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Mais oui, un de plus !!!
La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, hier lors de son audition par le comité sénatorial des relations extérieures.
La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, hier lors de son audition par le comité sénatorial des relations extérieures. Crédits photo : JASON REED/REUTERS

Sur le départ, la secrétaire d'État pointe la «boîte de Pandore» ouverte en Libye.

Hillary Clinton est sur le gril, sur la colline du Capitole. Vêtue d'un tailleur vert épinard et d'épaisses lunettes*, *concentrée, combative et semblant plus en forme que lors de la cérémonie d'investiture du président, elle est l'invitée du prestigieux comité sénatorial des relations extérieures pour une audition très attendue sur les événements survenus à Benghazi le 11 septembre dernier.

L'attaque terroriste menée par des militants islamistes contre le consulat américain de cette ville de Libye orientale avait vu l'ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains périr dans une ambiance chaotique, prenant de court l'Amérique et révélant les failles béantes du dispositif de sécurité entourant le bâtiment diplomatique. En pleine campagne électorale, un furieux débat s'était engagé sur les raisons pour lesquelles l'Administration avait mis plus de quinze jours à reconnaître le caractère terroriste et organisé de l'attaque, défendant au contraire la thèse d'une «manifestation spontanée». Les républicains avaient parlé, non sans raison, de black-out délibéré.

Parlant face aux caméras de CNN, qui retransmettent l'événement en direct, Hillary, qui a joué la transparence et pris «la responsabilité des échecs», dit être là pour éclairer la lanterne des sénateurs sur les «erreurs», et «les leçons» que le département d'État a décidé d'en tirer. Elle affirme que 85 % des 29 mesures de sécurité préconisées par la commission d'enquête indépendante qu'elle avait mise en place sont déjà en application. Dans l'ensemble, alors que Hillary Clinton s'apprête à quitter son poste au pic de sa popularité, les sénateurs sont polis et ne ménagent pas leurs louanges sur son travail diplomatique. Mais les questions des élus républicains sont sans ménagement.

«Les réponses que vous nous avez données aujourd'hui ne sont pas satisfaisantes», déclare le sénateur John McCain. Tandis que la secrétaire d'État explique qu'elle n'avait «pas eu connaissance» de requêtes concernant le renouvellement du mandat de sécurité de nombreux agents, qui ont été rejetées avant l'attaque, McCain met le doigt là où ça fait mal. Il demande si elle était au courant du câble diplomatique que l'ambassadeur Chris Stevens avait envoyé pour exprimer son inquiétude sur les risques croissants pour sa sécurité et réclamer un renforcement du dispositif à Benghazi. Il évoque sa propre visite en Libye, à l'été 2012, et les craintes confiées par Stevens, un ami. Hillary Clinton ne répond pas directement, se contentant de dire que son appréciation de la séquence des événements diffère de celle du sénateur.

«Désaccord profond»

McCain se dit aussi «en désaccord profond» sur l'action américaine après la chute de Kadhafi, estimant que Washington «n'a pas fourni l'assistance nécessaire au démantèlement des milices libyennes», alors que la secrétaire d'État vient d'affirmer le contraire. «Si nous voulons avancer et financer la sécurité, nous devons travailler ensemble», rétorque Hillary agacée, rappelant que les républicains de la Chambre ont bloqué les demandes d'aide bilatérale à la Libye. Dans l'ensemble, la ligne de défense de la secrétaire d'État est d'appeler à «regarder de l'avant». Son appel à «mieux évaluer les menaces», notamment en Afrique du Nord et de l'Ouest, est peut-être l'aspect le plus intéressant de ce déballage public des ratés du système.

Hillary parle de la «boîte de Pandore des armes» qui s'est ouverte en Libye avec la chute de Kadhafi, alimentant les groupes terroristes, du Mali à la Syrie. Elle insiste sur le danger d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). «Certains disent qu'Aqmi ne nous a pas attaqués», pour justifier un profil bas, «mais avant le 11 Septembre aussi, nous n'avions pas été attaqués et pas davantage avant Pearl Harbor», réplique-t-elle.

Il est beaucoup question du Mali et de l'Algérie, Hillary Clinton rappelant la nécessité de former des troupes africaines qui «aujourd'hui ne sont pas prêtes». Elle prend l'exemple de la Somalie - où les Américains rencontrent aujourd'hui des succès - comme le «modèle» de ce qu'il faut faire en Afrique occidentale. «Nous sommes face à un combat, mais un combat nécessaire, dit-elle à propos du Mali. Nous ne pouvons permettre que le Mali du Nord devienne un havre», pour terroristes. Des mots qui devraient faire chaud au cœur des Français, qui bataillent pour mobiliser les Occidentaux en appui de son opération militaire

source

 

*USA : Hillary Clinton pourrait devenir aveugle ?

 


Tag(s) : #USA

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