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« J’ai ce privilège de choisir. Mais je n’interviens pas à moins de 300 €», explique Caroline. Photo Patrice BARRÈRE

 

« J’ai ce privilège de choisir. Mais je n’interviens pas à moins de 300 €», explique Caroline. Photo

 

 

Le site internet « Seeking arrangement » met en relation des hommes fortunés avec des étudiantes qui ont du mal à boucler les fins de mois. Générosité ou prostitution déguisée ? Une adhérente témoigne.

 

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Elle a annulé deux rendez-vous. Au troisième, elle arrive en retard. Caroline, 24 ans, s’est fait désirer… Elle porte une veste en cuir noir bien coupée et un sac Louis Vuitton. Chic. La jeune étudiante en dernière année de management international dans une université parisienne est souriante, détendue… Naturellement, très sûre d’elle, elle commence à parler de son expérience sur le site « Seeking arrangement » : « Il y a cinq ans, je suis partie de chez mes parents. Je n’avais pas d’argent pour financer mes études. Une amie de Los Angeles m’a parlé de ce site de rencontres. Je trouvais très surprenant que des hommes payent pour qu’on les accompagne au restaurant ».

« Seeking arrangement » annonce « mettre en relation de riches bienfaiteurs avec des étudiantes qui ont du mal à joindre les deux bouts pour financer leurs études ». Selon le site, 7 490 jeunes filles françaises bénéficieraient de cette « généreuse » aide. Les « sugar daddies », ces « papys gâteaux » en français, seraient des « mentors », des « sponsors », « respectueux » et « généreux ». Mais alors pourquoi, dans les conditions d’utilisation du site, préciser qu’il est interdit « à qui que ce soit de faire la promotion d’activités illégales comme la prostitution » et de demander aux escort-girls de ne pas utiliser le service ?

Le premier « sugar daddy » que rencontre Caroline est un avocat américain en voyage d’affaires. Il lui laisse 600 € après une sortie dans un grand restaurant parisien. « Je n’ai pas couché », précise-t-elle immédiatement. « Les hommes qui adhèrent à Seeking sont plutôt fortunés. S’ils voulaient s’attacher les services de prostituées, ils pourraient se mettre en relation avec des sociétés d’escort-girls qui proposent d’ailleurs des tarifs inférieurs aux miens », déclare calmement Caroline.

3 000 euros par mois

Aujourd’hui, la jeune étudiante parisienne annonce gagner environ 3 000 € par mois. « Je reçois une vingtaine de sollicitations. Je peux me permettre de sélectionner. J’ai ce privilège de choisir. Mais je n’interviens pas à moins de 300 € ». Elle revendique aussi « maîtriser les relations » qu’elle accepte. « Il ne faut surtout pas leur montrer qu’ils ont le pouvoir parce qu’ils ont l’argent. C’est sûr, je suis jolie, ils vont toujours essayer de voir jusqu’où ils peuvent aller. Mais c’est vrai, parfois, pour les remercier ou pour me faire plaisir, j’accepte d’aller plus loin », avoue-t-elle au bout d’une heure de discussion.

Au cours de l’interview, elle concédera ne pas avoir « la vie d’une fille normale », elle avoue que sa mère se pose des questions sur l’absence de petit copain dans sa vie et que ses amis de faculté s’interrogent sur son train de vie. Caroline est plutôt « fière » de marcher en Louboutin, d’appeler ses amis sur le dernier iPhone et de résider dans « un studio sympa ». Et promis, à la fin de ses études, elle arrêtera : « Ce ne sera plus qu’un souvenir de jeunesse ».

Pas de prise juridique

« Seeking arrangement profite de la misère économique d’étudiantes. Ce site enveloppe dans un beau papier-cadeau une violence faite aux femmes », proteste Anne-Cécile Mailfert, porte-parole de l’association « Osez le féminisme ». « Comment peut-on parler des ’’Sugar daddies’’ comme de ’’gentlemen modernes’’? Ils sont au contraire archaïques. Nous sommes en plein dans la caricature du vieux monsieur âgé et fortuné et de la jeune femme séductrice et ambitieuse. C’est clairement de la prostitution », insiste-t-elle.

Comment vérifier ? Légalement, Seeking ne risque pas grand-chose. Présenté comme un site de rencontres, il n’évoque à aucun moment des relations sexuelles tarifées. « À l’occasion du vote de la loi sur la pénalisation de l’achat d’actes sexuels, nous espérons que les parlementaires aborderont les sites internet », conclut Anne-Cécile Mailfert. Saisis par des associations ou le ministère des Droits des femmes, des juristes n’ont pas trouvé de solution du moment que les personnes sont majeures et que les annonces de rencontres sont parfaitement légales.

 

source via Maître Confucius

Tag(s) : #ACTUALITES

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