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Colis alimentaire du Secours populaire (Camille Vega/Secours populaire).
C'est un coup de massue sur l'aide alimentaire. Les associations, alarmées, font les comptes : si le Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) est bien amputé de 400 millions d'euros en 2012, impossible de continuer à distribuer les produits de base aux plus pauvres. Ils sont pourtant de plus en plus nombreux en France.
La justice européenne compte imposer une réduction de ce programme de 75% l'année prochaine pour le faire disparaître en 2013. Ces dernières années, les surplus agricoles, amoindris, ont dû être compensés par l'achat de nourriture financé par la PAC (politique agricole commune).




L'Allemagne a porté plainte : en avril, la Cour européenne de justice de Luxembourg a
estimé que ces transactions n'étaient pas compatibles avec la politique
agricole de l'UE. Une telle démarche relevant du domaine du social, pas
de l'agriculture.

 

« Certains comptent voler pour se nourrir »

Camille Vega, en service civique au sein du Secours populaire de l'Orne, avait alerté Rue89 le 5 septembre :

« Beaucoup des bénéficiaires nous expliquent qu'ils seraient dans l'incapacité de pouvoir acheter des produits laitiers ou de la viande.
En cas de suppression, certains disent qu'ils devront voler pour se nourrir. Ils sont persuadés d'assister à des émeutes de la faim. »
Un rayon du libre-service alimentaire du Secours populaire (Camille Vega).

La distribution alimentaire : des colis d'urgence

Au Secours populaire, plus de la moitié des colis garnis de pâtes, riz, boîtes de conserve ou steaks hachés surgelés proviennent du PEAD. Un programme qui fonctionne depuis 1987, dans le cadre de la PAC. Il s'agit en fait d'écouler le surplus alimentaire. Avec un principe : il est plus cher de stocker que de donner.
En France, la Croix-Rouge, les Restos du Cœur, les Banques alimentaires et le Secours populaire reçoivent ces denrées comme d'autres associations européennes. Elles remplissent chaque mois le colis de produits de base et le carton de produits frais distribués toute l'année aux bénéficiaires.
Camille Véga se désole :

« Si le PEAD est supprimé, nous ne pourrions compter que sur les partenariats privés (supermarchés, centrale d'achats…) qui représentent un apport très aléatoire : ne sont donnés que les invendus.
La distribution alimentaire du Secours populaire se résumerait alors qu'à des colis d'urgence ponctuels. »

Dernière chance avant le « tsunami alimentaire »

« Crise », « tsunami alimentaire » : les associations françaises ont donné l'alerte avant la réunion de la « dernière chance », lors du conseil des ministres de l'Agriculture ce 20 septembre. Dans une lettre commune, ils préviennent :

« Sans une réforme rapide, le PEAD est condamné. »

Les eurodéputés ont adopté en juillet une résolution pour que la Commission modifie le régime de distribution des denrées. L'enjeu est crucial : il s'agit de sauver l'assistance alimentaire de près de 13 millions d'Européens.
Pourtant, les ministres européens n'ont finalement pas réussi à se mettre d'accord mardi : la décision est reportée au mois d'octobre.

Source vu sur "au bout de la route"
Photos : colis alimentaire du Secours populaire ; un rayon du libre-service alimentaire du Secours populaire (Camille Vega).

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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