CARTORADIATIONS

« Si nous ne faisons rien, même Tokyo pourrait devenir à terme invivable (zone d’exclusion) »

Les journalistes Yuka Hayashi et Toko Sekiguchi viennent de réaliser pour le WALL STREET JOURNAL une interview d’Ichiro Ozawa qui n’est autre que le principal rival de longue date du Premier Ministre Naoto Kan du Parti Démocratique. Ses réponses aux questions des journalistes sont diamétralement opposées à la sérénité affichée par le gouvernement actuel, elles donnent un aperçu inusité sans concession sur le devenir du Japon. D’entrée Ichiro Ozawa considère qu’en fait, « la réalité est que depuis 70 jours la situation des réacteurs nucléaires de Fukushima Daiichi est toujours hors de contrôle ».

Si cette constatation n’est pas une surprise pour les initiés, néanmoins venant d’une personnalité politique de premier plan japonaise, cela démontre qu’il y a au plus haut niveau politique une prise de conscience de la gravité de la situation, ceci même en fonction du bémol issu du personnage, controversé et instrumentalisant la catastrophe pour ses ambitions le tout sur un fond de crise économique. Il n’en reste pas moins qu’Ichiro Ozawa critique la gestion de la crise par Naoto Kan, cela reste évidemment dans la normalité du jeu politique, mais son interview ne s’arrête pas aux critiques, il analyse l’avenir et cela fait l’effet d’une douche froide non seulement dans son propre parti, mais dans tout le Japon. Sic, [...] L’anxiété et la frustration sont de plus en plus palpables. Les gens ne peuvent pas vivre dans les zones contaminées. Ces zones sont de plus devenues totalement inhabitables. Le Japon a perdu cette partie de son territoire. Si nous ne faisons rien, même Tokyo pourrait devenir à terme invivable (zone d’exclusion). Il y a une énorme quantité de combustible d’uranium dans la centrale nucléaire, beaucoup plus qu’à Tchernobyl, c’est une situation terrible. Le gouvernement ne dit pas la vérité et les gens vivent dans un happy-go-lucky (ndlr : au petit bonheur, insouciance. [...]

Sic, [...] Un jour, il est possible que nous ne puissions ne plus être en mesure de vivre au Japon. Il est possible que la centrale nucléaire puisse atteindre de nouveau l’état de la criticité. Si elle explose, les conséquences en seront énormes. Actuellement il y a nécessité de décomprimer et décharger en permanence les enceintes de confinement pour maintenir les réacteurs hors explosion ou accessibles, se sont d’importantes pollutions radioactives qui sont libérées de façons chroniques. Donc, en ce sens, c’est peut être encore pire qu’empêcher la centrale d’exploser. Ces pollutions radioactives vont durer encore pendant une longue période de temps. Ce n’est pas une question d’argent, mais de vie ou de mort pour les Japonais.

Si le Japon ne peut pas être sauvé, c’en est fini du peuple japonais (ndlr : sous entendu contraint à s’exiler). On peut toujours diffuser des fausses informations pour tromper la population, mais au final c’est elle qui supportera le fardeau. Le gouvernement doit être déterminé et tout faire pour mettre un terme à la pollution radioactive, peu importe ce qu’il faut, de l’argent ou autrement. Le peuple japonais est en droit de savoir pour comprendre la situation. [...]

On peut rajouter que TEPCO abreuve toutes les 3 heures les médias d’informations, généralement futiles ce qui en stratégie permet de masquer l’essentiel. Pire, il y a actuellement consensus au Japon sur un blackout de certaines informations, notamment celles relatives au plutonium ou des constatations que beaucoup de Tokyoïtes commencent à se poser depuis quelques semaines sur des signes inhabituels concernant leur santé, les problèmes ne sont pas psychosomatiques, mais reposent sur la réalité. Le problème est que les autorités sanitaire Nipponnes admettent n’avoir pas de modèles disponibles concernant la toxicocinétique. …

à suivre.

J’aime bien ce terme anglophone: « happy-go-lucky »…Y’a pas juste au Japon que le monde vive sur le « happy-go-lucky ». ;)

La vérité ils l’ont au compte goutte avec 2 mois de décalage, donc quand il déjà trop tard.

Autres news… "l'éveil 2011"

- 4 mai 2011: Record de radioactivité dans l’enceinte de confinement du réacteur 1. Le niveau au 4 juin est de 250 sieverts/heure.

 

- 4 mai 2011: Niveau de radioactivité de l’eau contaminée. Selon les estimations du NISA au Japon, la quantité de radioactivité accumulée dans les plus de 100 000 tonnes d’eau, en attente d’écoulement dans le Pacifique, serait de 720 000 terabecquerels d’iode et de césium radioactifs. Comme cela est une estimation officielle, la réalité ne peut être que pire. Quoi qu’il en soit, ce niveau de radioactivité à lui-seul justifierait d’un niveau 7 si tant est que ce système de niveau ait encore un sens quelconque lorsque l’on prend conscience que Fukushima est potentiellement Tchernobyl X 39.

 

- 4 mai 2011: Vapeur radioactive au réacteur 1 de 4000 millisieverts/heure. Cette vapeur se situe dans la partie sud-est du bâtiment. Voir la vidéo.

 

- 4 juin 2011: Situation de l’eau contaminée à Fukushima. Fin mai, la quantité d’eau très hautement contaminée était de 105 000 tonnes à Fukushima. Ce volume est inexorablement en croissance de par l’aspersion quotidienne de centaines de tonnes d’eau pour tenter de contrôler la fusion non contrôlée des réacteurs. Le site de la centrale nucléaire vient de recevoir 10 cm de pluie lors du passage du typhon Sogden. La saison des pluies va commencer vers le 12 juin et va durer approximativement 1 mois et demi. A partir du 15 juin, si rien n’est fait pour remédier à cette situation, les réservoirs de stockage de cette eau contaminée vont déborder et s’écouler. Dans l’Océan Pacifique.

 

Alors que des rumeurs tenaces affirment que le puits de BP n’a jamais été colmaté dans l’Océan Atlantique, que le pétrole continue de s’écouler, que la fermeture filmée d’un puits lambda n’a été qu’une vaste opération d’enfumage et que la presse globaliste US se félicite d’avoir appris ses leçons de communication de désastre grâce à BP, ce qui est sûr et sans ambages, c’est que l’Océan Pacifique va devenir la décharge radioactive de Fukushima après avoir accueilli, pendant de très nombreuses années, des dizaines de milliers de tonnes de déchets hautement radioactifs dans des containers en béton qui s’empressaient d’éclater en éclaboussant les petits poissons.

Kokopelli