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Huit ans et deux mois de prison, et plusieurs milliers d’euros d’amende. C’est la peine requise aujourd’hui par le ministère public de Madrid contre huit syndicalistes espagnols d’Airbus.


Leur faute ?


Avoir participé à la grève générale du 29 septembre 2010, destinée à protester contre les mesures d’austérité mises en place par le gouvernement espagnol. Comme dans d’autres endroits en Espagne, la manifestation et les piquets de grève organisés devant l’usine d’Airbus de Getafe, dans la banlieue de Madrid, avaient dégénéré en affrontements avec la police [1].

Trois ans et demi plus tard, huit des manifestants – comme par hasard tous des employés d’Airbus ayant occupé des responsabilités syndicales dans l’usine – se trouvent accusés d’« attentat contre l’autorité », de « blessures » et d’« attentat contre la liberté des travailleurs ».


A la croisée de Madrid, en Espagne

Les syndicats espagnols récusent les accusations portées contre les « huit d’Airbus ». Ils dénoncent une tentative de répression « sans précédent depuis la dictature franquiste », qui illustre la « régression » que connaît actuellement l’Espagne sous le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy [2]. Certains se souviennent qu’il y a quarante ans, sous Franco, deux ouvriers d’Airbus à Séville avaient été condamnés à des peines de prison ferme pour des faits similaires. « Il est un peu contradictoire de revivre cette situation en période de démocratie », souligne le secrétaire général de la Fédération de l’Industrie CCOO-Andalousie, Enrique Jimenez [3].

 

Les inculpés ont reçu le soutien de centaines d’associations, mouvements sociaux et partis politiques, ainsi que de la Confédération européenne des syndicats (CES) et de la confédération syndicale internationale de l’industrie IndustriALL. « Cette peine d’emprisonnement manifestement excessive que réclame le ministère public est totalement démesurée par rapport aux frais reprochés et fait craindre la menace d’une criminalisation du droit de grève en Espagne », déclare le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina. L’entreprise européenne (dont l’État espagnol détient environ 4%) se refuse de son côté à tout commentaire.

 

Une journée de grève est organisée ce vendredi 14 mars dans les usines d’Airbus en Espagne. Des manifestations de soutien sont également prévues dans tout le pays.

 

Olivier Petitjean, Observatoire des multinationales

 

source

Notes

[1Voir les vidéos mises en ligne par El Diario, qui revient sur les différentes versions des événements.

[2Lire ici et ici (en espagnol).

[3Source.

Tag(s) : #EUROPE

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