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corée du nord Trois générations de "Kim" se sont succédées au pouvoir : Kim Il-sung, Kim Jong-il et Kim Jong-un. © REUTERS.

Le dictateur nord-coréen Kim Jong-il vient de mourir. Pas de problème : son fils Kim Jong-un a immédiatement été désigné comme chef de la dernière dictature communiste de la planète.

Depuis la fondation de la République populaire de Corée du Nord en 1948, son histoire se confond avec celle d'une famille. Le pays voit se succéder au pouvoir les membres de la lignée Kim, descendants du fondateur du régime, Kim Il-sung.

1. Kim Il-sung, le fondateur de la dynastie

Kim Il-sung réalise ses premiers faits d'armes dans les années 1930, en participant à la guérilla communiste contre les Japonais en Mandchourie. Jusqu'en 1945, il prend en charge l'organisation de l'armée populaire de libération face à l'occupant japonais.

Après guerre, dans le nord de la Corée occupé par les soviétiques, il fonde un parti communiste. À l'issue de la guerre de Corée et de la fondation de la République Populaire de Corée du Nord, il devient Premier ministre du nouvel État.

Bien que Kim Il-sung soit Premier ministre puis président de la République, la véritable source de son pouvoir réside ailleurs : il est secrétaire général du Parti des ouvriers de Corée.

De 1948 à 1994, unique homme fort du pays, il élimine tout adversaire potentiel, organise le culte de sa personnalité et instaure un contrôle absolu de toute la société.

Kim Il-sung meurt en 1994 mais il demeure "président pour l'éternité", selon des termes inscrits dans la constitution. En son honneur, le "calendrier Juche" est instauré en 1997. Il se substitue au système grégorien en faisant de l’année de naissance de Kim Il-sung, 1912, sa première année. Tout le pays continue ainsi à tourner autour du souvenir de son vénéré président disparu.

De surcroit, avant sa disparition, des mythes ont été forgés pour donner une apparence de légitimité à la transmission dynastique du pouvoir. Dans les années 1980 apparaît un mythe sur la naissance de Kim Jong-il : il serait né dans une cabane construite sur le site légendaire de la fondation de la Corée, qui est aussi un haut lieu de la lutte anti-japonaise. Une étoile et un arc-en-ciel auraient salué sa naissance. Ainsi, Kim Jong-il serait le garant de la mémoire révolutionnaire du pays.

Par ailleurs, le confucianisme fait partie des piliers de l’idéologie du régime nord-coréen. Or, la morale confucéenne accorde une place prédominante à la piété filiale et au respect dû aux anciens, fournissant un socle adapté au culte de la personnalité.

2. Kim Jong-il, né sous le signe de l'arc-en-ciel

Artiste dans l'âme, passionné d’opéra et de cinéma, Kim Jong-il commence à jouer un rôle essentiel au sein du régime, dans l’ombre de Kim Il-sung, dans les années 1980.

Arrivé au pouvoir, il place son "règne" dans l'optique d'une fidélité absolue à son père, qui est aussi le "Père de la nation". Il fait ériger d’innombrables statues en son honneur. Kim Il-sung était le "Grand leader", lui sera le "cher dirigeant".

Sous Kim Jong-il se produit toutefois un tournant majeur : l’armée devient le cœur du régime, à la place du parti, sans doute à cause de la crainte de Kim Jong-il de voir son régime subir le même sort que l’URSS dans les années 1980.

Kim Jong-il tente toutefois des ouvertures en direction du Japon et de la Corée du Sud, mais se trouve mis en ban des nations à cause de son programme nucléaire militaire.

3. Kim Jong-un, le petit-fils dont personne ne connaît l'âge

Kim Jong-il ne manque pas d'héritiers potentiels. Il a eu au moins cinq enfants de trois femmes différentes. Kim Jong-nam, son fils aîné, a été conçu avec sa première épouse, une star de cinéma. Sa deuxième épouse lui a donné une fille. Sa troisième conquête, deux fils, Kim Jong-chol et Kim Jong-un, et une fille.

Cette troisième épouse est décédée d’un cancer en 2004, après avoir fait ardemment œuvré pour défendre les intérêts de ses fils dans la succession au "trône" nord-coréen.

Le fêtard Kim Jong-nam s’est retrouvé hors jeu quand il a été pris avec un faux passeport dominicain au Japon, alors qu’il essayait de se rendre à Disneyland, à Tokyo. Pour sa part, Kim Jong-chol a étudié dans une prestigieuse école internationale suisse mais a été mis hors jeu par son père, qui l’aurait considéré comme trop "efféminé" pour lui succéder.

À partir de 2010, c'est donc Kim Jong-un qui a commencé à être mis an avant. Il est apparu en public pour la première fois en septembre 2010 et s'est vu accorder le grade de général quatre étoiles et de membre du comité central du parti, avant d'obtenir en février 2011 un poste à responsabilité dans la commission de la défense nationale.

Malgré tout, le nouvel homme fort de la Corée du Nord reste un quasi-inconnu pour le reste du monde : on ne connaît même pas son âge exact, 28 ou 29 ans.

par

Source: quoi.info

Tag(s) : #ACTUALITES

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