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Malgré le soutien apporté par l’ancien président indien Abdul Kalam au projet de centrale à Kundakulam (sud), les habitants de ce village du Tamil Nadu continuent de s’opposer à sa construction, dénonçant les risques en cas d’accident et les dégâts environnementaux.

La centrale nucléaire de Kudankulam se heurte à l’opposition de la population locale

Le vaste projet de centrale nucléaire continue de faire face à l’opposition acharnée des locaux à Kundakulam, localité côtière du Tamil Nadu. Les villageois n’ont pas été convaincus par l’aval donne au projet par l’ex-président et "père du programme nucléaire indien" APJ Abdul Kalam, qui a déclaré que l’installation était "sûre" après s’être rendu sur les lieux dimanche.

 

"Je suis entièrement satisfait et content du dispositif sophistiqué de sécurité des réacteurs et il n’y a donc aucune raison de paniquer", a-t-il déclaré, ajoutant que le projet était "une chance pour la prochaine génération". L’ex-président indien s’est également voulu rassurant sur les risques écologiques et, avant tout, dans l’éventualité d’un tremblement de terre ou d’un tsunami. "Les scientifiques ont pris en compte toutes les catastrophes naturelles avant de construire [cette centrale]", a-t-il déclaré. "Aucun déchet ne sera déversé dans la mer", a-t-il précisé.


Abdul Kalam, un "homme du nucléaire"

M. Kalam, qui avait déjà inspecté la centrale en 2006 alors qu’il était encore président de l’Inde, s’est toutefois défendu d’être un émissaire du gouvernement fédéral, affirmant qu’il s’était rendu à Kundakulam "en tant que scientifique et par curiosité personnelle". Après avoir rencontré des représentants de la centrale nucléaire, il a déclaré qu’il était prêt à rencontrer les manifestants. Il a toutefois précisé qu’il ne jouerait pas le rôle de médiateur entre les deux partis.

L'ex-président a également suggéré la misse en place d’un vaste plan d'action de plus de 30 millions d’euros pour le développement de la région de Kundakulam. Le projet inclurait qui entre autres la construction d'un hôpital et d’une autoroute 4-voies reliant la zone aux villes de Madurai et Kanyakumari, et la création de 10 000 emplois dans un rayon de 30 à 60 km.

<!-- The Amazon product '0415544521' could not be found.-->Joint venture entre le groupe nucléaire public indien NPCIL et la compagnie publique russe Atomstroyexport, la centrale de Kundakulam comporte deux réacteurs d’une puissance de 1000 Mégawatts chacun, prévus d’être opérationnels en décembre, pour un investissement évalué a 3 milliards de dollars. Les projets d’agrandissement de la centrale sont actuellement au point mort à la suite de manifestations organisées depuis le mois dernier par des milliers de villageois résidant dans les environs.

Soutenus par le parti communiste indien, les anti-nucléaires ont rejeté tout dialogue avec Abdul Kalam, affirmant qu’il était "un homme du nucléaire" et donc biaisé sur la question. L’ex-président est en effet largement reconnu comme étant l’architecte de la deuxième séries d’essais nucléaires à Pokhran en 1998 (les premiers essais nucléaires indiens ont été réalisés en 1974 dans cette même localité, ndlr).

Jaitapur bis ?

Les craintes des villageois de la région ont été renforcées par l’accident à la centrale de Fukushima au Japon en mars dernier. Un autre projet nucléaire controversé à Jaitapur, dans l’Etat du Maharashtra (ouest), a suscité la colère de la population locale qui a manifesté à plusieurs reprises pour s’y opposer cette année, soutenue par de nombreux activistes.

Le groupe français Areva prévoit à terme d’y construire la plus grande centrale nucléaire au monde, dotée de six réacteurs EPR, qui devra fournir 10 000 MW à l’Inde. En plus des risques mis en avant par la catastrophe de Fukushima, les locaux craignent avant tout que le fonctionnement de la centrale perturbe l’écosystème local et notamment la pêche, dans cette zone côtière.

Non signataire du Traite de non-prolifération (TNP), l’Inde a obtenu l’autorisation de développer son programme nucléaire civil en septembre 2008. New Delhi mise sur le nucléaire, qui fournit seulement 3% de l’électricité du pays à l’heure actuelle, pour combler les besoins énergétiques grandissant qui accompagnent sa forte croissance.

Antoine Guinard ( Aujourd'hui l'Inde).       

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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