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Par Frédéric De Monicault http://www.lefigaro.fr/economie/

 

L'arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires allemands impacte sensiblement la capacité d'importation vers la France. Le risque d'un black-out est «modéré», selon EDF.

La France manquera-t-elle d'électricité cet hiver? Neuf mois après la décision de l'Allemagne de sortir progressivement du nucléaire huit réacteurs sur dix-sept seront arrêtés avant la fin de l'année-, la question de l'alimentation de l'Hexagone préoccupe le gouvernement. Hier, à l'occasion de la remise du rapport de Réseau de transport d'électricité (RTE) sur le passage de l'hiver, le ministre de l'Industrie, Éric Besson, a fait part de sa «vigilance».

Les pouvoirs publics s'appuient sur les calculs de la filiale d'EDF en charge des réseaux haute et très haute tension. Sur les neuf premiers mois de l'année, les exportations françaises d'électricité vers l'Allemagne ont augmenté de 11% par rapport à 2010, tandis que les importations ont chuté de 50%. «Notre solde est exportateur de plus de 3000 gigawattheures (GWh) alors qu'il était importateur l'an dernier d'autant», souligne Éric Besson.

Dans ces conditions, en cas de climat rigoureux, la France sera exposée à une perte de capacité d'importation depuis l'Allemagne, pouvant atteindre jusqu'à 2000 mégawatts (MW). Comme le rappelle RTE, une vague de froid persistante, illustrée par des températures comprises entre 6°C et 8°C en dessous des normales saisonnières, induirait une augmentation importante de la consommation.

Pour l'hiver 2011-2012, les experts estiment qu'un repli de 1°C de la température moyenne entraînerait une augmentation de la consommation d'électricité de l'ordre de 2300 MW à la pointe de cette consommation, en début de soirée. À titre indicatif, le 15 décembre 2010, un pic a été enregistré à près de 96.700 MW.

La Belgique contribuera à sécuriser le déficit français

«Dans un scénario de froid persistant, l'analyse montre que les niveaux d'importations nécessaires pourraient atteindre 7000 MW», précise le réseau de transport. Techniquement, le réseau est capable d'accueillir cette puissance. Par ailleurs, RTE collabore étroitement avec les autres pays européens pour compenser le recul des importations allemandes. La Belgique, notamment, contribuera à sécuriser le déficit français. Avec tous ces éléments, RTE évoque un risque de rupture d'approvisionnement «modéré».

S'agissant de la disponibilité du parc de production français, elle s'avère contrastée: plus importante pour la période de janvier, moins en revanche pour les mois de novembre et décembre, en raison du planning de révision des installations.

Mercredi, Éric Besson s'est félicité que RTE puisse tabler sur 1400 MW supplémentaires en moyenne: outre l'essor de l'éolien, de nouvelles centrales à cycle combiné gaz sont venues étoffer le portefeuille des moyens de production.

Reste le gros point noir de la Bretagne, connu depuis longtemps. La région, qui ne produit que 8% de l'électricité qu'elle consomme, est particulièrement fragile. Certes, des projets de renforcement des infrastructures existent, mais ils tardent à être concrétisés. Dès lors, une fois de plus, RTE devrait lancer dans cette zone des appels à la réduction de la consommation.

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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