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Par Myriam Berber

Les taux italiens ont atteint, cette semaine, un niveau critique. Les banques européennes, et notamment françaises, n’ont pas attendu la confirmation de ces menaces sur l'économie de la botte pour réduire leur exposition à la dette italienne.

Sans attendre la confirmation des risques, les banques européennes réduisent leur exposition à la dette italienne.

Sans attendre la confirmation des risques, les banques européennes réduisent leur exposition à la dette italienne.
Reuters / Alex Grimm

 

Fin juin, l’exposition des banques françaises aux dettes souveraines se montait à 60 milliards d’euros, dont 8 milliards en Grèce et 40 milliards en Italie. Depuis, les banques se sont désengagées des dettes souveraines des pays de la zone euro en difficulté. C’est ce qui ressort de leurs derniers résultats trimestriels publiés cette semaine.

Crédit Agricole a ainsi réduit de 27%, entre fin juin et fin octobre, son exposition aux dettes souveraines. Son exposition à la dette publique italienne est revenue en l’espace de quatre mois de 8,73 milliards d’euros à 6, 75 milliards. Même chose de la part de BNP Paribas qui s’est délestée de 8 milliards d'euros de dette italienne entre juin et octobre. La Société Générale a également annoncé avoir réduit de moitié ses engagements financiers en Italie.

Un rôle de prêteur pour la BCE

Mais ces opérations massives de ventes nourrissent, dans le même temps, la défiance envers les Etats fragilisés d’Europe du Sud. En vendant, les banques alimentent, en effet, une spirale dangereuse, incitant les autres grands créanciers (compagnies d’assurance, fonds d’investissement) à vendre. Elles contribuent ainsi au surenchérissement des coûts d’emprunt des Etats en difficulté. L’Italie emprunte désormais à un niveau record. Les taux à dix ans tournent autour de 7%, soit près de 5% de plus que l’Allemagne.

Le risque de contagion est tel que pour enrayer l’envolée des taux d’intérêts exigés de l’Italie, la Banque centrale européenne (BCE) s’est vue contrainte d’assumer le rôle de prêteur, ce qu’elle s’est jusqu’à présent refusée à faire. Ces derniers mois, la BCE a racheté près de 80 milliards d’euros d’obligations d’Etats, essentiellement de la dette italienne.

Les réformes budgétaires

Restent que ces rachats de la BCE n’ont pas rassuré les investisseurs qui s’inquiètent toujours d’un possible défaut de l’Italie. Mais pour bon nombre d’analystes, cette action de la BCE est loin d’être suffisante. Ils demandent donc au nouveau président de la BCE, l'Italien Mario Draghi, d’intervenir plus franchement en rachetant massivement de la dette italienne. Une dette qui dépasse aujourd’hui 1 900 milliards d'euros, ce qui en fait la quatrième plus importante au monde en volume et ses besoins de financement sont trop élevés pour que le Fonds européen de stabilité financière ou le Fonds monétaire international puissent renflouer seuls le pays.

Compte tenu de ces pressions, les Etats-Unis et l’Union européenne ont appelé Rome à accélérer les réformes budgétaires et structurelles. Parmi ces mesures, on trouve au chapitre des recettes, une hausse de la TVA et un impôt de solidarité pour les ménages les plus aisés. Côté dépenses, le gouvernement italien a décidé de réduire le nombre de fonctionnaires, de réformer la fiscalité et le système des retraites. L’âge de départ à la retraite sera progressivement retardé de 65 à 67 ans.

source: rfi.fr

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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