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Incroyable retournement de situation. Google et Copiepresse viennent enfin de trouver un accord, après cinq longues années de bras de fer juridique entre le géant du Net et la société représentant les droits d’auteur de la presse belge. Lesoir, La Libre Belgique, La Dernière Heure, Sudpresse, ou encore l'Avenir ont donc été réindexés hier soir sur Google, après avoir été désindexés vendredi dernier.

Lesoir Google
LeSoir et tous les autres sites de presse belges sont finalement réindexés

En guerre avec Google au sujet de sa division Actualités (News), accusée en 2006 par la presse belge de reprendre une partie de son contenu et de le monétiser, Copiepresse a donc finalement su trouver la solution après la réaction violente et rapide de Google il y a quatre jours.

Forcé par la justice belge de payer de lourdes pénalités financières quotidiennes pour cette affaire datant de 2006, Google ne devra « appliquer les pénalités ordonnées par la justice » annonce-t-il.

Mais pourquoi Google a supprimé l’intégralité des sites liés à Copiepresse de son moteur de recherche ? Tout simplement parce que le jugement impliquait des pénalités en cas de violation de la décision de la Cour d’appel de Bruxelles, et notamment la mise en cache des sites sur Google.be et Google.com. Or face à la complexité de la situation, Google a tout simplement supprimé tous ces sites de son index, évitant par conséquent n’importe quelle pénalité.

Google juge qu'il n'avait pas le choix

« Nous avons expliqué en détail notre position à Copiepresse lorsque le tribunal a rendu sa décision il y a quelques semaines. (…) En gagnant son procès, Copiepresse pouvait alors faire appliquer le jugement à tout moment. C’est ce qu’ils ont fait récemment. Par conséquent, nous nous sommes assurés de ne pas nous exposer à devoir payer des amendes de 25 000 euros par jour en cas d’infraction. »

Copiepresse s’est pourtant défendue, affirmant que seul Google Actualités posait problème (en 2006), et en aucun cas le moteur de recherche en lui-même. « Les discussions n’ont jamais concerné Google Search et nous n’avons jamais attaqué le référencement » a notamment expliqué Margaret Boribon, la secrétaire générale de Copiepresse.

Désindexer la presse belge : un problème d'organisation selon Lesoir

Mais si tel était le cas, Google n’avait donc aucune raison de désindexer Lesoir.be et les autres sites de presses belges. L’explication officieuse de la réaction de Google, selon Lesoir, serait de simples « divergences de point de vue au sein du groupe américain, une désorganisation dans la communication et une décision maladroite et disproportionnée ». Une explication qui laisse circonspect…


"Aucun problème avec Google"

Reste que le problème semble cette fois réglé. De manière définitive ? Pas nécessairement. En effet, selon Philippe Laloux, digital media manager chez Lesoir.be, s’ils n’ont « aucun problème avec Google », le débat juridique entre Copiepresse et Google n’est toujours pas clos.

Même s’il est lié au fonctionnement de Google Actualités en 2006 et non aujourd’hui, le problème n’a toujours pas été réglé financièrement. L’affaire n’est donc pas forcément classée.

Désindexer la presse belge : un préjudice financier...

Pire encore, toujours selon Philippe Laloux, la désindexation des sites de presse pendant plusieurs jours pourrait être vue comme un préjudice financier. De quoi repartir pour un tour…

Laloux avoue néanmoins que Google est particulièrement pour les sites de presse belge. Concernant Lesoir, la désindexation vendredi dernier a en tout cas eu un « impact direct sur le trafic ». Plus précisément, « 1 internaute sur 5 arrive via Google », et la moitié d’entre eux arrive en tapant le nom du site.

Cette histoire répond en tout cas à notre question publiée vendredi : Google peut se passer de la presse belge, mais est-ce réciproque ? La réponse coule de source.
Rédigée par Nil Sanyas le mardi 19 juillet 2011 à 06h06
Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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