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C'est une Marine Le Pen enjouée mais très offensive que l'on a pu voir coup sur coup sur i>Télé et BFM TV ce dimanche. Autant capable de chanter Dalida devant des "petits chatons" médusés que de tacler rudement une journaliste trop ouvertement partisane...

 
Face à Ruth Elkrief sur BFM TV, Marine Le Pen commence par une leçon de journalisme : comme tous ses confrères, la journaliste se contente de relayer la propagande de Nicolas Sarkozy, ses promesses innombrables, notamment sur l’instauration de la proportionnelle, sans rappeler celles qu’il avait déjà faites en 2006 ou 2007 et qu’il n’a jamais tenues. Marine Le Pen, à qui on ne peut pas donner tort ici, rappelle que le rôle du journaliste est d’informer les citoyens sur les mensonges de leurs gouvernants, au lieu de servir de relais serviles à leurs mensonges répétés. C’est sur Internet que des amateurs font ce travail de mise en évidence des mensonges (comme ici), ce travail de décryptage que les journalistes prétendent faire, mais qu’ils ne font que rarement en réalité.
 
La candidate à la présidentielle accuse Ruth Elkrief de défendre systématiquement Nicolas Sarkozy et les intérêts de sa caste. "Vous défendez la classe à laquelle vous appartenez, moi je défends le peuple", lâche-t-elle. Il est vrai que la journaliste de BFM TV est une militante anti-FN déclarée (voir ici ou ), et que ses propos sont rarement objectifs. Marine Le Pen ne mâche pas ses mots, qui parle de "mensonges" et de "malhonnêteté". Elle n’a pas digéré que la diffusion de son meeting, annoncée par BFM TV, soit déprogrammée au profit de celui de Nicolas Sarkozy.

 
Plus joviale sur i>Télé, Marine Le Pen a été interrogée sur le premier meeting de Nicolas Sarkozy en tant que candidat et sur ses promesses. En guise de réponse, la présidente du FN a chanté "Paroles, paroles" de Dalida, témoignant pour la chanson de la même passion que son père (voir ici ou ).
 
Interpellée ensuite sur les provocations de Jean-Marie Le Pen, qui a encore récemment cité dans un discours l’écrivain collaborationniste Robert Brasillach, elle se moque des journalistes qu’elle compare à des petits chatons qui courent systématiquement après la baballe que leur lance, joueur, son père... et rappelle que le livre de chevet de Nicolas Sarkozy est Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline, connu pour son antisémitisme virulent. Pour se dédouaner, elle indique qu’il faut distinguer l’oeuvre de l’homme : "Tous les soirs avant de me coucher, je lis un petit poème de Baudelaire, et je ne suis pas une droguée syphilitique".
Il n’empêche que, comme certains l’ont fait remarquer, Bruno Gollnisch a encore récemment rendu hommage à François Duprat et aux ligues d’extrême droite des années 30 (voir ici), et qu’elle-même est allée saluer en Italie Assunta Almirante, la veuve de Giorgio Almirante, leader historique du MSI, le plus important mouvement néofasciste italien de l’après-guerre (voir ici).
 
Marine Le Pen est donc très brillante pour démasquer les faux journalistes, qui ne font pas bien leur job et se muent sans même s’en rendre compte en propagandistes, mais sa "dédiabolisation" continue de poser question, car, au fond, on ne sait pas ce qu’elle conserve de l’héritage de son parti et ce qu’elle rejette. L’extrême droite la plus nauséeuse, incarnée par Rivarol et son directeur Jérôme Bourbon, qui a fait du négationniste Vincent Reynouard son héros, lui crache à la gueule ("Marine Le Pen est un démon, c’est l’ennemie absolue à tout point de vue, sur le plan moral, sur le plan politique, sur le plan intellectuel. C’est une catastrophe absolue, je n’ai aucune confiance en elle. C’est une révulsion totale, qui est réciproque d’ailleurs"), ce qui semble attester de sa mue, mais certains de ses comportements (bal de Vienne, visite à Almirante, cohabitation avec des admirateurs du fasciste et négationniste Duprat...) laissent encore dubitatifs... Marine Le Pen aura-t-elle un jour le courage de lever toutes ces ambiguïtés ?
source: agoravox.tv
Tag(s) : #Présidentielles 2012

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