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Au grand dam des opposants de la ferme dans la Somme, la première traite a eu lieu après l'arrivée des 150 premières vaches laitières du projet.

 

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Les 150 premières vaches laitières du projet controversé de ferme dite des 1 000 vaches à Drucat, près d'Abbeville (Somme), sont arrivées dans la nuit et la première traite a déjà eu lieu samedi matin, marquant le démarrage de l'exploitation, a annoncé la direction, au grand dam des opposants.

"Ce matin, la ferme dite des 1 000 vaches (...) a accueilli une première partie de son troupeau. Cent cinquante des cinq cents vaches ont ainsi rejoint l'étable dans un climat serein, après un transfert organisé durant la nuit afin de garantir la sécurité des hommes et le confort des animaux", déclare-t-elle dans un communiqué. "L'installation des vaches comme la première traite qui a eu lieu à 7 heures se sont déroulées dans le respect du bien-être animal, l'un des principes fondateurs de ce projet", a déclaré le directeur de l'exploitation, Michel Welter.

Un "passage en force"

Venu sur place avec d'autres adhérents, le président de Novissen, organisation hostile au projet, Michel Kfoury a dénoncé un "passage en force", alors que Novissen avait déposé le 5 septembre un référé en suspension d'exploitation devant le tribunal administratif d'Amiens.

"J'avais rencontré jeudi la nouvelle préfète de la Somme (Nicole Klein, NDLR) et rien de ce qui ressortait de notre conversation ne laissait présager un début d'exploitation imminent. Elle m'avait parlé d'une évolution concernant la baisse de la puissance du méthaniseur" prévu dans ce projet pour traiter les digestats et produire de l'électricité, a-t-il ajouté.

"Un geste à l'égard des voisins"

La puissance du méthaniseur sera réduite à 0,6 mégawatt contre les 1,338 mégawatt prévus et il sera "à 100 % agricole", puisqu'il utilisera des déchets des animaux et la couverture végétale produite autour de la ferme, a annoncé samedi Michel Welter. Il a évoqué deux motifs pour justifier la réduction de puissance : "Le contexte économique a changé et le méthaniseur n'aurait pas été rentable ; d'autre part, nous souhaitons faire un geste à l'égard de nos voisins de manière à cohabiter en toute tranquillité à terme", a-t-il détaillé.

Le sous-préfet d'Abbeville a confirmé samedi à Michel Kfoury la réduction de la puissance du méthaniseur. Un porte-parole de Novissen s'est félicité de cette décision, due, selon lui, au combat mené par son association.

 

Des discussions en cours

D'autres points restent cependant en suspens. Le trafic supplémentaire prévisible des véhicules sur la D928 située sur l'axe Rouen-Lille longeant la ferme impose notamment un aménagement routier - un "tourne à gauche". "Les discussions sont effectivement en cours avec les services départementaux de l'équipement, mais il y a moins d'urgence puisque le projet est pour l'instant limité à 500 vaches", a estimé Michel Welter.

Le porte-parole de Novissen a cependant insisté pour que ce problème soit résolu rapidement. Michel Kfoury avait également dénoncé l'absence de clôture définitive.

"Il y a déjà des barbelés et les travaux de clôture définitive vont commencer lundi", a assuré Michel Welter. Quant au lancement de l'exploitation, "il s'imposait pour des raisons techniques", a-t-il affirmé. "Le maïs produit autour du site de la ferme était déjà ensilé et les autres sites de nos associés n'avaient presque plus de fourrage", a-t-il expliqué.

Mobilisation des opposants

Le projet sans précédent par sa taille en France, et auquel est farouchement opposée, outre Novissen, la Confédération paysanne, a été lancé il y a six ans par Michel Ramery, fils d'agriculteur picard et industriel du BTP à la retraite, agissant aujourd'hui à titre d'exploitant agricole. Le permis d'exploitation n'autorise pour l'instant que 500 vaches laitières, plus quelques centaines de génisses. Les installations ont cependant été dimensionnées pour accueillir 1 000 vaches en cas d'autorisation d'agrandissement, qui dépendra notamment du plan d'épandage des déchets de la ferme.

Lucie Morgand, qui fait partie des six agriculteurs associés dans la SCL Lait Pis Carde, entité porteuse du projet, s'est félicitée dans un communiqué du démarrage de l'exploitation, qui "apporte une des réponses d'avenir à la filière française du lait, dont 37 % des exploitations ont disparu entre 2000 et 2013".

La Confédération paysanne a cependant appelé l'État à "prendre ses responsabilités" contre un acte qu'elle juge "illégal" et a prévenu que la "mobilisation" allait "grossir pendant les heures qui viennent". Vers 13 heures, une quarantaine d'adhérents de Novissen, dont le maire de Drucat, Laurent Parsis, en écharpe tricolore, étaient rassemblés dans le calme sur le chemin de la ferme, mais en en bloquant l'accès.

 

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Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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