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Un tribunal indien a condamné huit hommes à la peine de mort pour le meurtre de trois personnes ayant "déshonoré" leur famille et leur communauté, il y a vingt ans. Un verdict "exemplaire" qui montre une volonté de lutter contre cette pratique encore fréquente en Inde.



Les crimes d'honneur sont encore fréquents en Inde malgré des sentences de plus en plus strictes pour leurs auteurs

Un juge a condamne huit personnes à la peine capitale et vingt autres à la réclusion à perpétuité lundi, a l’issu lors d’un procès qui s’est déroulé dans l’Etat d’Uttar Pradesh, pour le meurtre de trois personnes en 1991. Les accusés ont été reconnus coupable d’avoir brûlé vifs une fille de haute caste, le jeune dalit (caste des "intouchables"), avec qui elle entretenait une relation amoureuse et s’était enfuie de chez elle, ainsi que le cousin de ce dernier.

En mars 1991, Vijander et sa petite amie Roshni issue d’une famille de Jats, communauté de "haute caste" très soudée du nord de l’Inde, sont rentrés dans leur village de Mehrana après s’être enfuis, pensant que la colère de leurs famille s’était dissipée. Mais le conseil du village a ordonné leur meurtre ainsi que celui du cousin de Vijander, qui les avait aidés à quitter le village quelques jours auparavant. Les trois ont été tuées brutalement –brûlés, puis pendus- le 22 mars 1991.

La sentence maximale, réservée aux «plus rares des cas » en Inde, n’est pas habituellement délivrée par les juges pour punir les crimes dit "d’honneur en Inde. Ce verdict témoigne ainsi d’une volonté d’éradiquer cette pratique ancrée dans le système de caste qui continue largement de régir et diviser la société indienne.

20 ans après ce faits divers sordides, les « crimes d’honneur » restent en effet monnaie courante en Inde, dans les campagnes mais également dans les villes, où les modes de vies des Indiens évoluent rapidement. En 2010, une vague de crime d’honneur à New Delhi avait choqué l’Inde, rappelant que cette pratique n’était pas cantonnée aux zones rurales, et obligeant les autorités à agir.

En juin de la même année, le gouvernement indien avait proposé un décret d’urgence contre les crimes d’honneur, prévoyant entre autres de punir les personnes ayant participé au « diktat » donnant l’ordre de tuer quelqu’un, aussi bien que celles ayant commis le meurtre. La cour suprême indienne s’était par ailleurs prononcée en faveur de la peine de mort pour les auteurs de crimes de d’honneur, reprochant aux gouvernements régionaux de différents Etats indiens d’avoir "échoué" dans la protection des jeunes couples.

L’efficacité de telles mesures, reste toutefois peu prouvée et continue de se heurter aux traditions ancestrales qui encadrent strictement la vie familiale et les rapports intercommunautaires en Inde.

sopurce: inde.aujourduilemonde.com

Tag(s) : #ACTUALITES

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