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Où l'on voit, à travers ma traduction d'ex-SKF, que certains japonais font comme nous sur le blog, des relevés quotidiens de mesure de radioactivité (ils sont évidemment bien plus concernés que nous, cela va sans dire) et où l'on découvre que TEPCO et le gouvernement étaient bien de mèche pour cacher l'horrible réalité des réacteurs.
Il y aura un autre article à traduire, plus tard dans la journée (un rapport d'Arnie Gundersen)



Lundi 16 mai

La NRC (commission de régulation nucléaire) américaine arrête l'observation 24h/24, « la situation est stable et s'améliore »

Juste au moment où TEPCO et le gouvernement japonais deviennent clairs sur ce qu'ils savaient depuis le début, c'est à dire la fusion du coeur pour les trois réacteurs de Fukushima, la NRC a annoncé qu'elle stoppera la surveillance quotidienne, parce que la situation est maintenant « stable » et continue de « s'améliorer ».

Hum.
La NRC a du être au courant depuis le début pour la fusion du coeur, si ce qu'ils ont déclaré était vrai, qu'ils avaient accès à toutes les informations que possédait TEPCO.

New York Times (16 mai 2011)


La NRC a dit lundi que son centre d'opérations a stoppé la surveillance des réacteurs nucléaires à la centrale de Fukushima, parce que la situation s'y était améliorée. « La situation des réacteurs japonais se stabilise lentement » a déclaré William Borchardt, le responsable du bureau de l'agence. « Comme la situation a continué de s'améliorer et que les japonais continuent la mise en application de leur plan de restauration, la NRC a déterminé qu'il est temps d'ajuster sa réponse. L'agence a toujours une équipe d'ingénieurs à Tokyo, a-t-il dit. M. Borchardt a déclaré la semaine dernière que la situation des réacteurs était « statique mais pas stable »

Niveau de radioactivité de l'air à Tokyo, version non officielle

Comme ce blog l'a publié aussi bien en anglais qu'en japonais, le chiffre officiel pour le niveau de radioactivité de l'air à Tokyo est mesuré à un seul endroit à Shinjuku, au sommet d'un bâtiment à environ 18 mètres de hauteur.

Il y a cependant de nombreux chiffres non officiels, c'est à dire mesurés par des citoyens et résidents concernés par la hauteur où la plupart des gens vivent et travaillent, à 1 mètre du sol.

Voici un site japonais, « surveillance de la radioactivité dans l'environnement par des volontaires qui sont engagés dans la science sur la radioactivité et le nucléaire ». Le nom du site veut tout dire.

En regardant les chiffres à différents endroits de Tokyo, le niveau de radiation varie de manière significative. Faire des mesures uniquement à Shinjuku et dire aux habitants de Tokyo que le niveau de radiation à Tokyo est revenu à la normale est totalement mensonger.

Voici les chiffres du 10 mai donnés par le site en question, extrait de leur dernier document PDF, qui dépassent les chiffres « officiels » (0,0629 microsieverts/h, le 17 mai) :

Nishi-Shinjuku : 0,124 microsieverts/h, à 1 mètre au-dessus de la chaussée, le 10 mai
Kyobashi : 0,071 microsieverts/h
Hongo : 0,14 microsieverts/h,
Kanamachi : 0,359 microsieverts/h à 1 mètre au-dessus du sable
Shimo-Shakujii : 0,074 microsieverts/h
Yoyogi : 0,114 microsieverts/h
Kitano-maru Park : 0,085 microsieverts/h
Fuchu city : 0,091 microsieverts/h

En convertissant le chiffre de Kanamachi, 0,359 microsieverts/h, cela donne plus de 3 millisieverts par an 8,61 microsieverts par jour x 365 = 3142 millisieverts par an)



Asahi Shinbun : fusion du coeur des réacteurs 2 et 3 de Fukushima

C'est drôle de voir ce que pond l'un des plus importants médias de masse japonais. Maintenant ils disent qu'il y a une fusion du coeur, une fusion complète du coeur, nous le savions depuis le début, nous le savions en mars. C'est hystériquement comique.

Le Haruki Madarame est particulièrement hilarant, qui dit maintenant en substance « nous le savions », alors qu'il était le premier à dire l'après-midi du 12 mars, « Ne vous en faîtes pas, le réacteur nucléaire ne casse pas ».

Oui, il y avait des experts en nucléaire et des journalistes indépendants au Japon et autour du monde qui disaient qu'il y avait fusion et ils étaient attaqués par le gouvernement et des journaux à grand tirage comme le Asahi comme quoi ils étaient des « semeurs de peur ». Je l'ai pensé aussi, après avoir lu les articles sur Wiki sur Three Mile Island, Tchernobyl et le corium, parmi d'autres.


Mais ça n'a été vrai qu'une fois que les responsables, les sources approuvées par le gouvernement l'ont dit, et ça l'est aujourd'hui, après plus de deux mois : fusion complète du coeur dans les trois réacteurs en service de Fukushima.


Prochaine étape ? Recriticité, peut-être, annoncée dans deux mois ?

Rapide et grossière traduction, sujette à révision plus tard.

Asahi Shinbun, 17 mai 2011 :

Les données révélées par TEPCO le 16 mai montrent que la fusion du coeur a pu se produire dans les réacteurs 2 et 3 à la centrale de Fukushima. Dans le réacteur 3, le combustible en fusion a pu tomber au fond du RPV. Des experts en nucléaire en ont pointé la possibilité [ de fusion dans les réacteurs 2 et 3] et l'assistant du premier ministre Goshi Hosono l'a laissé entendre à la conférence de presse du 16 mai.

Selon la feuille de route de TEPCO le 17 avril, cela allait prendre entre 6 et 9 mois pour mettre à l'arrêt les réacteurs. La révision de la feuille de route sera inévitable maintenant que les deux réacteurs ont pu entré en fusion, car cela prendra plus de temps pour construire un système de refroidissement pour le coeur du réacteur, et la quantité massive d'eau hautement contaminée aura besoin d'être traitée.

Les données révélées le 16 mai étaient celles juste après le séisme du 11 mars. Il a fallu du temps pour que TEPCO récupère les données à partir de la salle de contrôle centrale, à cause de la longue période de mise hors service du courant et du manque d'enregistrement des matériaux radioactifs. Les données de 4 grands classeurs incluent les graphiques imprimées et les opérations journalières conservées pour chaque modification.
Selon les données, la pression à l'intérieur du RPV du réacteur 2 est tombée à 6h43 le 15 mars (heure du Japon) et la pression à l'intérieur du réacteur 3 est tombée à 11h50 le 16 mars. On a pensé que l'intégrité des RPV était compromise et que la pression descendait.
Il existe de nombreux canaux qui traversent le fond du RPV [16 cm d'épaisseur] pour insérer des barres de contrôle et des appareils de mesure. Le combustible en fusion est tombé au fond du RPV, et a pu fondre les appareils du fond. L'eau contaminée du réacteur3 a été trouvée contenir des matériaux radioactifs comme le technetium qui sont produits quand le combustible nucléaire est endommagé, indiquant que le combustible en fusion a pu descendre du RPV vers l'enceinte de confinement.
Dans sa conférence de presse, TEPCO s'est retenu de dire des choses définitives. « Nous n'avons pas appréhendé la situation à la centrale, et ne sommes pas capables de l'évaluer. »

L'assistant du premier ministre a dit qu'il n'y a pas eu de versement d'eau dans le réacteur 1 pendant 14 heures et 9 minutes, pendant 6 heures et 29 minutes pour le réacteur 2 et pendant 6 heures et 43 minutes pour le réacteur 3. Il a dit que « nous devrions être préparés à la possibilité d'une fusion complète du coeur du réacteur.
Haruki Madarame, chef de la commission de l'agence nucléaire a déclaré après la rencontre régulière du 16 mai : « Quand on a découvert que l'eau hautement contaminée venait du réacteur 2 fin mars, nous avons pris conscience que le réacteur était entré en fusion et avons avisé [le gouvernement]. Nous savions aussi que les réacteurs 1 et 3 étaient dans la même situation, voyant comment l'accident était arrivé.
Selon TEPCO, en se basant sur les enregistrements, les réacteurs 1, 2 et 3 se sont arrêtés automatiquement après le séisme, et il n'y avait aucun signe d'un dommage physique quelconque d'un réacteur. Les groupes électrogènes diesel fonctionnaient. TEPCO a conclu que tous les équipements fonctionnaient normalement après le séisme et qu'il n'y avait pas de dommage majeur pour la centrale jusqu'à ce que le tsunami la frappe.


Bon, cette dernière info est hautement questionnable. D'autres rapports disent que le système de refroidissement d'urgence s'est arrêté avant même le tsunami, et qu'un très haut niveau de radiation avait été détecté au bâtiment du réacteur dans la nuit du 11 mars, beaucoup trop élevé, sauf si le RPV et l'enceinte de confinement avaient été brisés par le séisme et non par le tsunami. (à ce sujet, j'en reparlerai plus tard)
Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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