins gris qui viennent de naître en Chine du sud.