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Le quatrième trimestre 2011 marque la fin des deux paradigmes-clés du monde d'avant la crise

La fusion implosive du quatrième trimestre va ainsi directement résulter de la rencontre entre deux nouvelles réalités qui contredisent deux conditions fondamentales d'existence du monde d'avant la crise :

. l'une, née en Europe, consiste à rejeter désormais l'idée que les opérateurs financiers privés, dont Wall Street et la City sont l'incarnation par excellence, ne sont pas pleinement responsables des risques qu'ils prennent. Or, depuis plusieurs décennies, c'était l'idée dominante qui a alimenté le formidable développement de l'économie financière : « Pile je gagne, face tu me renfloues ». L'existence même des grandes banques et assurances occidentales est devenue intrinsèquement liée à cette certitude. Les bilans des grands acteurs de Wall Street et de la City (et de nombreuses grandes banques de l'Euroland et du Japon) sont incapables de résister à ce formidable changement de paradigme .
   




. l'autre, générée aux Etats-Unis, est la fin avérée du moteur US de la croissance mondiale sur fond de paralysie politique complète du pays qui de facto va terminer l'année 2011 comme la Grèce a terminé l'année 2009 : le monde découvre peu-à-peu que le pays a une dette qu'il n'est plus capable d'assumer, que ses créanciers ne veulent plus prêter et que son économie est incapable de faire face à une austérité significative sans plonger dans une profonde dépression ). D'une certaine manière, l'analogie peut aller plus loin : tout comme l'UE et les banques, de 1982 à 2009, ont prêté à la Grèce sans compter … et sans lui demander sérieusement des comptes, sur la même période, le monde a prêté sans compter aux Etats-Unis en croyant sur parole ses dirigeants quant à l'état de l'économie et des finances du pays. Et dans les deux cas, l'argent a été gaspillé dans des booms immobiliers sans avenir, dans des politiques de clientélisme dispendieuses (aux Etats-Unis, le clientélisme, c'est Wall Street, l'industrie pétrolière, les opérateurs de santé), dans des dépenses militaires improductives. Et dans les deux cas, tout le monde découvre qu’on ne peut pas en quelques trimestres réparer des décennies d’inconscience.




Le « perfect storm » politico-financier US de Novembre 2011

Ainsi, en Novembre 2011 les Etats-Unis se préparent un « perfect storm » politico-financier qui fera ressembler les problèmes de l’été à une légère brise de mer. Les six éléments de la future crise sont déjà réunis :

. le « supercomité » chargé de décider des coupes budgétaires pour lesquels il n’y a eu aucun accord cet été s’avèrera incapable de résoudre les tensions entre les deux partis

. l’automatisme des coupes budgétaires censé se mettre en place faute d’accord entraînera une crise politique majeure à Washington et des tensions croissantes notamment avec les militaires et les bénéficiaires des aides sociales. Dans le même temps, cet « automatisme » (une véritable abdication du pouvoir décisionnel par le Congrès et la Présidence des Etats-Unis) génèrera des troubles majeurs dans le fonctionnement de l’appareil d’Etat.

. les autres grandes agences de notation rejoindront S&P dans la dégradation de la note US et la diversification hors des Bons du Trésor US s’accélèrera, sachant que les Etats-Unis dépendent désormais essentiellement de financements à court terme .

. l’incapacité de la Fed à faire autre chose que parler et à manipuler les bourses ou les prix de l’essence aux Etats-Unis ), rend désormais impossible tout « sauvetage » de dernière minute

. au cours des trois mois à venir, le déficit public US va s’accroître considérablement car les revenus fiscaux sont actuellement déjà en train de s’effondrer sous l’effet de la rechute en récession ). Autant dire que le plafond d’endettement accru voté il y a quelques semaines sera atteint largement avant les élections de Novembre 2012 … et c’est une information qui va se répandre comme une traînée de poudre dès le quatrième trimestre 2011 … renforçant toutes les craintes des investisseurs de voir les Etats-Unis suivre l’exemple de l’Euroland pour la Grèce et obliger leurs créanciers à assumer de lourdes pertes

. le nouveau plan de Barack Obama en matière de lutte contre le chômage n’aura aucun effet significatif. D’une part, il n’est pas à la hauteur du défi et ne peut pas de ce fait mobiliser les énergies du pays ; et d’autre part, il va être taillé en pièces par les Républicains qui ne conserveront que les réductions d’impôts … dont le seul résultat sera d’accroître encore plus l’endettement du pays .


Source vu sur "au bout de la route"

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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