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Les pays de la zone euro réunis en sommet envisagent de porter la puissance de feu de leur Fonds de secours financier à 1.000 milliards d'euros dans le cadre d'un plan de réponse à la crise de la dette, qui bute encore sur les négociations sur la dette grecque.



Ce montant de 1.000 milliards d'euros doit être mentionné dans la déclaration finale du sommet qui devrait s'achever tard dans la nuit, alors qu'à l'origine il n'était pas question de donner un chiffre, a indiqué à l'AFP une source diplomatique.

 

"C'est vers la somme d'environ 1.000 milliards d'euros que l'on s'oriente", a indiqué une autre source diplomatique, "mais il ne s'agit encore que d'un projet" susceptible donc d'être modifié.

 

Actuellement, le Fonds de secours (FESF) est doté d'une capacité de prêts théorique de 440 milliards d'euros, enveloppe jugée insuffisante pour faire face à un risque de contagion de la crise de la dette à l'Italie et l'Espagne.

 

Les Etats de l'Union monétaire sont donc tombés d'accord mercredi soir pour "démultiplier" la puissance de feu du dispositif. Pour cela ils ont opté pour un mécanisme permettant de mobiliser davantage de fonds, sans que les Etats ne dépensent plus. Il s'agit d'un "effet de levier".

 

Cela consiste à offrir un système d'assurance-crédit aux investisseurs pour les inciter à acheter de la dette publique d'Etats fragiles. Concrètement le FESF garantira une partie de la dette en cas de défaillance de l'Etat emprunteur.

 

Sur les 440 milliards d'euros de départ, le FESF dispose encore concrètement de 250 à 275 milliards d'euros disponible. C'est avec cette option que la capacité d'intervention du Fonds serait portée à environ 1.000 milliards.

 

A ce dispositif serait ajouté un autre mécanisme. Un fonds spécial adossé au FMI et accueillent les contributions de pays émergents comme la Chine et la Russie. Mais ce dernier volet est impossible en l'état à chiffrer.

 

La Chine et la Russie ont fait état de leur intérêt et le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy a prévu de s'entretenir de ce sujet avec le président Hu Jintao jeudi, selon une source gouvernementale.

 

Le renforcement de la capacité d'intervention du FESF est l'un des volets du plan de réponse à la crise.

 

Un autre porte sur l'effacement d'une partie de la dette de la Grèce, une "décote" de la valeur des créances détenues par les banques privées. Le pays n'est plus en mesure de faire face à l'intégralité de ses obligations de remboursement.

 

Mais sur ce point, la situation est bloquée et a tendance à s'envenimer.

 

Les représentants des banques ont fait savoir qu'il n'y avait d'accord sur rien.

 

"Il n'y a pas d'accord sur quelque accord grec que ce soit ni sur une décote particulière [...] Il n'y a pas d'accord sur quelque élément que ce soit en vue d'un accord", a indiqué le directeur général du lobby bancaire, Charles Dallara, dans un communiqué publié à Washington.

 

La situation est telle que le président français, la chancelière allemande ainsi que la directrice générale du FMI ont entamé une réunion de crise avec les banques créancières de la Grèce pour tenter de les convaincre de réduire substantiellement la dette du pays, selon un diplomate.

 

Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Christine Lagarde se sont retrouvés mercredi soir dans le bureau du président de l'UE, Herman Van Rompuy, avec le représentant des banques, le directeur de l'Institut de la finance internationale (IIF), Charles Dallara, ainsi que le négociateur européen, Vittorio Grilli, directeur du Trésor italien.

 

L'objectif des gouvernements européens est qu'elles acceptent une perte - ou "décote" dans le jargon financier - d'un peu plus de 50%, a indiqué mercredi une source gouvernementale européenne.

 

Cela permettrait de réduire d'une centaine de milliards d'euros la dette grecque de quelque 350 milliards d'euros au total, et de la ramener à 120% du Produit intérieur brut national, contre 160% actuellement.

 

Problème: les banques renâclent et réclament en échange des garanties de ces pertes de la part du FESF.

 

En attendant, les dirigeants européens se sont mis d'accord à Bruxelles pour recapitaliser leurs banques européennes afin de leur permettre d'amortir le choc de cette réduction de dette. L'enveloppe nécessaire sera de 106 milliards.

 

L'accord prévoit que les fonds propres "durs" des banques soit relevé, à 9%, un objectif qui "devra être atteint au 30 juin 2012", selon le texte du sommet. Pour y parvenir, "les banques devront faire appel en priorité à des sources de capital privées", avant de se tourner vers les pouvoirs publics, nationaux ou européens.

 

Une chose est sûre: le plan d'action de la zone euro sur la crise de la dette ne pourra pas être finalisé lors du sommet. Une réunion des ministres européens des Finances est envisagée dans les prochains jours pour s'y atteler.

 

Les pays industrialisés et émergents du G20 attendent de l'Union monétaire une feuille de route convaincante lors de leur sommet les 3 et 4 novembre à Cannes. Les partenaires de l'Europe, Etats-Unis en tête, s'inquiètent d'un risque d'embrasement financier généralisé.

 

La Maison Blanche a appelé mercredi l'Union européenne à agir de façon "rapide" et "décisive" pour circonscrire la crise de la dette.

 

Reste le problème de l'Italie. Craignant une contagion de la crise à ce pays, les dirigeants européens ont fait pression sur le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, pour qu'il leur donne des garanties sur la baisse de sa dette, en échange de leur solidarité.

 

M. Berlusconi a apporté à Bruxelles une lettre promettant des réformes, qui a fait "bonne impression", selon le Premier ministre polonais Donald Tusk.

source AFP

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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