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Roselyne Bachelot proscrit désormais l’usage du terme "Mademoiselle" et Nathalie Kosciusko-Morizet s’apprête à interdire de nouveau le maïs OGM de Monsanto. La droite serait-elle fascinée par le discours du camp adverse ?

 

 

 

Gilles William Goldnadel

Gilles William Goldnadel est un avocat pénaliste aux prises de position contestataires, président fondateur d'Avocats sans frontières. Il fut le défenseur des accusés dans les affaires Sentier I et Sentier II, ainsi que dans l'Angolagate. Il est l'auteur de "Réflexions sur la question blanche" paru chez Jean-Claude Gawsewitch.

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Sarkozy peut-il encore gagner ? Le Monde, qui la semaine dernière annonçait péremptoirement que sa déclaration de candidature n’avait été d’aucun effet, a été contraint d’en rabattre ce samedi, sondages divergents à l’appui. Comme le dit sans rire le « politologue » pas vraiment à droite Roland Cayrol : « Il y a quelque chose qui ne va pas ».

S’il l’emporte, à l’arrachée, ce sera manifestement sur ses qualités de caractère, de lutteur de foire, et de grimpeur d’un mont Ventoux symbolique. Ce Golgotha d’aujourd’hui pourrait faire oublier le gold gotha d’hier, rappelé sans excès de pudeur par la gauche béluga. Insensiblement, sa position de président devenu « outsider » commence à lui rapporter dans une France encore poulidorienne.

 

Il n’est plus très loin de chanter « Je suis le mal aimé » dans un pays nostalgique qui commémorera cette semaine le 30e anniversaire de la mort de son Clo-Clo national.

 

 

Quand Nathalie Kosciusko-Morizet donne raison à José Bové

 

Mais si, malgré tout, il perdait, il aura tout le temps de s’interroger sur cette propension suicidaire qu’auront eue son camp et son chef de demeurer fascinés jusqu’au bout par la phraséologie adverse. Le diable, on le sait, habite dans les détails.

 

Qu’on en juge, cette semaine, à l’aune de deux exemples aussi futiles que révélateurs.

 

La France s’apprête à interdire, de nouveau, et sans base légale, le 810 de Monsanto (1). En dépit de la décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne qui estime que la France a commis une erreur en interdisant le produit, et des études scientifiques qui n’apportent aucune preuve que la culture incriminée « présenterait un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l’environnement » (le Figaro du 21 février). Nathalie Kosciusko-Morizet, dans un dernier acte, que l’on ose appeler de gouvernement, a décidé de satisfaire José Bové et ses amis saccageurs de récolte. Il est douteux que cette posture soumise rapporte la moindre voix.

 

En revanche, comme le dit Marc Fellous, professeur de génétique à l’université Paris-VII et Président de la Commission du génie biomoléculaire « notre pays sacrifie sa recherche sur les biotechnologies ». Sur l’autel du culte de l’esbroufe pseudo écolo.

 

Ne m’appelez plus jamais « Mademoiselle »

 

Encore plus dérisoire, on apprend cette semaine, que sur décision testamentaire de Mme Bachelot, les administrations proscriront désormais l’usage du vocable « Mademoiselle », paraît-il condescendant. Ainsi, il aura suffit de la très légère pression médiatique d’une organisation féministe inconnue, dénuée de toute représentativité –et dans le silence incrédule des autres associations– pour bannir de la langue officielle un mot dont beaucoup de femmes mures regrettent l’appellation gratifiante.

 

Quand la droite comprendra-t-elle qu’elle ne succombe politiquement qu’en succombant intellectuellement ?

 

 

Tag(s) : #Présidentielles 2012

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