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EMPLOI - De plus en plus d'allocataires acceptent des missions en attendant de retrouver un «vrai» job...

Ils ont perdu leur travail, se sont inscrits à Pôle emploi et bénéficient depuis d’une allocation chômage. Et pourtant, en attendant de retrouver un «vrai» job, ils acceptent des missions. Qui peuvent durer quelques jours ou s’étendre sur plusieurs semaines.

Ces chômeurs actifs sont loin d’être marginaux: chaque mois, sur les 2,75 millions de demandeurs d’emploi indemnisés par Pôle emploi, ils sont plus de 1,1 million à exercer une telle «activité réduite». Ce qui représente pas moins de 40% des allocataires.

Quasi inexistante à la fin des années 1980, cette tendance ne cesse de progresser et s’est encore accélérée depuis la crise de 2008. Si bien qu’aujourd’hui, comme l’explique Pierre Cavard, directeur des études et des analyses à l’Unédic, «pendant leur chômage, deux allocataires sur trois seront au final amenés à exercer des activités réduites».

Un vrai avantage financier

Ce peut être des missions d’intérim, des CDD courts ou un poste à temps partiel. Et, dans tous les cas, les demandeurs d’emploi ont intérêt à l’accepter. D’abord financièrement. «Les allocataires qui travaillent, même quelques jours, perçoivent toujours plus d’argent que ceux qui ne travaillent pas», insiste Pierre Cavard. En effet, ils gagnent, en moyenne, 34% de plus que les demandeurs d’emploi qui ne travaillent pas.

Ainsi, en 2011, les allocataires qui ont travaillé plus de 110 heures par mois ont perçu en moyenne 1.560 euros bruts mensuels. Ceux qui ont travaillé moins de 110 heures, et qui ont donc cumulé ce salaire avec leurs indemnités chômage, ont reçu autour de 1.365 euros. Quant à ceux qui n’ont pas travaillé du tout, ils ont logiquement bénéficié de leurs seules allocations, soit en moyenne 1.095 euros par mois.

Rappelons que les allocataires peuvent cumuler travail et allocations pendant quinze mois au maximum, consécutifs ou non. Cette règle ne concerne toutefois pas les intérimaires, les intermittents du spectacle et les seniors (les plus de 50 ans), qui n’ont pas de limite de temps.

Un retour plus rapide vers l’emploi long

Outre l’aspect financier, «exercer une activité réduite permet de prolonger ses droits aux indemnités chômage et garantit un retour plus rapide vers l’emploi long», assure Pierre Cavard.

Mais qui sont ces chômeurs actifs? D’après l’Unédic, moins de 30% sont des intermittents du spectacle et des intérimaires. Les autres exercent sous contrats courts dans tous les secteurs d’activité, même si on les retrouve plus fréquemment dans l’hôtellerie-restauration, la petite enfance, le commerce et les services à la personne.

Si les chômeurs actifs sont plus fréquemment des femmes que des hommes, les seniors sont de plus en plus nombreux à effectuer de telles missions. En 2011, plus de trois seniors au chômage sur dix (34%) pratiquaient une activité réduite, contre seulement un sur dix en 1995.

source via Maître Confucius

 «Vous avez été ou vous êtes vous aussi l’un des ces «chômeurs actifs»?

Quels types de missions acceptez-vous et pourquoi ?

A quels avantages et à quels inconvénients avez-vous été confrontés en exerçant une activité réduite ?

Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous

 

* Céline Boff

 

Cumul chômage-emploi: Le calcul de l’Unédic

Prenons le cas d’un salarié qui gagne 1.800 euros bruts par mois, soit 60 euros par jour. Il perd son emploi. Son allocation chômage s’élèvera à 1.076 euros bruts par mois, soit 36 euros par jour. Ce chômeur décide d’accepter une mission de quelques semaines pour laquelle il sera rémunéré 800 euros bruts.

L’Unédic va alors diviser ces 800 euros par son ancien salaire, soit 60 euros jour, et estimer que le salarié a travaillé 13 jours (peu importe que dans les faits, le contrat ait été effectué en 10 ou en 15 jours). «Nous devons donc lui payer le reste du mois, c’est-à-dire lui verser ses allocations pour 17 jours [30-13=17]», détaille Pierre Cavard.

En plus de ses 800 euros de rémunération, notre demandeur d’emploi percevra donc 610 euros d’allocations (17 jours x 36 euros). Au final, ce chômeur actif aura gagné 1.410 euros, contre 1.076 euros s’il n’avait pas travaillé.

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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