Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


Dans les vidéos des manifestations, les enfants sont souvent aux premiers rangs des défilés.
Dans les vidéos des manifestations, les enfants sont souvent aux premiers rangs des défilés.

REUTERS/Omar Ibrahim

Par RFI

En dépit de la multiplication des sanctions à l’encontre du régime syrien, la répression s’est poursuivie ce samedi 3 décembre. Vingt-trois personnes ont été tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Dans un bilan rendu public vendredi, l’ONU a fait état d'au moins 4 000 morts dans les violences depuis le début de la contestation en mars. Et l’organisation s’inquiète des meurtres d'enfants.

Vingt-trois personnes ont été tuées ce samedi en Syrie, dont 11 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé à Londres. Un bilan qui vient compléter l’estimation de l’ONU rendue publique vendredi, selon laquelle 4 000 personnes ont été tuées dans la répression sanglante depuis mars.

Et au milieu de ce décompte macabre, on apprenait que 56 enfants sont morts au cours du seul mois de novembre. « Le plus mortel » depuis le début des violences, selon Paulo Pinheiro, l’un des experts de la commission nationale d’enquête sur la Syrie mandatée par l’ONU. Au total, ce sont 307 enfants qui figurent sur la liste des victimes de torture et de meurtres attribués aux forces de sécurité syrienne.

Tués lors de frappes des forces syriennes dans des zones résidentielles. Ou en détention. Plus de 160 enfants seraient ainsi morts après avoir été arrêtés. Et on se souvient qu’au début de la répression en mai, Hamza al-Khatib, un garçon de 13 ans mort en détention était devenu l’emblème de la révolution.

Les enfants dans les manifestations

Ou bien encore pris pour cibles par des snipers. « Les enfants ne sont pas épargnés », a souligné vendredi Paulo Pinheiro. Les forces du régime n’hésitent donc plus à tuer les enfants. Car depuis le début de la révolution contre le régime de Bachar el-Assad, les plus jeunes participent aux manifestations aux côtés de leurs parents. Dans des vidéos, on les voit souvent au premier rang des défilés.

« Tous les jours des enfants sont abattus. En dix ans en Tchétchénie, j'en ai vu, des atrocités. Mais jamais à ce point. Le ciblage délibéré des enfants, je n'avais jamais vu », raconte la reporter Manon Loizeau dans un reportage d’Envoyé Spécial diffusé le 1er décembre. Le sujet commence dans un camp de réfugiés au Liban. Les enfants rejouent des scènes d'arrestations par les milices du régimes. Un garçon de 13 ans raconte : « Ils m'ont frappé, ils m'ont bandé les yeux. Ils m'ont enfermé dans le coffre d'une voiture. [...]. Ils m'ont jeté dans une cellule qui sentait mauvais. Ils m'ont arraché les ongles. »

 

 

 

Elle raconte aussi ce garçon de 16 ans qui a voulu protéger une petite fille des tirs d’un sniper en se couchant sur elle. La fillette est morte, lui a quatre balles dans le corps.

Un enjeu stratégique

Et si en Syrie, viser les enfants relevait d’une stratégie pour pousser le pays à guerre civile ? « D’emblée, le régime syrien a visé en priorité les femmes et les enfants, analyse un intellectuel syrien dans le quotidien Libération. C’est sa stratégie. Pour une raison simple : c’est le meilleur moyen pour que les gens prennent les armes. […] C’est le pari du régime, qui veut ainsi provoquer la guerre civile ».

Une théorie étayée par les propos de la haut commissaire des Nations unies Navi Pillay qui, lors de la session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme à Genève vendredi, a évoqué les risques de « guerre civile », incitant la communauté internationale « à prendre des mesures urgentes et efficaces pour protéger le peuple syrien. »

Dans la foulée, le Conseil s’est prononcé en faveur d’une résolution condamnant « les violations répandues, systématiques et flagrantes » des droits de l'homme par les autorités de Damas. Une résolution qualifiée ce samedi d’ « injuste » et de « politiquement motivée » par le ministre syrien des Affaires étrangères.

Les Etats-Unis et la Turquie « perdent patience » face au régime de Bachar el-Assad, qui menace « d'attiser » les conflits dans la région, a déclaré ce samedi le vice-président américain Joe Biden en visite en Turquie.

Le même jour, à Doha, des ministres arabes des Affaires étrangères ont entamé une réunion consacrée aux mécanismes d’application de sanctions arabes contre la Syrie pour tenter de pousser le pouvoir à renoncer à la violence. Pour l'heure l'issue à la crise n'a pas encore été trouvée. Mais, en guise de sanction, les ministres réunis ont interdit de voyage dans les pays arabes 19 responsables syriens. Et ils ont donné jusqu'à dimanche à la Syrie pour accepter la venue d'observateurs.

source: rfi.fr

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

Partager cet article