Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


Les ministres des Finances de l'Eurogroupe se sont rencontrés vendredi. Ils se sont mis d'accord pour infliger au moins 50 % de pertes aux créanciers privés de la Grèce.

Crise de la zone euro : les banques en première ligne

Les banques françaises sont en première ligne, car elles détiennent une bonne part de la dette grecque.© Iannis Japiot / Wostok Press


De notre correspondant à Bruxelles,


L'ampleur de la tâche et l'obligation de réussir ont pris le pas sur la mauvaise humeur. L'irritation des partenaires de la France et de l'Allemagne, qui s'était manifestée ouvertement vendredi à l'arrivée des ministres des Finances de l'Eurogroupe, ne les a pas empêchés de travailler. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui déplorait "le spectacle désastreux" offert par "le manque de leadership", a été entendu.

Les ministres des dix-sept pays de la monnaie unique ont avancé sur plusieurs points. Ils ont débloqué le chèque de huit milliards d'euros qui permet à la Grèce de signer ses factures. Impossible à ce stade de laisser tomber le maillon faible de la zone euro, qui devrait encore nécessiter une aide supplémentaire. Surtout, les ministres se sont quittés sur un constat : le seul moyen de sauver la Grèce de la faillite, c'est d'annuler une partie plus importante que prévu de sa dette. "50 %, sinon plus", confie un diplomate européen.

Conclusions inquiétantes

En juillet dernier, on pensait qu'une décote de 21 % suffirait. Mais le rapport de la troïka ne laisse pas d'autre choix. Ces experts européens et du FMI épluchent les comptes grecs. Ils connaissent aussi bien l'état financier du pays que son ministre des Finances. Et leurs conclusions sont inquiétantes. Compte tenu de la récession qui contracte l'économie, le rapport de la dette au PIB va gonfler à 180 %, contre 160 % prévu l'été dernier. Ce n'est pas supportable. Sans une plus forte décote de cette dette, il faudra aussi fortement augmenter l'aide financière à la Grèce.

Le chantier de la restructuration est énorme. Il faut convaincre les banques d'accepter volontairement ces pertes, qui reflètent la réalité du marché d'aujourd'hui. Un refus ouvrirait la boîte de Pandore d'un défaut de crédit, avec à la clé des pertes totales et un possible effet domino à d'autres maillons faibles, comme l'Italie.

Pour encaisser le choc, il faut recapitaliser les banques les plus fragiles. Il faudrait trouver au moins 80 milliards d'euros. En priorité avec des capitaux privés. Sinon, ce seront les États qui devront les renflouer. De quelle façon ? C'est l'objet des discussions de samedi entre ministres des Finances des vingt-sept pays de l'Union européenne, cette fois. Car un grand nombre de banques européennes ont de la dette grecque en caisse. Elles sont toutes concernées.

Profondes divergences

Le marathon qui s'est engagé vendredi pour enrayer enfin la crise ne se terminera que mercredi, au terme de deux sommets des dirigeants de la zone euro et d'une rencontre, samedi soir, entre Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy. Le couple franco-allemand devra mettre fin à ses profondes divergences, notamment sur le renforcement du Fond européen de stabilité financière (FESF), créé pour aider les pays de la zone euro en difficulté. Paris voudrait transformer le FESF en banque, avec une ligne de crédit illimitée auprès de la Banque centrale européenne. Berlin s'y oppose.

Vendredi soir, François Baroin a laissé entendre que la France lâche du lest : "On continue de penser que c'est probablement la solution la plus efficace, mais on n'en fait pas un point d'affrontement définitif." Car la France et l'Allemagne ont, sur ces questions, des cultures très différentes. L'Allemagne a érigé la vertu budgétaire en dogme intangible. Paris ne s'y est rallié que sur le tard, ce qui vaut d'ailleurs à la dette française d'être placée sous surveillance par l'agence de notation Moody's. Du coup, Nicolas Sarkozy se retrouve en position de faiblesse par rapport à Angela Merkel. Ce qui n'est jamais souhaitable.

 

source: LePoint.fr

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

Partager cet article