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Europe: le manque de pluie met les agriculteurs et les marchés en alerte



L'installation sur l'Europe occidentale et une partie de la Méditerranée d'une sécheresse hivernale inhabituelle inquiète le monde agricole et les marchés des céréales d'autant plus que les dégâts consécutifs à la récente vague de froid ne sont pas encore totalement évalués.

Après un automne particulièrement sec, l'Europe fait désormais face à un manque de précipitations hivernales. Parmi les pays les plus touchés: l'Espagne, le Portugal et le sud de la Grande-Bretagne qui ont connu l'hiver le moins humide depuis plus d'un demi-siècle. Et le Maghreb (Maroc, Algérie principalement) affiche une situation similaire.

Ce manque de pluies a déjà des conséquences sur les cultures de céréales et les agriculteurs sont particulièrement inquiets.
Sur les marchés des grains, c'est principalement la demande qui pourrait être bouleversée et le risque d'une hausse des cours est fort alors que les prix alimentaires évoluent déjà à des niveaux élevés.
"Le Maroc et l'Algérie seront contraints d'accélérer leurs importations de céréales car leurs productions sont attendues en baisse de près 50%. On risque donc d'avoir des tensions fortes en mai-juin sur les marchés puisque beaucoup vont vouloir faire des stocks", explique Gautier Le Molgat, analyste chez Agritel, cabinet spécialisé dans les matières premières agricoles.

L'Espagne, en proie avec des mois d'avance à des incendies, voit ses cultures sécher sur pied y compris dans le nord, notamment dans la région de Castille-et-Leon, première province productrice de céréales.
"La climatologie des mois de mars et d'avril sera donc cruciale", explique dans sa note mensuelle FranceAgriMer.
Il faut que le printemps soit pluvieux, car la situation n'est pas encore irréversible, affirment unanimes les experts du secteur, qui regardent avec anxiété du côté de la France, premier producteur européen de blé.
"Le déficit hydrique est inquiétant, même pour la France --principalement dans le Sud-Ouest-- et des restrictions d'eau pourraient être imposées très tôt cette année", explique Camille Paugam, analyste matières premières de la société Horizon.


Selon Météo France, depuis septembre, les cumuls de précipitations sont "déficitaires de 25 à 50%" pour toute la partie ouest et sud-ouest de la France et la situation a été aggravée par un mois de février "extrêmement sec".
Conséquence: au 1er mars, 80% des nappes phréatiques affichaient un niveau "inférieur à la normale" en France, selon le Bureau de recherches géologiques et minières.


L'indice d'humidité des sols, qui permet d'évaluer plus précisément l'état de sécheresse dans les couches supérieures de la terre, montre par ailleurs une situation particulièrement alarmante dans le Languedoc et en Midi-Pyrénées. En Languedoc, le sol n'a jamais été aussi sec depuis 1959.
Cette situation pourrait être particulièrement problématique dans l'optique des ressemis. En effet, la vague de froid du mois de février, qui a détruit une partie des cultures, va contraindre les agriculteurs à pratiquer des ressemis qui ne pourront supporter une terre trop sèche.
"Les ressemis peuvent se faire actuellement, la terre est bonne à travailler mais il faudra en effet que le printemps soit pluvieux", souligne Pascal Hurbault de l'Association générale des producteurs de blé (AGPB).


Selon l'institut du végétal Arvalis, les surfaces de céréales d'hiver (blé tendre et orge d'hiver) affectées par le gel sont importantes en Bourgogne, en Lorraine et en Champagne-Ardenne, et les besoins de ressemis sont localement forts (de plus de 20-30%).

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=55229&frid=19&seccatid=40&cid=19&fromval=1
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Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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