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 Tempest

Réunis pour deux semaines à Doha (Qatar), 194 pays vont tenter de jeter les bases d'un nouvel accord mondial.

 

«Nous ne voulons pas que nos enfants vivent dans un pays menacé par le pouvoir destructeur d'une planète qui se réchauffe.» Cette petite phrase de Barack Obama prononcée lors de sa première conférence de presse après sa réélection a mis un peu de baume au cœur des milliers de participants à la 18e conférence sur le climat qui ouvre ses portes lundi pour deux semaines à Doha, au Qatar. «C'est comme la première pluie après une longue sécheresse», commentait un journaliste de Reuters. Cela faisait des mois en effet que le sujet du changement climatique n'avait plus été abordé par le président américain: la terrible sécheresse qui a sévi durant l'été sur une partie des États-Unis et, surtout, l'ouragan Sandy ont contribué à le réinstaller dans l'agenda américain. Ce petit regain d'intérêt sera-t-il suffisant pour redonner du souffle à la négociation internationale ?

 


Etats-Unis: Pic de chaleur mortel avec des températures record


Au niveau mondial, les signaux d'alerte continuent d'arriver de toute part: Europe, Banque mondiale, Programme des Nations unies pour l'environnement, scientifiques… Tous tirent la sonnette d'alarme pour rappeler que si l'on ne réduit pas drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (GES), comme le gaz carbonique (CO2) ou le méthane, la hausse des températures, déjà constatée à l'échelle de la planète, va s'aggraver. Au rythme actuel (voir graphique), il n'y a pratiquement aucune chance de limiter le réchauffement aux alentours de 2 °C comme s'y est engagée la communauté internationale lors du sommet de Copenhague en 2009.

 

 

Chaleur...

 

«Il est nécessaire d'apporter une réponse plus rapide au changement climatique et c'est possible», déclarait il y a quelques jours Christiana Figueres, la responsable des questions climatiques à l'ONU. La réalité semble plus morose.

Le premier dossier à traiter à Doha est la mise en route d'une deuxième période pour le protocole de Kyoto qui s'achève à la fin de cette année. Jusqu'à présent, cet accord est le seul instrument international juridiquement contraignant en matière de réduction d'émissions de GES dans lequel s'étaient engagés l'Union européenne et quelques grands pays industrialisés. Mais pour ce deuxième round, le Japon, le Canada et la Russie ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne résigneraient pas. Seuls l'UE, l'Australie, la Suisse et la Norvège ont pour le moment répondu présent. L'engagement, dès lors, paraît relativement symbolique: ces pays en effet ne représentent qu'environ 15 % des émissions de GES au niveau mondial. Prolonger Kyoto reste néanmoins important pour montrer aux pays émergents et en voie de développement que les pays industrialisés continuent d'assumer la responsabilité historique qui leur incombe dans le trop-plein de CO2 dans l'atmosphère.

La réussite de la conférence de Doha se lira aussi à l'aune des premières avancées faites en direction d'un accord mondial sur le climat dont le principe a également été inscrit l'an dernier dans l'accord de Durban (Afrique du Sud). Un groupe de travail a été mis en place. Il a trois ans (jusqu'en 2015) pour jeter les bases du futur traité censé entrer en vigueur en 2020.

Répartition des efforts

L'idée cette fois-ci est d'impliquer tout le monde y compris les États-Unis (qui n'ont jamais ratifié Kyoto), mais également les grands pays dits émergents que sont la Chine (désormais le plus gros émetteur mondial de GES), l'Inde, le Brésil… Le cadre juridique du traité et la répartition des efforts entre les États seront deux des grandes questions au cœur de la négociation. «Beaucoup de pays en voie de développement voudraient d'ores et déjà obtenir des engagements chiffrés de réduction de GES, mais à Doha ce n'est pas réaliste. Nous allons d'abord continuer de mobiliser», commente un négociateur européen. D'autant que cette négociation intervient dans un contexte économique mondial particulièrement difficile.

«La réduction des émissions offre des opportunités de croissance formidables. La transition vers une économie sobre en carbone a tout pour enclencher une phase de révolution industrielle de créativité et d'innovation qui contribuera fortement au développement des pays pauvres», martèle Nicholas Stern, désormais enseignant à la London School of Economics dans un livre (Deux économistes face aux enjeux climatiques) cosigné avec Roger Guesnerie, qui préside de son côté l'École d'économie de Paris.

source

 


Storm

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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