Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

climat
Un skieur dans les Alpes autrichienne en novembre 2011. © REUTERS

Le sommet de Durban risque bien de se terminer par un échec. Son principal objectif était de limiter à deux degrés la hausse de la température du globe. Pourtant, même avec seulement deux degrés supplémentaires, les conséquences ne sont pas minces.

Deux ans après le sommet de Copenhague, l’ambition du grand raout organisé à Durban était de faire en sorte que la température de la planète n'augmente pas de plus de deux degrés Celsius. Un objectif qui ne sera probablement pas tenu, faute de volonté politique des États -notamment la Chine, l'Inde et les États-Unis- de réduire leurs émissions de CO2.

Cependant, même une hausse de "seulement" 2 degrés a déjà de nombreuses conséquences sur l’environnement et les conditions de vie des humains.

Les variables affectées par la hausses des températures sont innombrables : le niveau des océans, des cours d’eau, des nappes phréatiques, mais aussi les chutes de pluie, la biodiversité, la végétation, les zones où sévissent certaines maladies... Petit tour d'horizon, non-exhaustif, des conséquences à prévoir.

1. Deux degrés plus en moyenne, huit degrés de plus aux pôles

Une augmentation de deux degrés en moyenne sur le globe ne signifierait pas que le thermomètre grimperait de deux degrés partout, uniformément. La hausse de température serait beaucoup plus forte dans l’Arctique que sur l'Équateur.

"Deux degrés de plus en moyenne sur Terre, cela signifie huit à dix degrés de plus aux pôles", explique le paléoclimatologue Gilles Ramstein.

À titre de comparaison, une variation de quatre degrés correspond à la différence entre la période glaciaire et la période interglaciaire. "On a parcouru ce trajet en 15 000 ans, et là on est en train de faire la moitié du trajet inverse en quelques années", constate Gilles Ramstein. Une variation de deux degrés est donc loin d'être anodine.

2. Une hausse du niveau de la mer certaine mais difficile à évaluer

Cette forte augmentation de la température en Arctique accélèrerait la fonte des calottes glaciaires. Conjuguée à la fonte des petits glaciers de montagne et la dilatation des molécules d’eau à cause de la chaleur, ce facteur entraînerait une montée du niveau des océans.

De combien de centimètres, si la hausse des températures d'ici la fin du siècle était de deux degrés ? La marge d'incertitude est très importante, car le rapport entre hausse des température et niveau des océans n'est pas linéaire. En caricaturant un peu, si un gros morceau de glace se détache d'un seul coup, leur niveau peut augmenter brutalement. Selon les experts, avec deux degrés de plus, le niveau des océans monterait de 30 à 80 cm.

Or, si le niveau moyen de la mer augmentait de 44 cm d'ici 2100, "en Aquitaine, la plage de l’Amélie pourrait perdre 76 % de sa surface et celle de la dune du Pyla plus de 80 %", ont calculé les géologues océanographes Rodrigo Pedreros et Nicole Lenôtre, pour leur étude Impact du changement climatique sur le littoral.

Plus largement, tous les écosystèmes situés à peine au-dessus du niveau de la mer sont les plus vulnérables. C'est le cas des mangroves et des marais salants, ainsi que des plaines deltaïques jalonnées d’étangs et de lagunes. Au Bangladesh, par exemple, des millions de personnes vivent sur des terres situées à moins d'un mètre au-dessus du niveau de la mer.

Une hausse, même limitée, des températures, multiplierait également la fréquence des événements extrêmes, comme les cyclones tropicaux, qui mettrait les côtes à rude épreuve.

3. Des écosystèmes plus vulnérables que d’autres

La toundra, la forêt boréale, la montagne et les écosystèmes méditerranéens forment des écosystèmes très menacés par l’élévation des température. L'Afrique sahélienne serait aussi touchée de plein fouet.

La hausse des températures modifie la distribution des précipitations. Les zones méditerranéennes risquent de connaître un assez fort assèchement et une recrudescence des incendies de forêt qui favoriseraient le développement d’espèces envahissantes. Certaines espèces végétales propres à la région pourraient disparaître.

Dans les océans, une hausse de la températures de deux degrés entraînerait une "mort des coraux à grande échelle", selon un rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (GIEC).

Sur la terre ferme, "environ 20 à 30% des espèces" connaîtront un risque croissant d’extinction, ajoute ce rapport. Avec une hausse de quatre ou cinq degrés, il faudrait carrément faire face à des "extinctions massives à l'échelle du globe", d'après le GIEC.

4. Les maladies tropicales gagneraient du terrain

Autre conséquence, et non des moindres, d'une hausse de quelques degrés à la surface du globe : des maladies comme la dengue risquent de s’étendre. Les moustiques vecteurs de la maladie, s’installeraient dans des régions qu’ils ne touchent pas actuellement.

"Deux milliards de personnes de plus pourraient être exposées au risque de transmission de la dengue d’ici les années 2080" peut-on lire sur le site de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Un facteur qui, à lui seul, pourrait convaincre les États de la nécessité d'un accord à Durban...

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

Partager cet article