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Fukushima : L’océan Pacifique miraculeusement sauvé de la catastrophe selon « le Figaro » ! - Réseau "Sortir du nucléaire" | FUKUSHIMA INFORMATIONS | Scoop.it

 

Suite à la catastrophe de Fukushima survenue le 11 mars 2011, en s’appuyant sur une étude du PNAS, le Figaro du 3 avril 2012 affirme que « les rejets radioactifs ont été presque miraculeusement dilués grâce aux très puissants courants du Kuroshio qui longent la côte du Tohoku, la région où la centrale avait été construite ». Le rédacteur du Figaro fait appel, pour sa démonstration, à Pascal Bailly du Bois, de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) (1).

Les propos rassurants reposent sur deux éléments essentiels :


- Malgré des rejets énormes de radioactivité dans la mer, la dilution a été tellement parfaite que l’on peut établir, par une simple règle de trois, l’activité de l’Océan pacifique et affirmer qu’elle a été multipliée par « seulement » trois,
- « les poissons marins », hormis ceux proches de la centrale au moment de la catastrophe, sont consommables par l’homme.



Voyons plus précisément la théorie développée dans la dépêche du Figaro :

- Pour ce qui est de la dilution tout d’abord : le terme choisi pour la qualifier est "miracle" : hélas le miracle pour la faune et la flore s’arrête à la porte de la rédaction du Figaro. Rien en effet n’est évoqué sur les phénomènes de bio-accumulation, sur les phénomènes bien connus de contamination en tâches de léopard. Rien non plus sur le fait, énoncé en 1990 par l’académie américaine des Sciences à travers une étude BEIRV (2), que toute dose de radioactivité - aussi faible soit-elle - peut avoir un impact délétère sur les organismes vivants.
- Rien sur les plus de mille radioélément de densités, de radiotoxicité, de périodes de vie... tout à fait différents émis de façon continue dans l’environnement marin terrestre et atmosphérique depuis le 11 mars 2011. 

- Rien enfin sur le fait qu’il est devenu impossible de consommer tranquillement des fruits de mer ou des poissons pêchés dans l’océan pacifique sans l’utilisation de matériel de mesure de radioactivité sophistiqué et onéreux. L’absorption de cette nourriture contaminée participera à la contamination interne de la population japonaise et mondiale.(3)

Une question reste en suspens : pourquoi a-t-il fallu attendre 10 mois pour voir produites les mesures effectuées dans l’océan Pacifique ?



Dans sa conclusion, l’auteur tente d’effacer la menace que représenterait le nucléaire civil sous nos contrées à travers l’évocation du tsunami réservé aux Japonais : hélas les pertes de refroidissement, de sources électriques etc. ont déjà provoqué plus de soixante accidents de criticité à travers le monde et les nouveaux accidents relèvent toujours d’éléments non encore conceptualisés.



Toutes les populations de tous les pays au monde - même les lecteurs du Figaro - ont mesuré l’échec d’une des plus grande puissance au monde - le Japon - à éviter une catastrophe majeure. 

Devant l’incapacité technique et financière mondiale à faire face à cette catastrophe japonaise, la France reste un acteur majeur de la désinformation comme elle le fût déjà pour Tchernobyl il y a un quart de siècle.

Mais l’IRSN est loin d’être le seul organisme de France à étouffer la vérité sur les questions nucléaires. 
Nous trouvons les Académies des Sciences et de Médecine qui produisent des rapports minimisant les retombées de Fukushima : alors que la réglementation européenne limite l’exposition des populations à la radioactivité artificielle à 1 millisievert (mSv) ces académies ont adopté un texte qui stipule "... les études épidémiologiques disponibles ne décèlent aucun effet pour des doses inférieures à 100 mSv, soit qu’il n’en existe pas, soit que la puissance statistique des enquêtes ait été insuffisante pour les détecter."(4) 
Nous n’oublierons pas dans ce panel la peu célèbre mais néanmoins omniprésente et puissante Société Française Pour l’Énergie Nucléaire (Sfen) dont l’objectif est d’influencer en profondeur, depuis des décennies, toute la société française des écoles aux facultés en passant par les milieux ecclésiastiques...(5).

Dans ce contexte d’intérêts particuliers prévalant sur l’intérêt général, la vérité sera difficile à approcher, comme elle le fût toujours sur les questions atomiques. De nombreux chercheurs et scientifiques indépendants continuent cependant de réaliser des études qui ne peuvent plus être occultées. A chacun de nous de diffuser leurs travaux afin que la fin du nucléaire civil et militaire devienne des objectifs que s’approprient les décideurs du monde entier.

Marc Saint Aroman, administrateur du Réseau "Sortir du nucléaire"

Notes :

(1) D’ou vient l’IRSN ? l’Institut est né de la fusion de l’OPRI, "médecin du nucléaire" avec l’IPSN "technicien du nucléaire". L’OPRI lui même est un simple changement d’appellation du Scpri qui se rendit célèbre par ses mensonges lors du passage du nuage contaminé en radioéléments sur la France en avril 1986. Son image fût tellement dégradée par son mensonge permanent sur les contaminations liées à Tchernobyl qu’il fût renommé Opri. Pour ce qui est de l’IPSN, il produisait, lors du naufrage tristement célèbre sous-marin Russe Koursk, un document qui établissait le niveau de contamination de la mer de Barentz en faisant un règle de trois qui divisait le volume de la mer par le nombre de becquerels contenus dans les réacteurs du sous-marin. Nous retrouvons aujourd’hui cette même démarche à travers la phrase « Fukushima a triplé le bruit de fond à l’échelle de tout l’océan Pacifique ».


Dans les nombreux faits d’armes de l’IRSN on retrouve le démontage (6) :

- du travail de JF Viel qui montrait un excès de leucémies infantiles autour de La Hague,

- de l’étude allemande montrant un excès de leucémies infantiles autour des centrales nucléaires allemandes,

- en janvier dernier de l’étude montrant un excès de leucémies infantile autour des centrales nucléaires françaises.

La méthode utilisée par l’IRSN est constante et se résume essentiellement en deux points :

- Les expositions aux rayonnements sont tellement faibles qu’elles ne peuvent pas expliquer l’excès de leucémies et de cancers constaté,

- le brassage des populations autour des sites nucléaires est très probablement à l’origine de l’excès de cancers.

Dans tous les cas, pour l’IRSN, il faut réaliser de nouvelles longues études qui devraient permettre d’en savoir plus : pendant ce temps, la multiplication des leucémies et cancers infantiles autour des installations nucléaires se poursuit...et la contamination mortifère de la faune et de la flore marine à partir de Fukushima se propage irréversiblement.

(2) Source : La Recherche n° 219 Mars 1990

(3)Présentation du document de l’IRSN Note de L’IRSN rédigée le 4 avril 2011 sur l’impact sur le milieu marin des rejets radioactifs consécutifs à l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi

(4) "Pourquoi l’accident de Fukushima ne fera pas de victime hors de la centrale" 19 mars 2011 
http://www.energie-gouv.fr/spip.php?article41

(5)Présentation des documents de la SFEN Ce compte rendu d’assemblée générale de la Société Française d’Energie Nucléaire qui s’est tenue en 1980 a été récupéré par les Amis de la Terre. Le document montre comment la Sfen, depuis sa création, travaille à faire entrer une position strictement pronucléaire dans tous les rouages de la société française.

(6) 2012 - Centrales nucléaires et leucémies infantiles -Un dossier d’actualité du Réseau "Sortir du nucléaire" http://groupes.sortirdunucleaire.org/Les-centrales-nucleaires

PDF - 1.3 Mo
Note de l’IRSN sur la contamination marine
PDF - 1.2 Mo
Compte rendu d’AG de la SFEN - 1980
Tag(s) : #VIE QUOTIDIENNE

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