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© epa.

 

 

LA CONFIANCE DANS L'EURO EST BRISEE (N'ATTENDEZ PAS QUE LE PIRE ARRIVE EN FRANCE)

 


Le Parlement chypriote a dit massivement "non" au plan de sauvetage européen. Les vingt-sept s'étaient accordés à verser 10 milliards d'euros à Chypre. En contre-partie, l'Etat chypriote devait récupérer près de la moitié de cette somme en taxant les dépôts bancaires, une mesure conspuée par les citoyens chypriotes. La Grèce a, de son côté, appelé la zone euro à corriger le tir.

Le Parlement chypriote a rejeté mardi un très impopulaire plan de sauvetage conclu samedi avec l'Eurogroupe et censé éviter une faillite de l'île, par 36 voix contre, 19 abstentions et aucune pour.

"Chypre appartient à son peuple"
"Le projet a été rejeté", a affirmé le président du Parlement Yiannakis Omirou. Le vote contre le plan qui prévoit une taxe exceptionnelle et sans précédent sur les dépôts bancaires a été accueilli par une explosion de joie par des milliers de manifestants réunis devant l'Assemblée. L'annonce du rejet a été accueillie par une énorme explosion de joie devant le Parlement où des milliers de manifestants s'étaient réunis pour dire Non au texte. "Chypre appartient à son peuple", "Un peuple uni ne sera jamais vaincu", scandait la foule. Le projet "a été rejeté", a annoncé le président du Parlement Yiannakis Omirou en le qualifiant de "chantage". Trente-six députés ont voté contre, 19 se sont abstenus -tous du parti Disy du président conservateur Nicos Anastasiades. Le plan n'a obtenu aucun vote positif. "La réponse ne peut être que Non au chantage (...) Cette décision n'est rien qu'une razzia sur les fonds bancaires", a-t-il dit avant le début du vote. "Ce plan doit être renégocié".

"C'est comme faire une chute de 10.000 mètres sans parachute, le seul but de cette décision est de détruire l'économie mais nous disons non", a indiqué le député des Verts George Perdikes. M. Anastasiades, élu il y a à peine un mois, devait s'entretenir dans la soirée au téléphone avec la chancelière Angela Merkel et se réunir avec les chefs de partis mercredi à 08H00 HB. De son côté, le gouvernement grec de coalition a exprimé sa volonté de voir la zone euro "corriger" le plan de soutien à Chypre, rejeté mardi par le parlement chypriote, a déclaré le président du parti socialiste, Evangélos Vénizélos. "Cette approche est celle du gouvernement", a précisé M. Vénizélos, allié gouvernemental du premier ministre conservateur Antonis Samaras. M. Vénizélos sortait d'une réunion avec le Premier ministre et leur allié, Fotis Kouvelis (gauche modérée).

Banques fermées jusqu'à jeudi
Le plan de sauvetage prévoyait, en contrepartie d'un prêt de 10 milliards d'euros de la zone euro et du FMI pour l'île au bord de la faillite, une taxe exceptionnelle de 6,75% sur tous les dépôts bancaires de 20 à 100.000 euros et de 9,9% au-dessus. Ce projet, conclu à Bruxelles samedi à l'aube, comprenait à l'origine une ponction de 6,75% pour les dépôts jusqu'à 100.000 mais devant le tollé général provoqué par ces taxes, Chypre a finalement décidé d'exonérer les dépôts de moins de 20.000 euros. Cette mesure inédite de prélèvement devait rapporter 5,8 milliards d'euros. Sur l'île, les banques, fermées depuis samedi, le resteront jusqu'à jeudi, les autorités redoutant une ruée sur les guichets de clients en colère. La Bourse a annoncé la suspension de ses échanges mardi et mercredi. Le plan a aussi secoué les places financières mondiales.

 

© afp. © afp.

 

Cinquième de la zone euro
La Bourse de Paris a reculé de 1,30% mardi, déstabilisée par la crise chypriote qui a ravivé les tensions dans la zone euro et conduit nombre d'investisseurs à vendre leurs positions, notamment les valeurs bancaires en chute de 4 à 6%. La Russie incontournable Chypre a besoin de 17 milliards d'euros pour faire face à sa dette et a demandé une aide européenne en juin. Elle est le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d'un programme d'aide internationale, avec un montant très inférieur aux centaines de milliards déboursés pour la Grèce et aux dizaines de milliards versés au Portugal, à l'Irlande et pour renflouer le secteur bancaire espagnol. L'annonce du plan de sauvetage a provoqué une onde de choc à l'étranger, surtout en Russie.

Paradis fiscal
La taxe de 9,9% sur les dépôts de plus de 100.000 euros risque en effet de coûter des milliards d'euros aux fortunes russes placées dans l'île. Le ministre russe des Finances Anton Silouanov a regretté une décision prise sans concertation par l'UE et menacé de revenir sur sa proposition d'assouplir les conditions du crédit de 2,5 milliards d'euros accordé à Nicosie en 2011. Chypre ambitionne de devenir une importante plate-forme régionale dans le domaine de l'énergie, après la découverte de colossales ressources en hydrocarbures sous la mer au large de ses côtes méridionales. Pour le député Diko Marios Garoyian, la texte est un "crime avec préméditation" et une "forme d'esclavage économique" pour forcer Chypre à rompre ses liens avec Moscou et Pékin et permettre à d'autres de mettre la main sur les réserves énergiques.

En raison d'une fiscalité avantageuse, Chypre a été pendant longtemps considérée comme un paradis fiscal, mais les autorités se défendent de l'image de lessiveuse d'argent sale qui continue de coller à l'île. Quant au Royaume-Uni, il a déjà envoyé un avion militaire à Chypre avec un million d'euros en liquide pour venir en aide à ses soldats stationnés sur l'île.

source

 

© reuters.

 

 

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Tag(s) : #Crise de l'Euro

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