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Manifestation étudiante à Barcelone le 29 février 2012 LLUIS GENE AFP.COM

 

BARCELONE (Espagne) - "Moins de coupes, plus d'éducation !" : à Madrid comme dans toute l'Espagne, lycéens et étudiants ont organisé des marches mercredi, qui ont été émaillées d'incidents à Barcelone, contre les coupes budgétaires dans l'éducation et les violences policières. A Barcelone, entre 25.000 manifestants, selon la police, et 70.000 selon les organisateurs, se sont mobilisés pour dénoncer "l'escroquerie sociale" des coupes budgétaires. "Nous ne paierons pas pour leur escroquerie. Sauvons l'université publique", proclamait la banderole en tête de cortège. Arrivés à la hauteur de la Bourse, certains manifestants ont commencé à siffler, puis à lancer des objets sur la façade du bâtiment, selon la police qui a chargé à coups de matraques pour les disperser et a interpellé plusieurs personnes. Des vitrines d'une banque ont été brisées par des manifestants dont certains étaient encagoulés ou dissimulaient leurs visages sous des écharpes. Des poubelles, des scooters de la police et du mobilier urbain ont été incendiés. Par précaution, l'entrée principale du Congrès mondial de la téléphonie mobile à Barcelone a été bloquée par la police. Les étudiants manifestaient aussi contre les violences policières qui avaient eu lieu pendant de précédentes manifestations à Valence le 20 février. Un rassemblement de lycéens avait dégénéré dans cette ville de l'est de l'Espagne et les scènes montrant des policiers casqués, frappant à coups de matraque de jeunes manifestants, certains le visage en sang, avaient suscité l'indignation dans tout le pays. Pour redresser les comptes de la région de Valence, la plus endettée du pays, le gouvernement régional a annoncé le 5 janvier des augmentations d'impôts et des coupes dans les entreprises publiques, les dépenses sanitaires et le secteur de l'éducation, pour 1,1 milliard d'euros. "Ils coupent dans l'école publique. Ils ne nous donnent pas de travail et quand nous protestons démocratiquement, ils nous frappent en totale impunité", a dénoncé le secrétaire général du syndicat national des étudiants, Tohil Delgado, précisant que dans la région de Valence, "plus de 65 établissements scolaires ont été touchés par des coupures de chauffage et d'électricité". "Nous n'avons pas créé cette crise, mais nous la payons dans tous les sens du mot", a-t-il lancé. Des marches étaient prévues dans environ 40 villes du pays, notamment à Valence où les manifestants étaient plusieurs dizaines de milliers pour dénoncer la cure d'austérité imposée par le gouvernement de droite en vue de juguler un déficit public qui a atteint 8,51% du PIB en 2011, bien au-delà des 6% prévus. Les étudiants fustigent également la réforme du travail annoncée pour tenter de relancer l'emploi dans un pays qui souffre d'un chômage record de 22,85%. Mercredi, les syndicats espagnols avaient eux aussi appelé à la mobilisation dans une soixantaine de villes, dans le cadre d'une journée européenne contre l'austérité. A Madrid, un millier de manifestants se sont rassemblés dans la soirée sur la place de la Puerta del Sol, autour d'une grande banderole avec les mots "A bas la réforme du marché du travail. Grève générale", à l'appel des deux grands syndicats du pays, UGT et CCOO. Plus tôt, des centaines d'étudiants avaient manifesté derrière une grande banderole barrée d'un message ironique : "Bienvenue dans le marché du travail. Le travail nous rend libres", faisant allusion à un taux de chômage qui touche près d'un jeune actif sur deux. "Toutes les coupes et les réformes du travail rendent difficile l'entrée des jeunes dans la vie active. L'avenir, je le vois en noir après mes études", s'indignait Diego Parejo, un étudiant de 21 ans. Pour lui, "le travail précaire va être la norme pour des milliers de jeunes. Comment je vais louer un appartement à Madrid avec 400 euros par mois ?", s'interrogeait-il. © 2012 AFP

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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