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La garantie jeunes est un dispositif d'accompagnement renforcé vers l'emploi avec une allocation d'un montant équivalent au RSA.

 

1...sans formation ni expérience ni travail,  ce dispositif ne résout rien

2...c'est une manière d'acheter la paix sociale notamment dans les banlieues

2...comment les motiver à chercher un travail ou accepter le futur SMIC à 500€ s'ils peuvent avoir l'équivalent sans effort?

3...que se passera-t-il lorsque la troika imposera le travail obligatoire en contrepartie ?

4...ce système ne va-t-il pas créer de fait une inégalité avec ceux qui se lèvent tôt pour la même somme, de type 500€ RSA jeune + 500€ au black ?

 

VOTRE AVIS ?


L'État table sur 100.000 bénéficiaires de la garantie jeunes en 2017

 

Cette allocation pour les 18-25 ans en grande précarité est expérimentée depuis un an. Matignon veut la généraliser sans attendre l'évaluation. Il en coûtera 400 millions d'euros.

 

Le système social est tellement foisonnant en France que des dispositifs touchant des centaines de milliers de personnes restent inconnus du grand public. C'est le cas de la garantie jeunes, une aide destinée aux 18-25 ans en grande difficulté qui, du fait de leurs problèmes de famille, de santé, ou à cause de leur passé judiciaire, ne peuvent entrer en contrat aidé, ni a fortiori en apprentissage ou en emploi classique. En échange d'une allocation de 434 euros par mois - un peu moins que le RSA -, ces jeunes s'engagent dans un parcours de formation et d'immersion en entreprises.

Annoncée dans le cadre du plan pauvreté de décembre 2012, la garantie jeunes est expérimentée depuis un an dans dix territoires. Mais, sans attendre l'étude d'évaluation (attendue pour décembre) ni même la fin de la phase de test (trois ans), Manuel Valls a décidé en juillet de généraliser le dispositif. Le nombre de bénéficiaires passera de 10.000 cette année à 50.000 en 2015, puis à 100.000 en 2017. De quoi surpasser les contrats aidés dans le secteur marchand (80.000 en 2015). Ce programme, en partie subventionné par l'Union européenne, coûtera 133 millions à l'État en 2015 et 400 millions à terme. Soit trois fois moins que les emplois d'avenir.

D'aucuns considèrent que ce budget aurait pu être mieux utilisé. «100.000 bénéficiaires, cela me paraît beaucoup. Il aurait fallu évaluer la garantie jeunes avant de la généraliser et faire le tri dans les dispositifs précédents», regrette la députée UMP Isabelle Le Callennec. D'autant que ce nouveau dispositif fait débat. La garantie jeunes procure à son bénéficiaire une allocation mensuelle, alors que les outils traditionnels de soutien aux jeunes éloignés de l'emploi fonctionnent avec des aides non automatiques et moins élevées. «Cette allocation est nécessaire pour stabiliser ces jeunes dans la durée. Elle leur permet de surmonter les freins périphériques à l'emploi que sont les problèmes de logement, de permis de conduire, d'habillement», se justifie le ministère du Travail, qui réfute aussi l'argument de l'assistanat et la comparaison avec le RSA jeunes, au motif que le dispositif fonctionne sur le donnant-donnant. Le jeune signe un contrat avec le service public de l'emploi, d'une durée d'un an, renouvelable. Il s'engage à déclarer ses revenus chaque mois, à venir aux rendez-vous, à rechercher un emploi et à accepter les formations et les stages ou postes en entreprise proposés. S'il manque à ses obligations, son allocation est suspendue, puis supprimée.

«Sur les 181 jeunes suivis, 3 ont été sortis du dispositif pour absentéisme ou absence de recherche», témoigne une directrice de mission locale en région. «Nous effectuons jusqu'à trois suspensions par mois. Cela en remobilise certains, qui redeviennent actifs», abonde Arthur Frattini, de la mission de Bondy (Seine-Saint-Denis), où 90 jeunes sont suivis. Au niveau national, 4,4 % des contrats de garantie jeunes ont été rompus cette année, dont 60 % à l'initiative des services de l'emploi et… 40 % à celle des jeunes.

Des jeunes autonomes

Reste la question de l'efficacité du dispositif.«Comme ils sont très accompagnés, avec un rendez-vous par semaine, les jeunes arrivent plus rapidement à être autonomes dans leurs recherches. Ils s'entraident aussi beaucoup», démine un cadre du dispositif. Mais les résultats de retour à l'emploi restent légers, comme avec les dispositifs précédents: seuls 28 % des jeunes sortis en 2010 du Civis (contrat d'insertion dans la vie sociale), un outil d'aide à l'insertion similaire, ont trouvé un CDI ou un CDD de plus de six mois. «Sur 181 jeunes, 6 sont entrés en apprentissage, 18 en formation, 67 ont eu des contrats de travail. Mais les seuls postes durables décrochés sont des emplois d'avenir», précise la directrice de mission locale. «Sur les 35 jeunes de mon portefeuille, 4 ont décroché un CDI chez McDonald's, et 2 y sont restés», renchérit Arthur Frattini. La crise est pour beaucoup dans ces difficultés ; le profil des bénéficiaires également. Il n'empêche, la France n'a toujours pas trouvé le remède définitif pour réinsérer les jeunes sortis sans diplôme du système scolaire.

 

source via Maître Confucius

Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

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