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La Grande crise — dite aussi de la “Grande perdition” — est désormais entrée dans sa phase terminale. Au blocage systémique succèdera bientôt le chaos politique, social et plus encore, moral. Une question de semaines, de mois tout au plus.



1. Le blocage systémique

Le blocage systémique n’est plus une élucubration de yéti, mais un constat de Jean-Claude Trichet, président en partance de la BCE. Ce blocage est la conséquence de l’implosion de ce qui faisait le fondement du système : la dette tant publique que privée.

La dette publique a atteint un tel niveau d’absurdité qu’elle ruine désormais les États du vieil empire dominant sans possibilité de rémission : Grèce, mais aussi Espagne, Italie, mais encore France, États-Unis d’Amérique…




Tout étant lié, les mises en défaut de ces États aboutiront tout à fait logiquement au gel de leur dette publique et à une décimation du réseau bancaire privé, non seulement européen, mais aussi américain.

À cette implosion de la dette publique, se greffe celle de la dette privée. D’autant que les officines bancaires, beaucoup plus délabrées de l’intérieur qu’il n’y paraît, n’ont plus les moyens logistiques de s’en assurer le remboursement. On le voit bien au États-Unis, où les expulsions à la pelle de propriétaires insolvables ne suffisent plus à permettre aux organismes créanciers de récupérer leurs encours.

2. Le chaos politique

Au blocage systémique se juxtapose l’impuissance des dirigeants politiques. Ceux-ci ne sont plus en mesure que de gagner du temps avec des promesses (pour apaiser les marchés et les agences de notation) qu’ils sont désormais dans l’incapacité de mettre en application.

Les prémisses d’un chaos politique résidaient déjà dans l’avènement de personnalités “décalés”, tant pour leurs incapacités intellectuelles à comprendre les affaires du monde que par la véritable nature de leurs ambitions personnelles : Georges W. Bush, Nicolas Sarkozy, Silvio Berlusconi, Vladimir Poutine…

D’autres se sont obligeamment laissés engluer dans les liens tissés par la machine qui leur a permis d’accéder au pouvoir : Barack Obama, Angela Merkel… Certains au point même de s’en faire les défenseurs outrageusement zélés au mépris de leur population : Geórgios Papandréou.

Le délitement politique est tel qu’il se fait sentir jusque dans des pays qu’on pensait durablement préservés. Comme ceux du nord de l’Europe, peu à peu rongés par des forces régressives aux relents nauséabonds.

Que dire alors de la relève ? Mitt Romney, favori républicain pour la présidentielle américaine de 2012, vient de déclarer que « Dieu avait créé les États-Unis pour dominer le monde ». Et le candidat “socialiste” français n’oppose au marasme que des formules idiotes (« je veux réenchanter le rêve français ») et des priorités de banquier (« il faut rééquilibrer nos comptes publics dès 2013 »).

3 . Le chaos social et moral

On notera que toute cette brochette de leaders, en poste ou en devenir, est passée sans problème par le filtre “démocratique”. Ce qui en dit long sur l’état d’hébétude des majorités citoyennes devant l’effondrement de leurs cadres de vie et de leurs illusions.

Sans que les masses assommées ne trouvent rien à répliquer, au chaos social résultant des défaillances économiques à répétition se greffe peu à peu le chaos moral assez sordide du chacun pour soi ou du “après moi le déluge” :

VIP dépeçant la bête blessée à coup de bonus, de stock options, d’augmentations salariales ou de dividendes obscènes ;
rapaces devenus fous de la haute finance pariant… sur leur propre chute ;
corruption à tous les étages, surtout supérieurs : affaire Bettencourt, pots de vin Karachi, valises françafricaines…
4. Quelques lueurs dans la ténèbre ?

Peu de lueurs à attendre en vérité du côté des partis alternatifs jouant le jeu des institutions. Ainsi de notre Front de gauche, isolé, que les médias microcosmiques en alerte s’ingénient à diaboliser.

Rafraîchissant, le mouvement des Indignés manque encore un peu de substance pour passer de la saine indignation à une entreprise de reconstruction.

Mais aux moins tous ceux-ci commencent-ils à s’affranchir des grilles de lecture asservissantes imposées par les dominants (le phénomène de la dette n’est évidemment qu’une vaste arnaque).

En attendant, peu d’échappatoires en l’état aujourd’hui. Juste quelques chemins de traverse pour se tenir à l’abri tandis que l’orage gronde. Et cultiver son jardin. Car cette fois, non, ça ne rigole vraiment plus ..

Source vu sur "Au bout de la route"

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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