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Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll,présente son plan pour l'apiculture française, le 8 février 2013, au Grand-Luce dans la Sarthe © AFP Jean-Francois Monier

The Busy Bee


11/02/2013 9:33 am

LE GRAND-LUCE (Sarthe) - (AFP) - Le gouvernement a lancé vendredi un plan sur trois ans pour redynamiser l'apiculture française ne prévoyant aucune nouvelle interdiction de pesticide, au grand dam des apiculteurs qui estiment que "sans abeille, pas de miel".

C'est chez un couple d'apiculteurs de son fief de la Sarthe que le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a dévoilé les grandes lignes de ce "plan pour le développement durable de l'apiculture" destiné à "faire de la France l'un des grands pays apicoles de l'Union européenne".


Le miel. L'or liquide de la Provence...

 

Son constat: la filière manque cruellement de bras et d'ailes puisque plus de 50% du miel consommé en France est importé. Et elle n'est pas suffisamment structurée: plus de 90% des apiculteurs ont moins de 30 ruches et seuls 1.600 (4%) sont "professionnels".


Pour y remédier, le ministre veut créer une spécialité "apiculture" dans les BAC pro et BTS. L'objectif: 200 à 300 installations par an, a-t-il détaillé.

Son plan, doté de 40 millions d'euros sur trois ans, ne prévoit cependant aucune nouvelle interdiction de pesticide. En juin, M. Le Foll avait interdit le Cruiser OSR sur le colza.

Pour améliorer "la préservation de la population d'abeilles", le ministre prévoit de créer un observatoire des résidus de pesticides dans l'alimentaion de l'abeille et d'"organiser rationnellement la lutte" contre le frelon asiatique, grand prédateur d'abeilles classé comme "nuisible" en 2012.

"Ce plan va dans le bon sens" et jamais aucun plan apiculture n'a dégagé autant de moyens, commente Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), qui dit représenter 700 apiculteurs professionnels et 40% des apiculteurs. Mais "2013 sera une année avec pesticides et nous sommes déçus", ajoute-t-il.

"On n'arrive pas à maintenir nos cheptels. L'abeille quitte la ruche, ne revient pas, elle meurt. Alors, ça sert à rien de donner des subventions de soutien au cheptel, la question est politique et environnementale", s'agace Gaëlle Brossier, secrétaire générale de la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP), qui représente environ 150 professionnels.

Une quinzaine d'entre eux, remontés contre le ministre, l'attendaient vendredi à l'entrée de l'exploitation vendredi avec des pancartes "zéro néonic et l'abeille vivra", en référence aux néonocotinoïdes accusés d'être dangereux pour les abeilles.

"Ca fait quatre ans que je suis installée, j'ai 350 ruches et j'en ai perdu 40. Pour s'en sortir, il faut élever en forêt car dans les champs c'est plus possible", s'inquiète Gaëlle Grossier.

Stéphane Le Foll se dit conscient du problème. Mais plutôt que de prendre des décisions en France, il plaide que "le mieux est de les prendre à l'échelle européenne" pour éviter de mettre les agriculteurs français en situation de "concurrence déloyale".

La Commission européenne a proposé la semaine dernière d'interdire pendant deux ans l'utilisation de certains pesticides sur quatre types de cultures (maïs, colza, tournesol et coton).

"La France soutiendra la position de la Commission", a assuré le ministre, avec l'espoir qu'elle soit adoptée à l'échelle européenne pour l'été.

Mais "il faut aussi qu'on se donne le temps de régler l'ensemble des autres problèmes. Est-ce que ça a un impact ou pas sur les productions de céréales ? (...) Quelles sont les alternatives ?", a-t-il demandé.

Pour l'Union des industries de la protection des plantes (IUPP, pesticides), "la réussite d'un tel plan ne passera que par un travail collectif et multi-partenarial, basé sur le respect et la compréhension de tous les acteurs impliqués".

source

 


honey

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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