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EXCLUSIF - Le Figaro a pu consulter les dernières informations transmises au ministère de l'Intérieur par la SDIG de Rennes, qui prévoit des actions très dures en Bretagne.

La fronde bretonne vue par les ex-RG prend des allures de jacquerie généralisée. Le Figaro a eu connaissance des derniers éléments de synthèse alarmants envoyés par la sous-direction de l'information générale (SDIG) de Rennes au ministère de l'Intérieur et dont Matignon aurait, selon nos informations, reçu copie.

Pour les «grandes oreilles», la colère des Bretons contre l'écotaxe, sur fond de crise des filières agricoles et agroalimentaires, serait attisée notamment par deux groupes identitaires, l'un d'extrême gauche, en marge du mouvement Breizhsistance, l'autre d'extrême droite, sous la bannière de Jeune Bretagne.

Ce dernier groupe, qui ne compte guère plus de «30 personnes», assure la police, est rattaché à l'Adsav (le parti du Peuple breton), qui se fixe pour objectif «la création d'un État indépendant breton». Ses militants ont ouvert une page Facebook intitulée «Révolte bretonne». Elle compte déjà 4000 sympathisants. Autant de fils à tirer pour les hommes du renseignement qui retracent les connexions entre les uns et les autres…

«L'impulsion du mouvement est locale. Le Front national observe, mais n'a pas prise en Bretagne, où il ne réalise jamais de gros scores», confie un officier de police. Il n'empêche que le site Internet de Jeune Bretagne a laissé en évidence sur sa page d'accueil un appel à venir assister à la conférence en septembre dernier d'un ancien cacique du FN, Jean-Yves Le Gallou, à l'occasion de la publication de son livre sur La Tyrannie médiatique.

Il n'y a pas que les partis ultras. Outre «les syndicats traditionnels, comme la FNSEA, mais aussi les organisations représentatives des secteurs du transport, du BTP et de l'agroalimentaire, la population commence à adhérer au mouvement», constatent les ex-RG.

L'un des foyers les plus vivaces est la ville de Carhaix, qui anima, il y a cinq ans déjà, un combat très dur pour le maintien de sa maternité. Son maire, Christian Troadec, est la bête noire des autorités régaliennes sur place. Très apprécié par les anticapitalistes du NPA, et résolument impliqué dans le mouvement breton, cet électron libre de la gauche alternative appelle ouvertement les «salariés de l'agroalimentaire, agriculteurs, marins, élus, syndicats, commerçants, artisans, transporteurs, toutes les populations touchées d'une manière ou d'une autre par la crise, (…) à se rassembler pour dire non au déclin de la Bretagne» et par la même occasion à l'écotaxe.

«Jusqu'alors, estiment les analystes du SDIG, les syndicats se sont toujours refusés à réunir agriculteurs et pêcheurs, tant le cocktail peut se révéler explosif.» Or, s'inquiètent-ils, des représentants de deux corporations se sont entendus «le week-end dernier» pour agir de front.

Chacun se prépare donc pour le grand jour, le 2 novembre prochain, avec une nouvelle manifestation à Quimper. Les «bonnets rouges» et leur symbolique antijacobine, en souvenir de la révolte des Bretons de 1675 contre une nouvelle taxe, sont attendus en nombre, la police craignant violences et débordements.

La SDIG de Rennes a prévenu Paris que le mouvement pourrait faire tache d'huile dans des régions de France à forte identité, «l'Alsace, le Pays basque et même la région niçoise», où quelques irréductibles s'interrogeraient sur la façon de passer à l'action. Ils auraient pris des contacts entre eux.

Pour la Bretagne, les ex-RG retiennent que «les mouvements identitaires ont lancé un appel à tous les Bretons pour qu'ils accrochent à leurs fenêtres le drapeau breton Gwenn ha Du, jusqu'au 11 novembre prochain». Ce jour-là, en signe de protestation contre l'État centralisé, les plus déterminés sont invités à perturber les commémorations de l'armistice.

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Tag(s) : #ACTUALITES

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