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Ontario - L'interdiction de la prostitution jugée inconstitutionnelle

© Shutterstock / Agence QMI

L'interdiction de la prostitution jugée inconstitutionnelle

Agence QMI
Emmanuel Delacour
26/03/2012 11h45 - Mise à jour 26/03/2012 19h22

 

 

 

MONTRÉAL – Une décision de la Cour d'appel de l'Ontario qui légalise certaines activités de prostitution a suscité des réactions mitigées chez les travailleuses du sexe de Montréal, lundi.

«C'est une immense victoire», s'est réjouie Émilie Laliberté, directrice de Stella, un groupe qui se porte à la défense des droits des prostituées.

Mme Laliberté affirme que la légalisation des maisons closes permettra d'assurer une meilleure sécurité pour les femmes qui y travailleront.

«Nous pourrons engager des réceptionnistes, des chauffeurs et des patrons en plus d'installer des systèmes de surveillance», a-t-elle expliqué.

Un enthousiasme qui n'est pas partagé par tous. «La loi n'était presque pas appliquée dans les maisons de débauche, mais cette décision de la Cour supérieure de l'Ontario rend légitime leur existence», a commenté Diane Matte, organisatrice communautaire de la CLES. Elle a dit craindre que ce jugement ouvre la porte à un développement effréné de l'industrie du sexe.

Selon Mme Matte, Montréal accueille déjà plus de 200 salons de massages érotiques et le nombre de ces établissements est en constante augmentation.

«Que ce soit dans la rue ou dans une maison close, la prostitution pose toujours un danger pour la sécurité des femmes», a-t-elle affirmé.

Le Conseil du statut de la femme, qui estime que la grande majorité des prostituées n'ont pas véritablement choisi de vendre leur corps au plus offrant, a également manifesté son insatisfaction lundi par voie de communiqué. Sa présidente, Julie Miville-Dechêne, a dit craindre que «la décriminalisation des maisons de débauche renforce l'exploitation des prostituées par leur proxénète et leurs clients».

 

S'attaquer au vrai problème

La CLES s'oppose à la fois à la légalisation de la prostitution et à la criminalisation des travailleuses du sexe. Selon cet organisme, la répression ne permet pas de «s'attaquer au vrai problème».

«Il faut plutôt viser l'achat des actes sexuels. C'est en éduquant la population et particulièrement les personnes qui sollicitent les services des prostituées et leur faire comprendre que ces pratiques sont inacceptables», a expliqué Mme Matte.

Selon le jugement de la Cour d'appel de l'Ontario, il est inconstitutionnel d'interdire les maisons de débauche et d'empêcher de vivre des fruits de la prostitution.

La sollicitation sur la rue demeure illégale. Elle a toutefois donné un an au gouvernement fédéral pour qu'il redéfinisse la loi qui rendra légales les maisons de débauche ou pour interjeter appel en Cour suprême du Canada.

L'Ontario a fait savoir qu'elle songeait très sérieusement à faire appel de cette décision, a indiqué le procureur général de la province John Gerretsen.

 

source via "incapable de se taire"

Et les pimps qui tatouaient des codes barres sur les pitounes pour montrer leur possession, vont devenir des hommes d'affaires. Des permis pour la criminalité.

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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