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Cher Président, Chers collègues,

Permettez-moi de saisir cette occasion pour partager avec vous la position allemande sur le programme de soutien à la Grèce. La situation est difficile. Un retour de la Grèce aux marchés des capitaux d’ici 2012, sur la base du programme actuel, semble être plus qu’irréaliste. Cela signifie que le volume du programme actuel est insuffisant pour couvrir les besoins financiers de la Grèce au cours de la période programmée. En vue du prochain sommet européen des 23 & 24 juin : Lettre du ministre allemand des Finances à ses homologues européens

Comme nous le savons, cela crée des problèmes concernant la participation du FMI. Tant que le volume concret des besoins financiers supplémentaires ne sera pas identifié, à l’occasion du prochain examen par la troïka, je m’attends à ce que l’augmentation soit importante. Dans le même temps, sans autre décaissement des fonds avant la mi-Juillet, nous sommes confrontés au risque réel de premier défaut désordonné dans la zone euro.

Dans ce contexte, je vois la nécessité de s’entendre sur un nouveau programme pour la Grèce afin de combler le déficit de financement et d’empêcher ce défaut. Cependant, toute aide financière supplémentaire pour la Grèce doit impliquer un partage équitable du fardeau entre les contribuables et les investisseurs privés et ainsi contribuer à favoriser la viabilité de la dette grecque.

Cela signifie que tout accord le 20 Juin doit inclure un mandat clair - qu’il peut être possible d’accorder à la Grèce avec le FMI - d’engager le processus de la participation des détenteurs d’obligations grecques. Ce processus doit conduire à une contribution substantielle et quantifiée des porteurs d’obligations à l’effort de soutien, au-delà d’une approche de pure « initiative de Vienne ». [1 ]

Un tel résultat peut être mieux atteint par un échange d’obligations menant à une prolongation de sept ans de l’encours des obligations souveraines grecques, en même temps, en donnant à la Grèce le temps nécessaire pour mettre pleinement en œuvre les réformes nécessaires et de regagner la confiance du marché.

Avec un système comme suggéré ci-dessus, il y a une chance réaliste de réduire au minimum l’impact négatif sur les marchés financiers tout en atteignant le partage de la charge nécessaire entre les contribuables et les investisseurs. Même si je suis conscient qu’il y a encore des discussions en cours concernant la participation du secteur privé, je suis convaincu que cela peut être résolu de manière constructive avant notre réunion du 20 Juin.

Je vous serais reconnaissant pour votre soutien à la mise en place de ces pierres angulaires lors de nos discussions à venir.

Cordialement, Wolfgang Schäuble
(traduction Décapactu)
CONCLUSION

Après s’être entendue avec le FMI [2 ], l’Allemagne présente la note, le prix de son soutien au système euro et « aux marchés financiers » : 30 milliards pour les banques et 48 milliards de plus pour la France, soit un total pour la France de 159 milliards [3 ]

Ainsi, quand la Grèce tombera, elle entraînera dans sa chute, l’État français, voire les banques françaises telles la BNP et le Crédit Agricole. En attendant, on va y installer un mandataire liquidateur chargé de brader à vil prix tous les avoirs de l’état grec, puis viendra l’immobilier, les plages, les îles, etc.

La problématique allemande est complexe : sa formidable clause d’opt-out qui place le parlement allemand au-dessus des instances européennes finit par devenir si pesante, que le gouvernement allemand doit toujours faire monter les enchères pour qu’il ne puisse jamais lui être reproché d’avoir dilapidé, sans contreparties, la richesse de l’état allemand dans le tonneau des Danaïdes qu’est devenu le renflouement en pure perte de l’euro.

En France, le gouvernement n’a pas ces problèmes : notre soumission totale aux instances supranationales illégitimes fait consensus dans toute la classe politique, ce qui était la condition indispensable à la programmation délibérée [4 ] de la mise en faillite de l’État français, qui passe cette fois par cette augmentation du collectif budgétaire.

[1 ] Une « Initiative de Vienne » est une expression novlangue inventée en 2009 qui consiste à masquer un défaut de paiement en contraignant les créanciers à prêter autant que ce qu’il leur est remboursé sur les prêts antérieurs arrivés à terme, de façon à ce que ces remboursements ne provoquent pas la faillite immédiate du débiteur. Le hic : pour que les agences de notation acceptent de ne pas dévoiler la supercherie, celles-ci exigent que le réengagement soit réclamé volontairement et librement par les créanciers.

[2 ] -Grèce : le FMI décidera de la poursuite de l’aide après le sommet UE en juin

[3 ] - La France relève à 159 milliards sa garantie au Fonds européen de stabilité financière - Le gouvernement va déposer un amendement au collectif budgétaire portant de 111 milliards à 159 milliards d’euros la quote-part garantie par la France au Fonds européen de stabilité financière

[4 ] Pour mémoire, Charles de Courson n’a pas été démenti, lors de l’audience parlementaire pour la 1ère contribution française au FESF, quand il déclarait, avec raison, que la Grèce ne remboursera JAMAIS. Par ailleurs, après relecture de ce texte, "Euro, Europe, USA : c’est la chute finale" très largement diffusé le 5 février 2010, personne ne pourra prétendre n’avoir pas été prévenu.

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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