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l-anses-a-mis-en-cause-le-thiamethoxam-molecule-active-du-c.jpgLe nouveau gouvernement n’a pas tardé à interdire le pesticide Cruiser OSR du groupe suisse Syngenta. Accusé de tuer des abeilles, l’autorisation de mise sur le marché de ce produit devrait être retirée par le ministère de l’Agriculture.

Les écologistes et les apiculteurs ont salué la décision prise par le ministère de l’Agriculture "de retirer l'autorisation de mise sur le marché" du Cruiser OSR. Prise vendredi, celle-ci fait suite à un avis de l'Anses (l'agence sanitaire pour l'alimentation et l'environnement), sollicité par le prédécesseur de Stéphane Le Foll (l’actuel ministre de l'Agriculture), Bruno Le Maire. Générations Futures a toutefois jugé la décision du nouveau ministre "positive et hautement symbolique", en rupture avec celles de son prédécesseur.

L’Anses a mis en évidence l'impact néfaste sur les abeilles d'une des molécules actives du Cruiser, le thiaméthoxam. En effet, deux études récentes révélaient que ce principe actif entraînait des troubles du comportement qui affectait les abeilles de sorte qu’elles n’étaient plus en mesure de trouver leur chemin pour retourner à la ruche. Cet effet pourrait contribuer au déclin des colonies concernées, a précisé le ministre.

Pour le géant de l'agrochimie Syngenta, qui commercialise le Cruiser, l’étude sur laquelle se base l’Anses repose sur une "méthode non validée et très éloignée de la pratique". Un porte-parole de la société déclare "qu’il y a matière à discuter et nous allons revenir vers le ministère rapidement". En effet, le groupe dispose de 15 jours pour faire part de ses observations avant que l'interdiction définitive ne soit prononcée.

En attendant, les écologistes et les apiculteurs sautent de joie. "C'est super !", s’est exclamé Gérard Bapt, le député PS qui avait demandé cette interdiction. Les apiculteurs, "heureux", ont par ailleurs alerté sur l'urgence d'une interdiction effective, à quelques semaines du traitement des semences pour la prochaine récolte. "C'est enfin un pas dans la bonne direction", a souligné France nature environnement (FNE).

La lutte continue toutefois puisqu’il faut maintenant faire interdire l’utilisation de tous les types de Cruiser employés pour le maïs, les pois et les betteraves. "L'utilisation généralisée des insecticides en enrobage de semences représente un danger pour la biodiversité dans son ensemble", a estimé Claudine Joly de FNE.

Autre son de cloche chez les agriculteurs qui s’étonnent d'une décision "disproportionnée par rapport aux conclusions du rapport de l'Anses", comme l’a indiqué Gérard Tubery, président de la Fédération des producteurs d'oléagineux et de protéagineux. Selon lui, cette décision pénalise les Français par rapport à leurs concurrents européens.

Mais le ministère de l’agriculture a aussitôt rappelé que des alternatives existaient pour la protection du colza. "Si le retrait de l'autorisation est confirmé, les agriculteurs auront donc des solutions", a-t-il affirmé.

Le gouvernement français a, dans le même temps, saisi la Commission européenne sur le sujet, souligne 20minutes.fr.

 

Source: Maxisciences

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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