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#Italy #Vintage #Design

L'Italie s'attaque à son problème bancaire

L'Italie semble décidée à s'attaquer à ses difficultés. L'un des signes en est le nettoyage de printemps auquel se livrent les banques transalpines, qui cumulaient 160 milliards d'euros de créances douteuses en janvier. Comme sa compatriote UniCredit lundi, Monte dei Paschi di Siena, qui présentait ses résultats annuels hier, a choisi de faire la lumière sur son bilan en prévision de l'analyse de la qualité des actifs (asset quality review, ou AQR) que mènera cette année la Banque centrale européenne, quitte à dégrader ses comptes.
Monte Paschi a passé 1,21 milliard d'euros de provisions pour créances douteuses et litigieuses (CDL) au quatrième trimestre. C'est plus du double des provisions passées au trimestre précédent (511 millions). Ce montant porte le total des provisions comptabilisées en 2013 à 2,75 milliards d'euros. Cette décision a eu des conséquences pour la banque italienne: elle affiche une perte de 921 millions au dernier trimestre et 1,44 milliard pour l'ensemble de l'année. Les analystes anticipaient en moyenne 401 et 882 millions de déficit au dernier trimestre et en 2013.
Autre conséquence, les provisions ont entamé la solvabilité réglementaire de la banque. Son ratio de fonds propres durs core tier one (sous Bâle 2.5) est passé de 11,1% à 10% entre fin septembre 2013 et fin décembre. Tout comme UniCredit, dont le ratio de common equity tier one (sous Bâle 3) s'est dégradé de 47 points de base (pb), à 9,36%.
Les banques italiennes sont touchées par la récession qui frappe le pays depuis plus de cinq ans. Avant la publication de leurs résultats 2013, le secteur avait déjà déprécié ses créances douteuses de 76 milliards d'euros sous la pression de la Banque d'Italie. Celle-ci entend présenter une copie à peu près «propre» de son secteur bancaire lors des AQR. Avant la série de publication des comptes annuels, certaines estimations chiffraient les besoins de dépréciation supplémentaire aux montants déjà annoncés à 20-25 milliards d'euros. UniCredit en a passé à lui seul 9,3 milliards au quatrième trimestre 2013.
Les investisseurs ont salué ce nettoyage: UniCredit a progressé de 6,8% depuis la publication de ses comptes mardi et Monte Paschi de 4% hier. Les décisions communiquées mardi par Banca Popolare di Milano (changement de patron et nouveau plan stratégique) ont également été bien perçues par le marché (+4,7%). Les investisseurs voient dans le secteur un moyen de jouer le rétablissement économique du pays, qui souffre d'une contraction du crédit liée aux problèmes de ses banques.
Ce nettoyage sectoriel est concomitant d'évolutions politiques perçues favorablement par les marchés. Les députés italiens ont adopté hier la révision de la loi électorale renforçant la position de force du nouveau président du conseil Matteo Renzi. Ces changements, qui doivent encore être votés par le Sénat, sont censés favoriser la stabilité des gouvernements face au Parlement. Ils devraient donc faciliter la tâche de Matteo Renzi, qui a présenté dans la foulée un plan de 10 milliards d'euros de baisses d'impôts et de réforme du droit du travail.
Pour financer la réduction des ressources fiscales, Carlo Cottarelli, en charge de la revue des dépenses publiques, estimait hier réaliste d'économiser 3 milliards d'euros en 2014, entre 5 et 7 au cours des 12 prochains mois et 18 milliards au maximum d'ici à 2015.

 

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/03/13/matteo-renzi-fait-pleuvoir-des-milliards-sur-l-italie_4382019_3234.html  

 

https://www.youtube.com/watch?v=6uQJaQDO-Jk

 

Sources via Maître Confucius

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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