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Le livre de Mme Lepage, va peut être donner un coup de pouce, et accélérer la réflexion pour sortir du nucléaire. Relisez en seconde partie, un article de 2009 pour se souvenir des dangers, et surtout se poser les bonnes questions sur la gestion du nucléaire…Quand on se connait pas les quantités dont on dispose, ça devient plus que grave….mais c’était en 2009 (!)

Moins de trois mois après l’accident de Fukushima,l’ancienne ministre de l’Ecologie Corinne Lepage invite à un « voyage inquiétant » dans l’univers du nucléaire français avec son livre « La vérité sur le nucléaire », qui sort vendredi, pour ouvrir, enfin, un grand débat en France.
« Il faut faire comprendre que la question posée n’est pas celle de l’intérêt du lobby nucléaire mais celle de l’intérêt des Français », explique à l’AFP l’avocate, présidente de Cap21 et élue au parlement européen.

Le nucléaire « c’est un sujet sur lequel les gens entrent en religion pour ou contre, moi je n’ai pas de religion du nucléaire pour ou contre. Par contre je pense que c’est une mauvaise affaire à long terme pour tous », précise-t-elle.

En plaidant en faveur d’une « sortie du nucléaire (…) permettant d’envisager un autre devenir, à condition qu’il soit crédible et gagnant », Corinne Lepage a décrypté, dans son ouvrage, quatre vérités sur le nucléaire : celle des risques, des arguments économiques, du prix et des choix industriels pour Areva et EDF en particulier.

« Areva vit sous perfusion d’EDF qui lui donne ses déchets à retraiter alors que tous les autres exploitants européens ont cessé de le faire », écrit-elle, ajoutant qu’il « n’y a plus aucun intérêt au retraitement surtout après la mise en évidence de la dangerosité du combustible MOX », ce mélange d’uranium et de plutonium utilisé par les réacteurs de Fukushima.

Alors que l’Allemagne a clairement fait le choix de sortir du nucléaire d’ici 2022, elle estime qu’en « France on est encore dans le plus de nucléaire possible, ce qui est suicidaire ».

Car selon elle, le développement économique à l’avenir passera clairement par l’efficacité énergétique et l’exploitation des énergies renouvelables. Elle met ainsi en parallèle les 370.000 emplois créés en Allemagne dans ce secteur en 10 ans et les 100.000 existants en France sur le nucléaire.

Autre niche à exploiter, écrit-elle encore, « notre savoir-faire incontestable en matière de nucléaire devrait nous conduire à devenir leader dans le démantèlement (des centrales), une activité promise à un riche avenir pour les cinquante voire les cent années qui viennent. »

Quant au grand débat promis sur le nucléaire en France, Corinne Lepage espère que son « livre va y contribuer » ajoutant que le sujet « devrait être un des grands thèmes de la campagne pour les présidentielles ».

Sera-t-elle candidate, comme elle l’avait été en 2002? « On n’en sait rien, pour le moment les choses sont ouvertes », dit-elle, « moi ce qui m’intéresse c’est comment je peux apporter une expérience et un projet pour aider notre pays à sortir de l’ornière. Les Français veulent pouvoir contribuer au débat, mais pour l’instant il est confisqué. »

(« La vérité sur le nucléaire. Le choix interdit », par Corinne Lepage. Editions Albin Michel. 229 pages. 17 euros).

© 2011 AFP
source 20minutes
PETIT RAPPEL: article de 2009

Par Jérôme

Quelle semaine pour le nucléaire Français !
La question de la transparence de l’information est bien loin. Comme vous avez pu le voir cette semaine, la notion de déchets n’est pas la même pour tout le monde. C’est ainsi que, sous prétexte qu’un jour une partie de ces « restes de combustion » sera utilisée, que l’on retrouve du plutonium de retraitement français laissé en dépôt à Tomsk-7 (Russie) dans un site à ciel ouvert. Vous me direz loin des yeux…Mais ces restes, on ne dit pas déchets, mais matières valorisables qui ne seront peut-être pas valorisées, traversent l’Europe.
Sans passer très loin de chez nous (ligne paris – le havre), ils prennent le bateau. Mais qui, d’EDF ou d’Areva, a effectué une réelle enquête d’impact et de risque lors de ces transports ?
Je sais bien que dans l’opinion publique, avec force campagnes de publicité, notre place de cerveau libre a intégré que les hommes et les femmes à la tête de ces organisations pensent à tout, et que seuls les grincheux écolos voient le mal partout, je sais bien.

le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) vient de déclarer à l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) qu’il s’était trompé !

Mais cette même semaine le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) vient de déclarer à l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) qu’il s’était trompé dans l’évaluation des quantités de plutonium présentes dans son Atelier de technologie plutonium (ATPu), en cours de démantèlement à Cadarache dans les Bouches-du-Rhône (cette fois c’est des restes de plutonium américain, vous savez « loin des yeux.. »). Cet « incident » est d’une extrême gravité.
Et là les grincheux ont raison, et demandent des explications, car les conséquences auraient pu être dramatiques :

  1. Ce scandale a des conséquences considérables sur la sûreté nucléaire. La présence de grandes quantités de plutonium en un même lieu peut engendrer un « accident de criticité ». C’est à partir du plutonium que l’on fabrique une bombe, et le déclenchement de la réaction se produit lorsqu’on met en contact une masse de 10 Kg de plutonium source Wikipedia.
    L’ASN ne s’y est pas trompé en ordonnant au CEA « d’arrêter immédiatement les opérations de démantèlement » et en qualifiant le risque, pour la première fois dans ce domaine, de «grave et imminent ».
  2. Les conséquences sur la sécurité nucléaire sont également inquiétantes. Cette comptabilité défectueuse du CEA sur les quantités de plutonium dans l’Atelier (8 kg, rectifiés en 22 kg, extrapolés en 39 kg) démontre le manque de procédures évaluées par des organismes indépendants comme la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (criirad) et renforce le sentiment d’impunité de cet organisme.
    Cette ignorance comptable démontre aussi combien il est facile de détourner des kilogrammes de plutonium pour alimenter la prolifération nucléaire et le trafic de matières fissiles ultra sensibles.
  3. Cet incident remet en cause la doctrine française du retraitement des combustibles usés issus des réacteurs nucléaires. Quand on est incapable de savoir quelles quantités de plutonium on fabrique par le retraitement, quelles quantités on transporte de La Hague (Manche) à Cadarache ou à Marcoule (Gard), et quelles quantités on stocke sur les étagères de ses Ateliers, il est préférable de renoncer au retraitement !
    Alors oui je me pose une fois plus la question : et si l’argument du recyclage des restes de combustion n’était qu’un argument de communication de cette filière énergétique ?

Car souvenez vous du slogan « énergie nucléaire, une énergie propre recyclable ».
Et pour notre part de cerveau libre, recyclable n’est pas loin de renouvelable.

Après cette petite brain green-washing, il n’y a qu’à espérer que le CEA ne s’est pas encore trompé sur d’autres évaluations de risques. Et qu’il n’y aura pas de catastrophe sociale, humaine, climatique ou géologique au cours des quelques milliers d’années à venir.

Source saintpierre-express.fr

Si vous avez raté le reportage à la télé..

vu sur "les moutons enragés"
Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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