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Il ne subsistera de l'actuelle Dexia que le Crédit Local de France, qui exercera désormais son métier historique de prêteur aux collectivités locales.

 

EXCLUSIF. La banque Dexia vendue à la découpe

Le démantèlement de Dexia a été approuvé en amont par les gouvernements français et belge.© Nicolas Eugenie / Sipa

 

 

 

 Par Mélanie Delattre

 

Le conseil d'administration extraordinaire qui s'est terminé tard dans la soirée de lundi a scellé le sort de la banque franco-belge Dexia. D'après les informations du Point.fr, l'OVNI du paysage bancaire, spécialiste du crédit aux collectivités locales en Europe, et poids lourd de la banque de détail outre-Quiévrain, sera scindé et vendu à la découpe dans les semaines à venir. Une solution approuvée dans les grandes lignes un peu plus tôt par les gouvernements français et belge, dont les ministres des finances François Baroin et Didier Reynders se sont rencontrés dans l'après-midi.

Il ne subsistera à terme de l'actuel Dexia que le Crédit Local de France, qui exercera désormais son métier historique de prêteur aux régions, départements et communes dans une joint-venture à trois avec La Poste et la Caisse des Dépôts. Grâce au soutien de ces deux mastodontes assis sur un solide matelas de fonds propres, le Crédit Local pourra continuer à assurer le financement des collectivités sans mettre en péril sa situation financière, aujourd'hui déséquilibrée puisque la banque prête à long terme mais se finance à court terme.

Opération chirurgicale à haut risque

C'est en effet bien parce que le groupe franco-belge rencontrait depuis quelques semaines des problèmes de liquidité et risquait donc l'asphyxie que les actionnaires publics de la banque, qui possèdent un peu plus de 50 % du capital, ont décidé de cette opération chirurgicale à haut risque. Une solution qui faisait l'objet de négociations depuis plusieurs semaines, mais qui a dû être hâtée au cours des derniers jours en raison de la menace des agences de notation de placer la banque "sous surveillance", menace d'ailleurs mise à exécution par Moody's le 3 octobre.

La nouvelle structure tripartite, dont l'État français sera l'actionnaire majoritaire, aura dans son giron la "bad bank" qui va être constituée pour y loger les actifs toxiques que Dexia traîne depuis la crise de 2008. Toutes les autres activités du groupe ont vocation à être vendues à plus ou moins court terme. La gestion d'actifs et la gestion privée, qui ont généré un milliard d'euros l'an passé, auraient, selon les informations du Point.fr, déjà trouvé preneurs. La banque de détail, acteur important du marché en Belgique, pourrait pour sa part être nationalisée ou adossée à une autre banque. Reste des désaccords qu'il faudra bien lever entre État belge et français sur la garantie apportée à cette "bad bank"

Le contribuable préservé

La mort de cet ancien fleuron bancaire ne devrait rien coûter au contribuable français. Aux commandes depuis le sauvetage de la banque en 2008, l'équipe tricolore emmenée par Pierre Mariani a en effet largement nettoyé le bilan désastreux dont elle avait hérité de la précédente direction, qui s'était fourvoyée dans les subprimes américains. L'ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, passé par BNP Paribas avant d'être envoyé jouer les pompiers chez Dexia avait en effet, dès son arrivée, entamé une politique de cession à tout va des actifs pourris. Il avait par ailleurs totalement revu la stratégie de la banque dans son métier historique, le prêt aux collectivités. Alors que le Crédit Local de Pierre Richard, l'ancien patron, multipliait les crédits sans se soucier de la marge, le Dexia nouvelle formule s'était fait beaucoup plus sélectif en ne prêtant qu'à des conditions acceptables, en se retirant des marchés étrangers où le groupe n'avait pas la taille critique et, surtout, en se diversifiant largement dans les services financiers.

Inquiets malgré tout à l'idée de voir la Caisse des dépôts (CDC), coffre-fort de l'État français, "contaminée" par les actifs toxiques restants, les élus du conseil de surveillance de la Caisse ont fini par céder face au gouvernement. Et face à un Augustin de Romanet, directeur général de la CDC, qui après s'être montré réticent à l'idée d'un tel projet a fini par s'y rallier au nom de l'intérêt général.

 

Le Point.fr- Publié le 04/10/2011 à 00:31 - Modifié le 04/10/2011 à 06:35

 

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Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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